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Safire : Faire de l’Académie de cyclisme une école de vie

La dernière académie a récemment ouvert ses portes à Rivière-Noire. Son objectif ? Permettre la réintégration des enfants en situation de rue à travers le sport, notamment le cyclisme.

Elle en est convaincue. Le sport peut permettre à nos jeunes de ne pas succomber aux fléaux qui gangrènent notre société. Ce pari, l’équipe de Safire (Service d’Accompagnement, de Formation, d’Insertion et de Réhabilitation de l’Enfant), une organisation qui vient en aide aux enfants en situation de rue, l’a pris il y a plus d’un an. Grâce au soutien financier de plusieurs entreprises, l’organisme a ouvert, en partenariat avec la Fédération mauricienne de Cyclisme (FMC), plusieurs Académies de cyclisme à travers le pays. La dernière-née est celle de Rivière-Noire.

 

Safire et la FMC ont travaillé étroitement avec le Kolektif Rivier Nwar (KRN), association qui s’occupe des familles de la région vivant en situation de grande précarité. Pour mettre cette nouvelle académie sur pied, l’association a bénéficié du programme CSR Galaxy Cares. L’argent récolté a ainsi permis de financer l’achat de vélos et d’accueillir les premiers inscrits. En un peu plus d’un an, plusieurs académies ont ouvert leurs portes, notamment dans le Nord, dans des régions comme Baie-du-Tombeau, Triolet et Bois-Marchand, avec une vision : celle de devenir une école de vie qui permettrait d’encadrer et de guider les adolescents vulnérables, âgés entre 12 et 16 ans. Un endroit où ils apprendront volonté, discipline et effort.

 

Oeuvrer pour la réintégration des enfants en situation de rue et à risques à travers le cyclisme, voilà la mission de Safire. Ce sport, explique Edley Maurer, responsable de l’association, a longuement été réservé aux plus aisés mais se trouve être un excellent support pédagogique pour travailler sur l’insertion des jeunes vivant dans des situations difficiles. «Nous sommes convaincus que le sport pourrait aider nos jeunes à découvrir du plaisir autre que dans la consommation de substances illicites. Nous avons constaté, au fil des entraînements et des compétitions, un engouement accrue et une forte motivation pour ce sport auprès de nos bénéficiaires qui arrivent à exceller dans le domaine.»

 

Inculquer des valeurs sociales

 

Pour mettre en place cette académie, il a fallu procéder par étape. Grâce au soutien du KRN, Safire a, dans un premier temps, identifié un terrain et les autres besoins. L’ONG travaille aussi avec Jordan Ramsamy, un travailleur social qui est sur le terrain et qui va à la rencontre des familles pour identifier les enfants qui ont le plus besoin de ce programme. À ce jour, 20 jeunes sont inscrits à Rivière-Noire. Cinquante jeunes sont ciblés par l’association. «S’investir dans le cyclisme, c’est lutter naturellement contre toutes les discriminations et promouvoir la fraternité entre les jeunes. Ces derniers sont souvent déboussolés ou sans repère.»

 

À travers ce sport, Safire souhaite inculquer à ces jeunes les valeurs sociales, les bonnes pratiques de santé, le sens du travail et la rigueur pour en faire des jeunes responsables qui peuvent dire non à la drogue et aux autres dangers. Si la FMC s’occupe de tout ce qui est sport et technique, le travail de Safire est, lui, beaucoup plus personnel et psychologique. «Cette académie a pour objectif de réduire le temps que les bénéficiaires passent sur la rue à Rivière-Noire par les activités pédagogiques du cyclisme. Puis, c’est un moyen pour nous d’inculquer des normes et des valeurs aux jeunes, ce qui les aidera à devenir des citoyens responsables. Enfin, ce projet vise à promouvoir une bonne santé chez ces jeunes à travers des sessions d’entraînement et dans leur vie de tous les jours», souligne Edley Maurer.

 

Pour Amanda Van Schellebeck de la FMC, il ne s’agit pas uniquement de faire du vélo. «Nous travaillons avec Safire depuis 2016. Entre fin 2016 et mi-2017, nous avons ouvert plusieurs académies grâce au soutien de plusieurs entreprises et la National CSR Foundation. Deux autres sont à venir, à Mahébourg et Saint-Pierre. Nous croyons fermement que le sport peut amener un changement de comportement et une autre qualité de vie. Le sport nous apprend la discipline, la rigueur, le sens de l’effort et de la compétition», explique-t-elle. Avec la saison de cyclisme qui commence ce dimanche au Champ de Mars, plusieurs jeunes se lanceront dans la compétition. Outre le vélo sur route, certains pratiquent du VTT. «Notre but, ce n’est pas uniquement de faire d’eux des compétiteurs sur route. Ils apprennent, à travers cette discipline, à comprendre comment la vie fonctionne et ça, c’est extrêmement important.» En sus du vélo, l’Académie organise plusieurs autres activités comme des sorties et des randonnées, des causeries et des sessions de prévention.

 

Il s’agit aussi, pour Edley Maurer et son équipe, de donner un soutien social et émotionnel à ces jeunes adolescents. «Cette académie nous permettra de suivre leur parcours scolaire et d’aider ceux qui sont non-scolarisés. Ce projet développera des formations humaines, accompagnera les jeunes vers l’insertion professionnelle afin d’aider chaque bénéficiaire à devenir autonome dans sa vie quotidienne.» À l’Académie de cyclisme, la rigueur est de mise. Trois fois par semaine, les jeunes ont rendez-vous avec les instructeurs de la FMC et les éducateurs de Safire et du KRN.

 

Chaque mois, les bénéficiaires et les encadrants se rencontrent, le temps de deux sessions de discussion. Il est question, pour eux, de faire des suivis individuels et des visites dans les familles pour impliquer les parents dans les programmes de l’académie. Ce n’est que de cette façon, explique Edley Maurer, que les choses pourront changer.