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Rideau Madame la présidente !

Au tribunal de l’opinion publique, elle est déjà coupable. Aux yeux des partis de l’opposition, elle devrait démissionner, dans la camp du gouvernement l’embarras le dispute au doute.  

 

Mais, impassible devant la révolte de la rue, imperméable aux critiques qui pleuvent sur elle, Ameenah Gurib-Fakim ne cède pas, eusse-t-elle fautée. Et de quelle manière ! Qu’une présidente de la République de Maurice accepte une carte de crédit d’une institution privée, qu’elle s’en sert sans regarder les dépenses, faites à coups de centaine de milliers de roupies, que cette carte ait été émise par le Planet Earth Institute dirigé par le douteux Alvaro Sobrinho, constituent suffisamment d’informations graves pour que la présidente, payée de nos fonds publics, réponde de ces actes. 

 

Mais non ! Ameenah Gurib-Fakim, au lieu de riposter directement aux questions qui lui sont adressées, adopte la même tactique que l’an dernier, au moment où toute l’affaire Sobrinho avait éclaté. En mars 2017, alors que l’on s’interrogeait sur les 31 demandes d’accès VIP faites par son bureau, alors qu’on découvrait son intérêt à suivre, voire à exprimer, ses sentiments de «happy denouement» dans des affaires de demandes de permis par Alvaro Sobrinho, la présidente, s’en prenait alors aux articles de presse, jugeant les demandes d’éclairage comme des attaques contre elle. 

 

Aujourd’hui, après que notre confrère l’express a révélé ses incroyables dépenses faites avec une carte de crédit octroyée par Planet Earth Institute, au lieu de faire face aux interrogations légitimes de la presse et des citoyens, Ameenah Gurib-Fakim, s’en va-t-en guerre contre le quotidien du matin, lançant un ultimatum pour que l’express authentifie les documents. Une pirouette pour détourner l’attention, tentant de semer le doute sur les pièces publiées, car sachant que seule la banque est à même de les authentifier, chose qu’elle ne fera pas, car liée par le secret bancaire. 

 

Au final, celle qui est soi-disant au-dessus de la mêlée, se montre, (comme à chaque fois qu’on lui réclame des comptes) en politicienne, utilise des tactiques pour gagner du temps, fuit les questions de l’express, choisit de s’ériger en victime dans les colonnes du Défi : «Je n’ai rien à me reprocher.» Et attend la fin des tractations qui se passent en coulisse, sur toile de fond d’un rapport de force entre le MSM et le ML, dont le leader reste l’un des rares soutiens indéfectibles de l’hôtesse du Réduit. Collendavelloo n’a-t-il pas lancé, il y a quelques jours encore, qu’il est fier d’avoir proposé Ameenah Gurib-Fakim à la présidence du pays ? «Je suis persuadé qu’il y a une explication normale à ces dépenses. Mo pa kapav enpes dimounn depans so kas», a-t-il jugé utile d’ajouter. So  kas ? Alors qu’il s’agit d’une carte de crédit de la PEI remise à la présidente de la République, celle qui est censée représenter Maurice ! Il vrai que Collendavelloo, depuis qu’il est devenu ministre, ne se gêne pas pour se couvrir de ridicule. 

 

Difficile d’oublier qu’il a été capable de lancer, l’an dernier, qu’Alvaro Sobrinho lui a dit «Pa trakase, larzan ki mo pe investi, se pa larzan kokin.» On l’aura bien compris : l’affaire Gurib-Fakim est au centre aujourd’hui d’un jeu de pouvoir entre le MSM et le ML. Mais, on aura aussi noté que, contrairement à l’an dernier, où le Premier ministre Pravind Jugnauth soutenait totalement la présidente de la République, mettant les questions de la presse autour de l’homme d’affaires angolais sur le compte d’allégations, ce samedi, c’est sur un ton prudent que le chef du gouvernement a commenté cette affaire : «Seule la présidente est en mesure de dire ce qu’il faut,» répond-il, laconiquement, aux journalistes.  Est-ce que Pravind Jugnauth comprend enfin qu’il lui est impossible de défendre l’indéfendable ? La question qui devrait être posée ces jours-ci n’est pas si Gurib-Fakim doit partir, mais comment se fait-il qu’elle soit encore la présidente de la République de Maurice, alors qu’elle est décrédibilisée, qu’elle s’est rendue coupable d’un manque de discernement, qu’elle entraîne le bureau de la présidence dans une polémique indigne, avec des histoires d’argent, après celles de permis à un homme suspecté de détournements et de malversations. Un comportement définitivement aux antipodes  de l’éthique et de la morale attendu d’une présidente de la République. Inacceptable ! Il est temps de dire, Rideau Madame la présidente !

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