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Bientôt dans l’île : L’humoriste Kevin Razy : «J’espère que les Mauriciens sont fiers de moi»

Il a du soleil dans la voix, nous salue en créole, a une bonne humeur contagieuse et est fier de ses racines mauriciennes. Parole à Kevin Razy, celui qui présente Rendez-vous avec Kevin Razy sur Canal+ et qui sera en spectacle au Trianon Convention Centre le 24 février. Il promet d’embarquer les Mauriciens dans son petit monde.
 

Comment vous sentez-vous à une semaine de votre première scène à Maurice ?

 

Korek. Je suis assez excité à l’idée de pouvoir enfin venir jouer à Maurice. J’appréhende beaucoup aussi parce que je me dis qu’il y a plein de trucs, plein de sketches, entre autres, qui ne vont pas forcément passer parce que c’est peut-être des références qui sont trop parisiennes. Mais, c’est vrai que les Mauriciens ont toujours regardé la télévision française et qu’ils sont habitués à la culture française. Donc, je ne m’inquiète pas trop sur ce point-là. Mais en ce moment, je suis en train de faire mes recherches sur l’actualité à Maurice pour pouvoir rebondir là-dessus.

 

Vous dites «qu’après plusieurs tentatives échouées», vous pourrez «enfin» bientôt jouer devant le public mauricien. Cela a été difficile de concrétiser un show à Maurice ?

 

Cette année, avec Titanium Events, ça s’est super bien passé. Mais les années précédentes, on m’avait approché pour que je vienne jouer à Maurice. Sauf que ça ne s’est jamais fait parce qu’il n’y avait pas toutes les conditions requises. À chaque fois, c’était un petit peu compliqué et je commençais à perdre espoir. Je voyais Jamel Debbouze, Gad Elmaleh, Kev Adams ou encore Élie Semoun qui venaient jouer dans mon île et, moi, je n’arrivais pas à y aller et à y jouer dans les mêmes conditions. Je commençais vraiment à être découragé. Mais quand Moshin Moussa m’a contacté, je me suis dit : «Enfin !» Je l’ai mis en contact avec ma production, et ça s’est très bien passé. Au final, tout vient à point à qui sait attendre.

 

Pourquoi tenez-vous tant à faire ce show à Maurice ?

 

C’est important pour moi car il y a une partie de ma famille qui vit à Maurice et qui ne m’a jamais vu sur scène. Je pense à mes tantes, à ma grande sœur, Jennifer, qui habite dans l’île depuis plus de dix ans. Et moi, j’ai commencé la scène au moment où elle est partie. Elle m’a déjà vu en spectacle en France, mais c’était à l’époque où je faisais des petites scènes. Puis, c’est une date particulière parce que le 24 février, c’est l’anniversaire de mon papa et il sera à Maurice. Donc, il y a tout qui concorde pour que ce soit un événement unique.

 

Que proposerez-vous aux Mauriciens le 24 février ?

 

Je vais faire un show sur mesure qui sera unique et où je vais, par exemple, parler de la langue créole. Il y aura des petits passages en créole. Après, je n’ai pas la prétention d’être un expert. Donc, je vais éviter de trop m’aventurer et de m’afficher. Je vais aussi parler de ma famille à Maurice, de l’actualité également. Je sais qu’il y a eu plein de choses, notamment avec le cyclone, mais aussi par rapport à d’autres événements. Pour le coup, c’est la première fois que j’adapte, et que je sors un spectacle aussi différent pour un pays. Parce qu’à chaque fois que j’ai joué dans un pays étranger, je n’ai jamais vraiment adapté mon spectacle, j’ai juste réajusté quelques angles. Cette fois, clairement, il y a de nouveaux sketches que je n’ai jamais faits et que je vais faire uniquement à Maurice.

 

Comment définiriez-vous votre humour ?

