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Pour un mois sans : Le plastique, c’est pas chic

Les nettoyages permettent de voir l’omniprésence du plastique. (photo de Project Rescue Ocean)

Dans les prochains jours, fuyez cette matière comme la peste. Ou comme un ex trop encombrant. En tout cas, vous avez compris le message…

Ça va vous couper l’appétit. Alors, ça vous dit un bon viey rouz saveur plastique ? Pour les moules, même accompagnement. En supplément, des toxines qui ne vont pas plaire à votre organisme. De quoi faire frétiller (de malheur) vos papilles et votre santé. Selon le rapport de la fondation Ellen MacArthur (ambassadrice de l’économie circulaire), d’ici 2050, les océans contiendront plus de plastique que de poissons. Si rien n’est fait, bien sûr. Alors, voici une invitation que vous font les amoureux de l’environnement : participez au Plastic Free July, un mois, comme son nom l’indique, sans utilisation du plastique. Cette initiative est celle de l’association australienne du même nom. Elle existe depuis 2011.

 

Il ne s’agit pas uniquement de recycler le plastique que vous utilisez. Mais de réduire – voire de bannir – ce matériel considéré comme problématique car il est tellement présent dans nos vies et qu’il n’est pas biodégradable. Vous avez besoin de plus d’arguments pour tenter l’aventure ? Depuis 1950, nous avons produit 8,3 milliards de tonnes de plastique, la majorité est difficilement biodégradable. Un minuscule pourcentage a pu être recyclé ou incinéré, le reste continue sa vie dans les décharges et fait partie de nos paysages. Vous voulez des tips pour faire au mieux : retrouvez les conseils de nos interlocuteurs ci-contre.

 

Cédric Jules, le mec derrière Project Rescue Mauritius (qui organise le nettoyage des plages de façon bénévole) appelle à ne pas bouz fix : «Nous sommes en train de gâcher l’environnement de nos enfants. Si nous continuons dans ce sens-là, la prochaine génération ne pourra profiter de ce que nous, nous avons.» À chacune de ses sorties netwayaz, il tombe sur du plastique dans tous ses états. Il y en a partout. Tellement qu’on ne voit presque plus ces particules de rien.

 

Hans Ungapen, qui œuvre au sein d’une plateforme éco-consciente – Small Island Developing States (SIDS) Youth AIMS Hub (SYAH) de Maurice) –, partage la même expérience. SYAH lance d’ailleurs une initiative bien sympathique pour vous aider à vivre ce mois de juillet sans plastique : un challenge qui a de quoi vous motiver (pour en savoir plus, faites un tour en hors-texte). Et Hans raconte que, lors d’une initiative de nettoyage sur la plage de Flic-en-Flac, il a vu du plastique sous toutes ses formes : «C’est effarant et plus qu’alarmant la quantité de plastique que l’on trouve. Sur la plage, il faut s’approcher, c’est là qu’on voit des petits bouts de plastique, c’est minuscule. Ça ne veut pas dire que ça se dégrade, non. Ça veut simplement dire que la matière est en plusieurs petits morceaux et s’insinue partout.»

 

Il s’intéresse tout particulièrement au plastique et aux health issues (rappelez-vous de la viey rouz saveur plastique) : «Le plastique tombe dans les drains, va dans la mer, est consommé par les poissons qui sont affectés par cette matière. Ça rentre dans leur intestin, ça les rend malades… Et quand nous les consommons, ça nous affecte.» Ça doit vous rappeler les images d’une campagne choc, très visible sur les réseaux sociaux ces derniers temps : des assiettes pleines de plastique à consommer. Ce n’est pas miam !

 

Un lien

 

Hans Ungapen raconte l’histoire de cette baleine, lourde de kilos de plastique, qui est morte. De cette faune et cette flore qui subissent l’empire du plastique. De ces maladies qui touchent les hommes. De ces drames qui se jouent autour : «Nous mangeons ce poisson et le plastique qui est présent dans son organisme relâche des substances chimiques qui nous affectent. C’est une vraie issue. On parle de risque de cancers… C’est très grave.»

 

L’humain est intimement lié à la nature. Alors Cédric Jules estime qu’il est temps de se rappeler de ce fil tenu, essentiel : «Nous devons être des ambassadeurs de l’environnement. Un monde sans plastique, c’est primordial. Pourtant, notre environnement en est submergé. Et tout vient par nos achats.» Il cite un amuseur-sage pour donner du poids à ses mots : «Comme Coluche le dit : “Quand on pense qu’il suffirait que les gens n’achètent plus pour que ça ne se vende pas !”. Alors, faisons-le, arrêtons l’utilisation du plastique. C’est aussi simple que ça.»

 

La vision est quelque peu romantique. Avec le règne du plastique, il est difficile de s’en passer. Mais le message est puissant : c’est à nous de dire «stop» au plastique. Et cette campagne d’un mois n’est qu’une opportunité de changer nos habitudes et établit les prémices d’une autre façon de vivre. Et il y a des actions simples. Des initiatives sympathiques. Comme celle d’Ornella Calisse-Mourade et des siens qui, avec The Strawz, permet une alternative plus durable à l’utilisation de la paille. Bannir la pipet est dans l’air du temps. Surtout pour ceux qui ont à cœur l’environnement. Comme sa petite tribu : «Nous avons toujours essayé de faire au mieux. Alors, on voulait trouver une solution à la paille. Ce n’est pas possible d’accepter d’utiliser quelque chose qui se retrouve à la poubelle en si peu de temps» (en savoir plus sur l’initiative en hors-texte). C’est presque contre-nature. Alors, elle propose des pailles en bambou. Et ça, ça va vous donner des envies de tourner le dos au plastique…

 


 

Ils nous conseillent

 

Les «must-dos» d’Ornella Calisse-Mourade

 

(1) On oublie les sacs en plastique, on opte pour les sacs réutilisables. N’oubliez pas votre tant bazar.

