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Réception polémique de la délégation saoudienne : elles font le banquet… de réactions

Le député MSM est pris dans le feu des critiques.

Le hors-d’œuvre est passé de travers. Depuis quelques jours, le dal du député de la circonscription n° 15 (La Caverne-Phoenix), et président du MSM, pa pe tro kwi. En cause : la réception qu’il a organisée en l’honneur du prince saoudien Abdulaziz Bin Saud Bin Nayef Bin Abdulaziz Al Saud et de la délégation d’Arabie saoudite, le 2 juillet, à Balaclava. Un banquet où la gent féminine était exclue. De quoi provoquer un déferlement de réactions et de commentaires négatifs. Showkutally Soodhun, lui, a décidé de se la jouer dilo lor bred sonz, refusant de répondre aux questions des journalistes et lançant un : «Al dimann bondie lao.» Néanmoins, l’homme qui provoque les polémiques comme personne perdrait du soutien, du moins officiel, de ses best friends du gouvernement. Et agacerait plus qu’autre chose.

 

Du côté de la communication du Premier ministre Pravind Jugnauth, qui était présent à ce dîner, on a assuré ne pas avoir été courant des mesures prises concernant la présence des femmes pour la réception. La patate chaude, personne n’en veut ! Même discours aux Foreign Affairs ; on y précise qu’il s’agissait d’un dîner privé et qu’aucune mesure du même genre – justement !–  n’a été prise pour l’accueil de la délégation à l’aéroport ; les lois du pays étant au-dessus des demandes spécifiques s’il y en a. Et c’est bien ce que se dit Magali Deliot, citoyenne engagée et outrée par ce dîner sans femmes organisé à l’initiative de Showkutally Soodhun, président de la Saudi Arabia Friendship Association of Mauritius : «Les femmes sont libres à Maurice. Il ne faudrait pas nous faire faire un pas en arrière. Et c’est le message que l’on envoie ici. On impose aux femmes de rester chez elles : c’est aberrant ! On nous dit : vous êtes inférieures ! Et ce n’est pas acceptable.»

 

Les ministres de la majorité gouvernementale, Fazila Jeewa-Daureeawoo (vice-Premier ministre) et Roubina Jadoo-Jaunbocus (ministre de l’Égalité des genres), n’ont d’ailleurs pas été conviées à cette réception (c’est ce qu’a confirmé la première). Leurs prises de position ont été réclamées par de nombreuses citoyennes cette semaine, sans succès. La ministre Jadoo-Jaunbocus a déclaré à l’express : «Je ne veux pas faire de déclaration. Je pense qu’on comprend pourquoi c’est délicat, non ? Je ne veux pas en parler.» Pour Magali Deliot, tout cela projette une image assez négative concernant la vision de l’égalité des genres et du respect des femmes par ce gouvernement : «Mais ce n’est qu’une impression, parce que ce serait généralisé sinon. Tous les hommes du gouvernement ne sont pas ainsi. Mais la décision de l’un peut jeter un voile négatif sur les autres. Je peux assurer que de nombreux hommes de l’équipe dirigeante du pays sont très respectueux envers les femmes.» Mais tant que le gouvernement cautionnera les agissements de ce genre, le doute sera permis !

 

Elle n’était pas seule à pointer du doigt l’organisation de ce dîner qui fait fi des lois du pays. Tania Diolle, membre du MP, a passé à la casserole le manque de réaction des femmes du gouvernement : «J’aurais espéré que n’importe quelle ministre ou speaker qui croit en la gender equality ou qui s’est battue pour une meilleure représentativité des genres, et qui est au gouvernement actuellement, comme une représentante des femmes, donnerait sa démission et dirait “merci mais ce n’est pas à quoi nous nous attendions”.» Carina Gounden, militante pour la libération des plages, a également ajouté son grain de sel : «Combien de temps le gouvernement laissera-t-il un homme faire sa kantite vilin-la ? Quelle est la raison pour laquelle on le tolère encore ?» interroge-t-elle. Showkutally Soodhun a-t-il un super pouvoir ?

 

Les femmes (mais pas que) de Rezistans ek Alternativ ont largement partagé un message commun sur les réseaux sociaux : «Peut-on tout vendre pour de l’argent ? Même la dignité et les droits des femmes mauriciennes ?» Et se demandent si c’est désormais le nouveau visage de l’île Maurice : un pays qui exclut ses femmes de fonctions décisionnaires au nom de l’argent ? Et au sein du PTr, l’aile féminine a organisé un point de presse hier, samedi 7 juillet, pour s’exprimer sur la question. «Nous sommes vraiment choquées et nous condamnons ce qui s’est produit (…) On n’a pas le droit de faire des discriminations. La Constitution est claire là-dessus. C’est une insulte à notre Constitution. Soodhun a encore récidivé», a déclaré Stéphanie Anquetil.

 

Les femmes rouges ont fait part de leur souhait d’adresser une lettre à la Convention of Elimination of All forms of Discrimination Against Women (CEDAW), une instance internationale. De quoi ne pas faciliter la digestion de Showkutally Soodhun…