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L’image et la vision

Cela n’a échappé à personne. Le Premier ministre se regarde désormais dans un miroir et veut projeter une meilleure image de sa personne. Conscient du portrait écorné qu’il renvoyait depuis sa prise de pouvoir, à la tête d’un gouvernement secoué par une série de scandales, Pravind Jugnauth a fini par comprendre l’importance d’une communication politique. C’est ainsi qu’il met de l’ordre autour de lui, condamnant ici Etienne Sinatambou (porte-parole catastrophique du gouvernement) au silence, et là, en sacrifiant quelques têtes de sa garde prétorienne, désormais invisibles. 

 

Ce, au profit d’autres nouveaux venus qui se battent sur tous les fronts pour défendre projets et décisions du gouvernement, tentant au mieux de faire du damage control. En se lançant dans un marketing politique, Pravind Jugnauth joue désormais sur la carte de la proximité. Sa participation à la marche de Grand-Bassin, lors du pèlerinage de Maha Shivaratree, s’arrêtant autant que possible sous différentes tentes dressées, pour une pause ou pour se rafraîchir, et sa disponibilité à répondre aux sollicitations de ceux voulant faire un selfie avec lui, confèrent à son personnage une allure d’un leader accessible. Un chef du gouvernement abordable et dont les discours se déplacent lentement sur le fil de la moralité. 

 

Ainsi, après ses conseils sur la cigarette : «Pa kapav gramatin tanto, ponpe, ponpe…», le voilà qui attaque Ramgoolam sur ses coffres-forts : «Kot 22 millions kof-la la sorti ?». Se montre role model : «Mo dimann zot konpare ek guete ki sannla ou pe dimann ou zanfan swiv», avant de se donner l’allure d’un chef travailleur : «Si mo pa lor terin, mo dan biro, mo pa gagn letan al kanpman ou al bat djembe». Pieux, brave et respectable : c’est ainsi que le leader du MSM veut se montrer dans l’imaginaire collectif. Mais il aura beau utiliser toutes les techniques de la com, la forme (qui lui apporte quelques points) reste la forme et elle ne suffit pas. C’est sur le fond qu’on attend le Premier ministre. Quel genre de visionnaire est-il ? Quelles sont les grandes transformations sociales qu’il conduira ? Quels sont ses plans pour mieux assurer la justice sociale ? Va-t-il continuer à subir la pression populaire pour que son gouvernement réagisse ? 

 

Un exemple parmi tant d’autres : fallait-il que des habitants de Roche-Bois descendent, révoltés, dans la rue, bloquent l’accès de la Cargo Handling Corporation, pour que l’exercice d’embauche soit gelé et qu’un accord soit trouvé entre le groupe Zenfan Roche-Bois et les autorités ? On peut être pour ou contre la manifestation de ces habitants qui crient à l’injustice, on peut être pour ou contre le critère géographique dans l’obtention d’un emploi éventuel, mais il y a des signes qu’il ne faut occulter. Et même si nous ne cautionnons pas ce genre de recours à la rue, des questions méritent d’être posées. Car cette colère ne s’est pas révélée du jour au lendemain. Plusieurs manifestations précédentes, dont une devant le Parlement en juillet dernier, ont eu lieu, de même que des discussions avec les responsables de la Cargo Handling Corporation qui avaient demandé une liste pour des recrutements éventuels des General Workers (poste qui ne nécessite aucun diplôme) mais sont restées sans suite. 

 

Que nous disent toutes ces démarches ? Que les habitants de cette localité se sentent délaissés, que leur voix n’est pas entendue, que cette absence de considération à travers un dialogue les marginalise davantage, que la valeur sentimentale qu’ils attachent au port, leurs parents y ayant travaillé dans certains cas, est méprisée et qu’on leur enlève la possibilité de contribuer à l’économie du pays… Mais si on devrait retenir une leçon de cette défiance des habitants envers les autorités, ce serait encore une fois de pointer un doigt accusateur sur le système à qui revient la faute. à cause d’absence de critères transparents dans les recrutements, à cause de la mainmise des nominés politiques, les seuls maîtres profitant de ce levier de pouvoir pour pratiquer la politique de petits copains, et surtout à cause de cette perception qui fait croire qu’il faut être bien connecté pour avoir un poste. Pendant la même semaine, on aura donc vu, d’un côté, des habitants de Roche-Bois indignés, réclamant une égalité des chances, et de l’autre, l’épouse du Deputy Speaker, nommée à la National Human Rights Commission. Difficile d’empêcher des conclusions sur nos mœurs politiques singulières !

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