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Viraj Ramharai : «Je suggère de rendre obligatoire l’apprentissage de la natation à l’école»

Sept noyades la semaine dernière, trois cette semaine… Avec les jours fériés à venir, la vigilance est plus que de mise. Quelles sont les régions à risque et les causes de noyade ? Parole à Viraj Ramharai, International Lifesaving Trainer de l’association Surf Life Saving.

Comment réagissez-vous face aux nombreux cas de noyade de ces derniers temps ?

 

Je me sens vraiment triste parce que je me mets à la place de la personne qui a perdu un membre de sa famille. J’ai récemment rencontré les membres d’une famille qui a perdu un proche dans un des derniers cas de noyade. C’est déchirant. Je suis vraiment en colère parce que je trouve qu’il n’y a pas de sécurité sur nos plages. En même temps, nous ne pouvons blâmer personne car même le meilleur sauveteur au monde peut perdre la vie en mer.

 

Comment expliquez-vous ces drames ?

 

Pour moi, tous les cas se ressemblent. À présent, la plupart des gens comprennent qu’il ne faut pas nager ou aller dans l’eau après avoir mangé. Au-delà de cela, il y a d’autres facteurs de risque qui existent. D’après mon expérience, la panique est l’une des causes principales des noyades. Elle affecte psychologiquement la personne qui se retrouve en difficulté et bloque ses autres sens. La personne a alors du mal à appeler à l’aide. Il y a aussi d’autres automatismes à développer quand quelqu’un va à la plage. Il faut, par exemple, qu’il se renseigne auprès des garde-côtes sur l’état de la mer ou encore sur les zones de baignade conseillées. Il faut que cela devienne des habitudes. Être au courant de l’état de la mer est important.

 

Quelles sont les causes qui reviennent souvent dans les cas de noyade ?

 

Les causes qui reviennent souvent dans les cas de noyade sont les suivantes : la consommation d’alcool, le manque de supervision, l’absence d’éducation sur les risques en mer, l’absence d’aptitudes à la nage, et la négligence.

 

Quelles sont les régions qui sont à risques ?

 

Le Morne (Kitespot), La Prairie, Tamarin et Le Goulet parce qu’il n’y a pas de barrière de corail et pas de zone de baignade. Il faut aussi faire attention à Baie-du-Cap, à Rivière-des-Galets et à une partie de Grand-Baie. À Blue-Bay, une zone de baignade est présente mais elle devrait, à mon avis, être déplacée vers la rive par un mètre. 

 

Comment faire pour prévenir des cas de noyade ?

 

Nous avons initié ce que nous appelons le WaterWise. C’est notre principal programme d’éducation. Nous l’avons lancé à Tamarin en 2012. C’est un projet proactif avec le soutien du National Sea Rescue Institute, de Peter Bacon et de Volunteer Mauritius.

 

Qu’est-ce qu’il ne faut pas faire avant d’aller nager ?

 

Manger et nager ne font pas bon ménage, tout comme l’alcool et la nage. Il faut aussi éviter les boissons gazeuses. En outre, portez des tenues adaptées pour la nage.

 

Que faudrait-il faire pour que les Mauriciens soient armés face aux dangers de la mer ?

 

Il est impératif de venir de l’avant avec des mesures correctives. Par exemple, il faudrait introduire des sauveteurs bénévoles sur les plages. Je suggère aussi de rendre obligatoire l’apprentissage de la natation à l’école, dans les collèges et au niveau tertiaire, y compris sur les lieux de travail. Je propose aussi qu’on établisse des zones de baignade où des bateaux à moteur ou à voile, de même que les kayaks, seront interdits. Je suis aussi pour qu’il y ait des équipements de sauvetage à la portée du public sur les plages.

 

Que faut-il faire quand une personne est en danger en mer ?

 

Si vous êtes un sauveteur qualifié, il faut appliquer les protocoles. Toutefois, si vous n’êtes pas un nageur ou un sauveteur qualifié, ne vous approchez pas du nageur en difficulté. Vous risquez de vous retrouver aussi en difficulté. Surtout, ne lui tendez pas la main directement car vous risquez d’être entraîné dans l’eau. Vous pouvez toutefois lancer un flotation device à la personne qui se trouve en situation de noyade. Il est aussi impératif de chercher de l’aide.

 

Parlez-nous de votre association...

 

La Surf Life Saving Association met en avant le concept de The Volunteer Village Lifesavers. Nous allons ainsi organiser une nouvelle stratégie pour prévenir la noyade et développer le service le plus proactif à Maurice. Un professeur de natation ou un sauveteur est un ambassadeur de nos plages. J’ai secouru plus de 65 personnes en mer et j’ai suivi une formation au National Sea Rescue Institute for WaterWise. Le rôle d’un sauveteur est de prévenir la noyade. Si la prévention échoue, il réagit.

 

Bio express

 

Son terrain de jeu : l’océan. Secouriste de profession, le président de l’association Surf Life Saving a été formé en Angleterre, en Afrique du Sud et à Bali. Son association aide à informer, à travers des sessions gratuites, sur les dangers mais aussi sur les gestes de secours qui peuvent sauver une vie. À découvrir l’ONG sur la page Facebook Surf Life Saving Association MRU.