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Des «zones d’ombre» autour de deux cas de noyade

Les Bundhoo de Bambous et les Angeline de Caroline sont dans le flou. Ils veulent connaître les circonstances exactes entourant la mort de Kunal Bundhoo, 14 ans, et de Ken Angeline, 26 ans. Le corps de l’adolescent a été retrouvé à l’Île-aux-Aigrettes et celui du jeune homme au fond d’une digue, sur un terrain de chasse.

Reshma Bundhoo : «Mon fils avait eu une altercation avec un groupe de personnes»

 

Les interrogations de cette mère de famille sont nombreuses. Le dimanche 4 février, le corps de son fils Kunal, 14 ans, a été repêché en état de décomposition avancée au lieudit Trou Mootoo, non loin de l’Île-aux-Aigrettes, à Mahébourg, aux alentours de 9h30. La disparition du jeune homme avait été signalée au poste de police de la localité la veille, vers 22 heures.

 

C’est sa mère Reshma Bundhoo, 41 ans, et sa sœur aînée, qui ont procédé à l’identification du corps. «Mon frère était méconnaissable. On a pu l’identifier grâce à sa chaîne, son T-shirt et son jeans», confie la jeune femme de 20 ans. Les circonstances entourant cette noyade laissent toutefois Reshma et son époux Ravi perplexes. «Il a dit qu’il se trouvait dans un bois. Au final, on l’a retrouve en mer. S’est-il jeté à l’eau volontairement ou l’a-t-on forcé à le faire ?» se demande Ravi, 44 ans.

 

Reshma, elle, a autant de questions qui restent, pour l’heure, sans réponse. «J’ai déjà vu des noyés. J’avais 15 ans lorsque mon père s’est noyé. Ma nièce s’est également noyée pendant les inondations à Mon-Goût. Mon fils, en revanche, avait une autre posture. De plus, sa sacoche, sa casquette, sa bague et son téléphone portable n’ont pas été retrouvés à ce jour. Il y a des zones d’ombre.»

 

Pour la police, cependant, il n’y a pas eu d’acte malveillant dans cette affaire car selon le rapport d’autopsie, cet étudiant en Form 4 à la Bambous SSS a succombé à une asphyxie suite à la noyade. Un avis qui n’est pas partagé par les proches du jeune homme. «Mon fils avait eu une altercation avec un groupe de personnes dans les rues de Mahébourg, avant d’être porté disparu», avance Reshma. «La police a-t-elle étudié cette piste avant de conclure à la noyade ?»

 

Le jeune Kunal était allé passer quelques jours de vacances chez une tante à Ville-Noire lorsque l’impensable s’est produit, explique sa mère. «Une de mes sœurs et ses enfants étaient chez nous pour la fête du Cavadee. Cette dernière habite à Rivière-des-Créoles. Mon fils l’a accompagnée chez elle le vendredi

2 février.» Ce jour-là, Kunal n’était pas parti au collège. «Il s’était fait mal avec un couteau en faisant la cuisine. Il avait profité de cette blessure à la main gauche pour prendre un jour de congé», souligne Reshma. «J’étais au travail lorsqu’il a quitté la maison contre mon gré. Mon petit doigt me disait que quelque chose de mal allait se produire. Je n’arrêtais pas de lui dire qu’il devait se reposer mais il insistait pour aller chez une autre de mes sœurs à Ville-Noire afin de changer d’air.»

 

En rentrant chez elle, Reshma appelle une nièce qui habite Rivière-des-Créoles pour prendre des nouvelles de son fils. «Li dir mwa mo garson pa kot zot. Linn osi dir mwa ki mo garson pou res kot mo ser Ville-Noire-la. Kunal ti zwenn enn kouzin lagar kan zot ti desann dan bis. Ti ena osi de kamarad ar zot. Mo tann dir zot ti al pran ler Blue-Bay. Mo neve-la dir mwa kan zot inn retournn Mahébourg pou tir kas zot inn gagn problem.»

 

Peu après, poursuit notre interlocutrice, Kunal a appelé une cousine. Il se cachait dans «enn bwa». Il lui a demandé de dire au cousin qui était, au préalable, en sa compagnie de venir le récupérer. «Ma nièce a effectivement passé un coup de fil à mon neveu. Mais lorsqu’elle a tenté de joindre à nouveau mon fils au téléphone, celui-ci était déjà hors service», explique Reshma. Par la suite, son fils aurait pris la fuite après son altercation avec un groupe d’habitants de Mahébourg.

 

«Mo neve-la dir mwa ki mo garson inn sipoze tap enn kout pwin lor enn loto. Ti ena dimounn ladan. Zot inn sorti pou koz ek li. Zis apre, enn group dimounn pa kone kot sorti inn debous lor li. Lerla mem linn bizin galoupe pou sove. Mo neve-la ti pe tir kas la-bank sa ler-la. Ti 22 h par-la sa», selon Reshma. Ce n’est toutefois que le lendemain, vers midi, que cette dernière a eu vent de la disparition de son fils. Les recherches n’ont rien donné ce jour-là mais le lendemain, le corps du jeune homme a été retrouvé, la plongeant dans une profonde tristesse mais aussi dans le doute le plus total.

 

Sylvette : «Nous sommes dans l’incompréhension»

 

Elle a le cœur meurtri. Sylvette Angeline a perdu son fils Ken, le dimanche 4 février. Le corps de cet habitant de Caroline, âgé de 26 ans, a été repêché ce jour-là vers 15h30 au fond d’une digue, sur un terrain de chasse à Sans-Souci, Montagne-Blanche. Le rapport d’autopsie indique qu’il a succombé à une asphyxie suite à la noyade. «Nous sommes dans le flou. Comment mon fils s’est-il noyé alors qu’il connaissait très bien cette digue où il a l’habitude de pêcher ? Mon fils était également un excellent nageur. Il est parti avec un lourd secret», confie Sylvette, 53 ans.

 

Son fils, dit-elle, a quitté le domicile familial, le mercredi 31 janvier. Ken, qui exerçait les métiers de plombier et d’électricien, ne s’était pas rendu au travail afin de pouvoir rendre visite à sa sœur Stéphanie, 31 ans, à Montagne-Blanche. Selon cette dernière, le jeune homme est sorti prendre l’air peu après son arrivée. N’ayant plus aucune nouvelle de lui, elle s’est rendue à la police dans la soirée pour signaler sa disparition.

 

«Ziska ler, nou pa krwar ki Ken inn nwaye. So lamor res enn mister. Li tousel kone kinn arive. Li ti kontan lapes. Kapav kan al rod enn lavi mem ki linn mor dan sa ladig-la», confie Sylvette, maman de deux autres garçons. Son souhait : que la lumière soit faite sur cette affaire. «Nou espere ki lapolis ed nou pou truv kler dan sa case-la.»

 

 

Un homme péri noyé à Trou-d’Eau-Douce

 

La NCG de Trou-d’Eau-Douce a été sollicitée le dimanche 4 février, vers 13h26. Rengarajan Ramparsad, un ressortissant indien de 30 ans, a été retrouvé inerte sur un bateau de plaisance. Son décès a été constaté par un médecin du SAMU. Selon le rapport d’autopsie, il est décédé des suites d’une asphyxie due à la noyade. Selon l’épouse de Rengarajan Ramparsad, ils faisaient une undersea walk avec deux amis lorsqu’ils se sont retrouvés en difficulté sous l’eau.