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Dave Kissoondoyal du MMM : «Il y a de l’amertume mais…»

Il est au MMM depuis 2000.

Il y a la logique des chiffres et celle du MMM. Malgré son excellent résultat lors des élections du bureau politique mauve, ce fidèle de Paul Bérenger n’a pas eu le poste qu’il mériterait, estiment certains militants. 

Neuf voix de moins. Et une vague à laquelle il ne s’attendait pas. Dave Kissoondoyal a créé la surprise lors de l’élection du bureau politique (BP) du MMM, il y a deux semaines : Paul Bérenger est sorti en tête de liste avec 69 voix. Lui est arrivé en seconde position avec 60 voix.

 

Pourtant, l’homme n’obtient que le poste d’assistant trésorier malgré le plébiscite des membres du comité central nouvellement élu. «Moi, je le voyais, au moins, leader adjoint, au mieux, secrétaire général», estime une des personnes ayant voté. De quoi étonner ses suiveurs et de nombreux militants. Néanmoins, face à un BP dont la composition l’a laissé perplexe et une crise dont les répliques ne cessent de secouer l’édifice du parti, Paul Bérenger n’a pas pris en considération les attentes de celui qu’il désignait comme le plus fidèle des militants.

 

Dans un premier temps, c’est sur Facebook que Dave Kissoondoyal a dit sa tristesse. Ensuite, il a décliné les interviews, a pris la décision de ne pas réagir à chaud. Car en quelques minutes de conversation avec lui, on comprend une chose : Dave Kissoondoyal ne dit rien sans y avoir réfléchi. Ce n’est pas tout à fait de la langue de bois mais plutôt une parole maîtrisée. Si les courants contraires ne cessent de gagner le rivage du MMM (voir hors-texte), lui ne bouge pas…

 

Mais accepte de dire quelques mots pour Danielle Selvon qui aurait exprimé son étonnement au sein d’une réunion du BP sur son poste dans l’équipe dirigeante : «Je n’ai pas le droit de m’exprimer sur ce qui se passe au BP mais j’ai beaucoup d’appréciation pour Danielle. Elle n’a pas peur de dire certaines choses.» Que lui ne dirait pas. D’ailleurs, il trouve difficile de se l’avouer mais finira par parler de sa déception : «Oui, il y a de l’amertume. J’ai de la peine. Mais ça forme partie de la vie et il faut l’accepter. Mais je mets ça de côté. Je le fais parce que je sais quel est mon objectif. Il s’agit de travailler pour le pays, pour le parti. Je me concentre sur ces goals.» Religieux, spirituel même, Dave Kissoondoyal préfère s’élever et puiser sa force en lui et en sa famille (il a cinq enfants : voir hors-texte). Que pourrait-il faire de plus, demande-t-il, défaitiste : «Ou panse mwena lot swa ?»

 

«Je me concentre sur mon objectif»

 

Il entend les commentaires de certains militants. Les «me se enn boufon sa», ou encore «li pa kapav fer plis ki asistan tresorie, ki li pe rode» (propos de militants interrogés). Mais a décidé de ne pas répliquer : «Ena dimounn pe vini, pe bat kout pwaniar, kout kouto ; ce n’est pas important. Je me concentre sur mon objectif. Il y a des hauts et des bas mais je continue ma lutte. Et je compte travailler avec cette nouvelle équipe.» Et il répète comme un mantra, comme pour rappeler à ceux qui le montrent du doigt, qui estiment, peut-être, que ces voix obtenues à l’élection du BP ne sont que le résultat d’une campagne pas nette : «J’ai toujours été fidèle, j’ai toujours été sincère. Personn pa pou kapav met okenn tas lor mwa.»

 

Il y a 18 ans, pour la campagne législative de 2000, Dave Kissoondoyal rejoint le MMM. Il rentrait de l’Angleterre où il a travaillé un temps. Avant ça, il a fait beaucoup de social et même un peu de politique. Ce voyage lui a permis de prendre ses distances avec le MR de Rama Valayden, dont il est un des membres fondateurs : «Il était question de dépénalisation du gandia et de la sodomie ; ce n’était pas la politique que je voulais faire !» Il redécouvre Paul Bérenger, la couleur mauve et son message. Il s’investit à fond, organise une fête à ses frais pour les 38 ans du MMM (avec les Bhojpuri Boys et Michel Legris, se rappelle-t-il, avec fierté).

 

S’active dans les régionales et au niveau national et s’offre sa première entrée au BP en 2009, est nommé secrétaire général de social media and communications. Fait face à la déferlante bleu-blanc-rouge lors de l’élection de 2010 et n’a pas de ticket en 2014 et manz so kou : «Dousma, dousma, monn fer mo sime. Monn ne MMM, mo pou mor MMM.»

 

D’ailleurs, nous raconte-t-il avec le sourire : «Ma maison est peinte en mauve.» Elle se trouve à Union-Park.  Pour l’instant, le MMM, répond encore à ses aspirations, malgré tout : «Le jour où ce ne sera plus le cas, je me retirerai en silence et je retournerai vers le social.» En attendant ce moment – s’il arrive un jour –, il refuse de penser à ces 60 voix en sa faveur qui auraient dû faire de lui un des dirigeants les plus en vue du MMM…

 


 

Qui est-il ?

