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Élection du bureau politique du MMM : Des nouvelles têtes, un leader surpris et un rien de malaise

Yannick Catherine, Hurmila Routho et Govinden Vencatasamy sont peu loquaces.

L’exercice démocratique des Mauves a déstabilisé Paul Bérenger et fait planer une ambiance étrange. Mais l’élection du Bureau politique a aussi permis de voir émerger des visages moins connus…

«C’est ça la beauté du MMM.» Khemraj Ortoo, plus connu comme Garçon, collier en or au cou et chemise légèrement ouverte, fait son entrée dans le bureau politique (BP)  des Mauves dans une ambiance bien particulière. Et, commente la surprise de son leader, Paul Bérenger, concernant les résultats du scrutin. «Ce résultat démontre le respect de nos valeurs démocratiques», explique celui qui a rejoint le MMM en 1985 par adhésion aux principes du parti. Hier, samedi 30 juin, les membres du comité central (CC), élus le dimanche 24 juin, ont voté pour  choisir les membres du BP. Les résultats ont poussé Paul Bérenger à utiliser à plusieurs reprises le terme «surprenant» pour qualifier l’issue de ces élections, qui l’auraient mis dans tous ses états (voir hors-texte). En coulisses, on dénonce même une «campagne communale».

 

Comme Khemraj Ortoo, neuf nouvelles têtes font partie de l’équipe dirigeante du parti. Une consécration. Pas pour lui : «Ki mo lor koltar, ki mo dan BP, mo pou travay mem.» Même discours pour Yannick Catherine, que l’on retrouve sur le parking du Hennessy Park Hotel où s’est tenu le scrutin. Lui qui a fait ses débuts au sein du parti en tant que «simple activiste» confie : «Si nous travaillons ensemble, nous pourrons faire avancer le pays, c’est ça le plus important.» Des confidences après cet exercice, qui ne s’est pas forcément passé dans la sérénité, ce n’est pas facile d’en trouver. Un sentiment de joie, non plus. Pas d’explosion de bonheur à l’horizon. Les visages sont fermés. Et les koz-koze se multiplient à l’extérieur de la salle de conférence. Hurmila Routha nous dira «qu’être au MMM est déjà une grande chose». Et Govinden Vencatasamy confiera qu’il est là «pour l’avancement du parti», avant de mettre un terme à la conversation.

 

Plus loquace, Cherylle Rayapen nous parle de ses vingt dernières années au sein du MMM ; de ses responsabilités au niveau régional, au no 19 et au niveau national dans l’aile féminine et dans l’aile jeune, ainsi que de son expérience du terrain lors de différents exercices législatifs. Son élection au sein du BP marque une étape importante de son engagement : «Je suis une militante avant tout. C’est une instance importante où il faudra prendre de nombreuses décisions.» Elle a noté la surprise de Paul Bérenger concernant le résultat de ce vote – «il ne s’y attendait pas» – et souhaite, désormais, que le parti se tourne vers l’avenir : «Nous sommes à une année des législatives, il y a beaucoup de travail qui nous attend.» Pour elle, la beauté du MMM réside dans sa capacité à avancer pour le parti et pour le pays…

 


 

Curepipe-Midlands : des sanctions à prévoir

 

Ce n’est pas son problème le plus urgent, dit-il. Néanmoins, Paul Bérenger a commenté le «problème du n°17» : «Ils boycottent l’Assemblée des délégués, mais font leur Assemblée régionale, même si nous leur avions demandé clairement de ne pas le faire. C’est enfantin. Nous verrons en temps et lieu.» Lors de l’élection du CC, la semaine dernière, les branches de la régionale de Curepipe-Midlands n’avaient pas, toutes, participé au vote. Ce que Paul Bérenger avait qualifié, alors, de «vilain jeu». Du coup, la menace de sanctions pèse sur cette régionale du MMM.