 

Le style Kevin Razy, c’est un peu vulgariser des choses de la société, de la politique, de l’actualité, mais avec humour et sans vulgarité. Je suis à mi-chemin entre un humour qui a envie de dire les choses, d’avoir du fond, et en même temps, qui est accessible à un plus grand nombre de personnes. Je ne suis pas là pour parler aux gens qui me ressemblent. Je suis là pour parler à tout le monde, et c’est vraiment comme cela que je définis mon humour.

 

Comment êtes-vous arrivé à vous faire une place dans le monde de l’humour ?

 

Ça a été long et pénible comme chemin mais ce n’est pas fini. J’estime que je ne me suis pas encore fait une place. J’ai un regard critique parce que je vois cela de l’intérieur. C’est déjà bien ce que j’ai accompli depuis dix ans. Comment j’ai fait ? Je n’ai pas prévu de plan B. Depuis le début, je me suis dit que c’est humoriste que je veux devenir et rien d’autre. Du coup, je n’ai pas prévu de plan de secours, du genre : «Si je ne réussis pas, je vais faire ceci ou cela.» Je me suis toujours dit que je serais humoriste et que cela ne changerait jamais et c’est, je crois, ce qui m’a permis d’avancer.

 

Qu’est-ce qui vous inspire pour l’écriture de vos sketches ?

 

Ce qui m’inspire le plus, c’est ce que les gens vivent au quotidien, mais d’un point de vue sociétal. C’est-à-dire que je ne vais pas parler de ce que vous faites à la maison, quand vous vous levez, quand vous prenez votre café mais plus du quotidien, de l’environnement dans lequel on vit. Par exemple, je vais aborder les décisions politiques qui peuvent influencer notre vie ou alors les événements qui nous ont marqués. En France, par exemple, depuis trois ans, il y a les attentats. Cela a modifié notre perception du quotidien. Je raconte cela. J’essaie de mettre des mots sur des sujets qui sont difficiles afin de les décrisper, qu’on soit un peu moins tendu et qu’on puisse prendre du recul.

 

Et l’île Maurice ? Elle a quelle place dans votre cœur ?

 

Dans mon cœur, l’île Maurice occupe la moitié de l’espace. Tout simplement parce mes parents sont Mauriciens. J’ai en moi cette culture mauricienne, j’ai cette vision mauricienne. J’ai été éduqué à mi-chemin entre les valeurs françaises et les valeurs mauriciennes, et j’essaie de prendre ce qu’il y a de mieux des deux côtés. Kevin Razy, sans l’île Maurice, n’existe pas. Il s’agit de mes ancêtres, de mon histoire. Je suis fier d’être Mauricien.

 

Pourquoi les Mauriciens ne devraient-ils pas rater le show du 24 février ?

 

Ce n’est pas tous les jours que j’ai la chance de venir vous voir. Il va se passer des choses uniques ce soir-là. Ce spectacle a été fait pour les Mauriciens et personne d’autre ne pourra le faire. Je suis un humoriste franco-mauricien. J’espère que les Mauriciens sont fiers de moi et que je continuerai à les rendre fiers. Il y aura des sketchs uniques. C’est un show fait pour vous, avec le cœur, avec amour. Bann kamarad, mo mari kontan ek mo espere nou pou met enn mari lafaya ansam.

 

Quels sont vos projets ?

 

En ce moment, je joue au théâtre à Paris et je suis en train de travailler sur mon premier long-métrage en tant que scénariste, réalisateur et pour le premier rôle. Je suis encore au stade de l’écriture.

 


 

À vos billets !

 

Cela se passe le samedi 24 février à partir de 20 heures. Afin de voir Kevin Razy sur scène pour son one-man-show, il faudra mettre le cap sur le Trianon Convention Centre. Les billets sont en vente à travers le Rézô Ôtayô (tel. 466 9999). Les prix des tickets se déclinent comme suit : Bronze – Rs 400 ; Silver – Rs 700 ; Gold – Rs 900 ; et VIP – Rs 1 200.