 

Son enfance. Il est l’aîné d’une fratrie de cinq enfants et a grandi à Mare-d’Albert. Sa maman s’occupe des vaches et son père est attendant dans l’aviation civile. Il n’y a pas beaucoup d’argent. Mais la famille tras-trase et les cinq enfants obtiennent leur HSC. Dave Kissoondoyal se rappelle des réveils à 5 heures du matin pour aller chercher du fourrage pour les vaches. Pendant les vacances ; c’est dans les champs de cannes qu’il travaille pour pouvoir payer son uniforme et ses livres. En 1984, son père décède mais il réussit, malgré le choc, les examens du HSC auxquels il prend part la même année.

 

Son premier job. Il veut aller à l’université ; mais ce n’est pas possible. Il faut bosser. Il postule, ne trouve pas d’emploi, écrit même au Premier ministre, pour lui signifier son désespoir. Et finit par trouver de l’emploi à Gaytree Textiles Industries pour Rs 1 200 par mois. Aujourd’hui, après quelques années de galère, un Masters in Business Administration et un Post Graduate Diploma in Business Management, il est CEO de KMP Global Ltd.

 

Sa famille. En 1990, il épouse Rameshwaree Ramlugon. Deux ans plus tard, elle décède alors qu’elle donne naissance à leur deuxième fille. Pendant quatre ans, il assure, raconte-t-il, le rôle de père et de mère. En 1997, il épousera Devika Khulputeea avec qui il aura trois enfants.

 


 

Danielle Selvon : Mauve… pâle

 

Son cœur ne battrait plus si fort pour le MMM. Danielle Selvon n’était pas présente à la réunion du CC du MMM qui s’est tenue hier samedi 14 juillet. Un exercice de damage control pour retenir la députée aurait lieu. Même si Paul Bérenger aurait confié que, pour l’instant, il ne souhaite pas brusquer la nouvelle Mauve, parce que son époux est souffrant. La principale concernée, elle, joue la carte du silence. Au centre de sa colère, la réunion du BP du lundi 9 juillet où on lui a demandé de s’expliquer sur son post Facebook. Elle y avait écrit : «Qu’est-ce qui se passe au MMM ? À en rire ou à en pleurer…», faisant référence à la non élection de Madan Dulloo au BP alors qu’il était le candidat premier ministrable de Paul Bérenger. Face à son refus de s’expliquer, elle aurait provoqué la colère de ses kamarad. à l’express, elle dira en début de semaine : «C’est ma liberté de penser et je ne compte pas me taire», se disant déçue que le renouveau promis par le parti ne s’est pas opéré. Et rappelant que c’est son intervention qui a permis à Dave Kissoondoyal d’obtenir le poste d’assistant trésorier (sinon, il aurait été complètement oublié !). Certains membres du MMM rappellent, néanmoins, que c’est, peut-être, le fait qu’elle n’obtienne pas de poste à responsabilité – c’est la seule députée dans ce cas – qui l’aurait froissée.

 

Le départ du Dr Pavaday des instances du MMM… fait craindre d’autres. Danielle Selvon serait-elle la prochaine ? Affaire à suivre.

 

La question de Madan Dulloo. Il était présent lors de cette réunion du CC. Et les rumeurs parlent d’une éventuelle décision de Paul Bérenger de le coopter.

 


 

Curepipe-Midlands : un duel au sommet

 

What happened ? Des branches de cette circonscription ont décidé de ne pas voter lors du scrutin de l’Assemblée des délégués visant à élire une partie du CC du MMM (au niveau national). Néanmoins, lors de l’élection régionale, deux représentants du n° 17 ont été choisis. Leur élection n’a pas été reconnue par Paul Bérenger.

 

La riposte de Paul Bérenger. Il a organisé, cette semaine, une réunion de relance de la régionale. Ou, du moins, une autre régionale. C’est celle-là qui sera reconnue, a annoncé Paul Bérenger lors de la rencontre du CC, hier.  

 

 


 

Trois questions à… Steven Obeegadoo

 

Avec sa Plateforme pour un nouveau MMM, il anime avec ses camarades – les nouveaux parias du parti – des points de presse. Il parle d’une situation qu’il qualifie d’étrange…

 

Que se passe-t-il au n° 17 ?

 

Après l’élection du BP, Paul Bérenger a décidé de ne pas sanctionner directement ceux qui font partie de la Plateforme pour un nouveau MMM. Il a choisi de nous écarter comme si nous étions déjà partis, en utilisant la formule : ils se sont exclus d’eux-mêmes. Et ça s’est étendu à la régionale de Curepipe-Midlands. Les représentants au CC avaient d’ailleurs été interdits d’accès au vote pour la constitution du BP. C’est aberrant !

 

Pourquoi ?

 

Un citoyen décide de ne pas voter, sera-t-il sanctionné ? Ce n’est pas un délit.

 

Que s’est-il passé cette semaine ?

 

Toutes les réunions du comité régional sont ignorées par la direction du MMM. Pourtant, nous avons organisé deux réunions. Néanmoins, cette semaine, Paul Bérenger a convoqué une réunion sans les responsables de la régionale. Fait exceptionnel : pratiquement tout l’état-major du parti était là. On sort l’artillerie lourde : mais à quel escient ? L’idée est de reconstruire un MMM officiel à Curepipe. Pourtant, le comité régional existe, il est toujours là et a fait vivre le MMM dans la région toutes ces années. Pourtant, ses membres ne sont plus reconnus, personne ne les informe. C’est vraiment triste !