 

(2) On refuse la paille au restaurant ; on le précise bien.

 

(3) On apporte ses bols pour les take-away et on refuse les fourchettes et cuillères en plastique.

 

(4) On oublie l’eau en bouteille plastique ; ça ne coûte rien de faire bouillir son eau comme lepok lontan !

 

(5) On essaie de faire le tri ; c’est déjà un bon geste.

 

Hans Ungapen propose…

 

… d’éviter de prendre des boissons en take-away ! Un café à emporter, c’est trop stylé mais ce serait encore mieux si vous apportiez votre propre travel mug. Il y en a de trop sympa !

 

Cédric Jules partage

 

«Utiliser des choses qui génèrent le moins de déchets possible», confie-t-il. Gobelets en plastique jetables : deooor ! On opte pour des choses réutilisables.

 

Le truc sympa : c’est tout bête mais pour les produits d’entretien ou de beauté, les versions refill sont disponibles ; ça fait quand même moins de déchets que si on achète un logement à chaque fois ! Même esprit pour les produits comme les lentilles, les haricots, etc., vendus dans des «sacs en plastique» : dans certaines laboutik, on peut les acheter en gros… sans logement.

 

Pour aller plus loin : http://www.plasticfreejuly.org/getting-started.html.

 


 

La campagne de SYAH : faites le plein d’informations 

 

Il suffit de like pour y trouver des informations plus qu’utiles ! Pendant tout le mois de juillet, SIDS (Small Island Developing States) Youth AIMS Hub (SYAH) de Maurice, qui a à cœur l’environnement et sa protection, s’engage dans ce Plastic Free July. On vous y encourage à poster vos instants sans plastique avec les hashtags suivants : #July #notoplastic #beplasticfree. Et en taguant SYAH : @syahmauritius.

 

Cette semaine deux challenges pour vous : abandonner les bouteilles et les sacs en plastique. Ready ?

 

Où ça se passe : SYAH-Mauritius, sur Facebook (https://www.facebook.com/pg/syahmauritius/).

 


 

The Strawz : tu tapes sur le bambou…

 

 

… et c’est numéro paille. Ornella Calisse-Mourade apporte un verre d’eau. L’instant est solennel ; le test de la fameuse pipet en bambou a lieu. On aspire et – tadam ! – ça fonctionne. C’est la belle découverte du moment. La jeune femme de

 

24 ans (aidée par les membres de sa famille dans ce projet) présente cet objet qui devrait changer nos habitudes. Et qui fait du bien à l’environnement. Comme elle aime le faire : «Avec ma famille, nous essayons toujours de prendre soin de la nature, de trouver des solutions plus soutenables dans notre quotidien…» Dans sa vie, il est question de recycle et d’upcycle. De consommation responsable. D’ailleurs, celle qui anime des ateliers créatifs pour les enfants (Just Crafting sur Facebook) n’oublie jamais de réutiliser ces choses qui devraient finir dans les poubelles : «On garde tout : les bouteilles, les rouleaux de papier...»

 

Alors, l’idée de trouver des pailles qui ne finissent pas dans les poubelles était une suite naturelle d’un mode de vie, d’un état d’esprit : «On a acheté celles en blé sur Internet. Nous avons trouvé que c’était une solution chère et assez fragile.» Les pipet sont considérées comme le fléau de l’océan à cause de leur taille – elles sont facilement ingérables par les animaux – et de leur utilisation complètement «inutile». Il fallait donc trouver une solution locale et solide. Quelque chose qu’on pouvait réutiliser encore et encore. Des recherches sur Internet, un grain de folie et une bonne dose de patience plus tard, la solution est trouvée : des pailles en bambou !

 

Mais il faut trouver la bonne technique pour qu’elles soient faciles à utiliser. Là, c’est du trial and error. Et chaque membre de la famille s’y met ! On coupe, on creuse, on polit, on fait bouillir (pour assainir) : «Ça prend un temps fou, surtout qu’il faut attendre au moins un mois pour que le bambou sèche. On n’a pas d’atelier, on fait ça juste partout.» Pour l’instant, la famille se fournit dans la plantation d’un ami.

 

Le partage de cette création sur Facebook (cliquez sur la page The Strawz) provoque une vague d’intérêt à laquelle Ornella ne s’attend pas. Les commandes affluent. Le bistrot Miss Daisy, en commande quelques-unes. Pour le déjeuner des Zoli Bloguettes (plateforme de blogeuses locales chapeautée par Lovely Brunette), The Strawz a fourni des wheat straws. Le changement est en marche. Dans le futur, la jeune femme imagine des couverts qui disent non au plastique. Bols et gobelets qui font un pied de nez à cette matière. Et Ornella adore ça !

 

Prix : pour Rs 70, vous obtiendrez cinq pailles, présentées dans une pochette cousue par la maman d’Ornella !