 

Cette semaine, au niveau régional, l’élection de Dominique Soopramanien et de Selvie Ramen, deux proches de Steven Obeegadoo, pourrait ne pas être considérée… Les relations entre Paul Bérenger et l’ancien ministre de l’Éducation seraient au cœur de ces récents événements. Dominique Soopramanien et Selvie Ramen étaient en dehors du Hennessy Park Hotel, hier, pour assister à l’exercice de vote. Néanmoins, ils n’ont pu avoir accès à la salle où se déroulait le scrutin. Ils dénoncent le manque de communication : «Nous ne savions pas que nous serions refoulés», explique Selvie Ramen. Le choix de la régionale de Curepipe-Midlands de ne pas participer au vote du dimanche 24 juin était réfléchi, confie Dominique Soopramanien : «Ce ne sont pas des free and fair elections. Il y avait des choses à faire, en amont, avant de se lancer dans ce scrutin. Les instances régionales ne représentent pas la réalité actuellement. Il fallait les revoir. On se demande où est passée la démocratie au sein du MMM ? On nous prive de notre droit de vote.»

 


 

Paul Bérenger : «Ce sont des résultats surprenants»

 

Il l’annonce : il faudra patienter jusqu’à demain, lundi 2 juillet, afin de connaître à qui seront attribuées les responsabilités du BP. Les résultats, dit-il, sont «surprenants» : «Il y a des gens bien amerde parmi nous, bien déçus. We must sleep over it.» Que veut-il dire par cela ? Il ne voudra pas le préciser, malgré nos questions : «Quand il y a une surprise, c’est surprenant», ajoutera-t-il, esquivant toute demande de précision.

 

Les visages fermés à la sortie des membres du CC, après un recounting du vote fait à bulletin secret (à cause de plusieurs ex aequo), laissaient présager que quelque chose n’avait pas tourné comme prévu. «Paul Bérenger est très en colère. Il y a eu une campagne communale», nous dira un des participants à cet exercice de vote. Le leader du MMM ne démentira pas : «Nous avons eu une brève mari so, et c’est le cas de le dire.»  Il a fait part également de sa déception, lors du point de presse qui s’est tenu à la fin de cette journée marathon : «J’avais déjà une idée précise de la composition du BP et à qui reviendraient les postes de responsabilité, mais il faut, désormais, tout revoir (…) Ce ne sera pas facile à gérer, mais il faudra bien gérer.» Parmi les «surprises», il concède qu’il y a la non-élection de Madan Dulloo. Néanmoins, Paul Bérenger estime qu’il prendra le temps qu’il faudra pour finaliser la liste des responsabilités.

 


 

Pradeep Jeeha retire son appel

 

Il a décidé de ne plus contester son expulsion du MMM. L’ancien bras droit de Paul Bérenger a fait part de sa décision, dans une lettre adressée au leader, cette semaine. Il y résume toutes ses années dédiées au parti, une collaboration de 25 ans, et regrette que le chef de file des Mauves l’ait privé de son droit de militant. Pradeep Jeeha n’a pas pu se porter candidat aux élections du Comité central car son appel n’a pas été entendu à temps. Paul Bérenger, lui, a confié que cette décision de l’ex-leader adjoint du MMM ne l’intéressait pas car «il est déjà parti».

 


 

On retient aussi…

 

·      Les nouvelles têtes du BP sont : Khemraj Ortoo, Hurmila Routho, Vinay Koonjul, Cherylle Rayapen, Danielle Selvon, Yannick Catherine, Keshaw Jummun, Govinden Vencatasamy et Neera Seebarun.

 

·      Paul Bérenger a été élu en tête de liste avec 69 voix. Pas de changement concernant sa garde rapprochée : Ajay Gunness, Rajesh Bhagwan, Reza Uteem et Aadil Ameer Meea, entre autres, sont également sur la liste.

 

·      Joanna Bérenger élue au CC, lors de l’assemblée des Délégués, n’a pas souhaité être candidate. Si son nom a été suggéré pour qu’elle participe au vote afin  de faire partie du BP, elle a, néanmoins, décliné la proposition. 

 

·      40 personnes s’étaient portées candidates à cette élection.

 

·      Il y a des cas d’ex æquo et c’est lundi, lors de la réunion du BP, qu’il sera décidé si une nouvelle élection est nécessaire ou pas pour ces cas-là. Pour l’instant, la liste compte 31 membres au lieu de 30.

 

·      Qui sont ceux qui ont voté ? 30 membres élus par l’Assemblée des délégués, 38 élus par les Assemblées régionales (les deux représentants de Curepipe-Midlands n’ont pas eu accès à cet exercice de vote : voir hors-texte), deux représentantes de l’aile féminine et deux autres de l’aile jeune.

 

·      Il s’agissait d’un vote par bulletin secret.