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Son épouse meurt après une césarienne : Tristes fêtes pour Rajeev et ses fils

Après la mort de son épouse, il peut compter sur le soutien de sa soeur et de sa mère.

Ce qui devait être un moment de bonheur en famille sera en réalité un jour noir pour Rajeev Megha. En août, cet habitant de Rivière-des-Anguilles a perdu son épouse Anushia, 26 ans, deux jours après une césarienne. Le cœur du jeune veuf n’arrête pas de saigner depuis.

Son bébé est devenu une vraie boule d’énergie. «Li ti pou pli gro si li ti gagn dile so mama pou bwar selma», lance Rajeev, 29 ans, avec tendresse. Difficile de ne pas remarquer le petit et de ne pas l’entendre lorsqu’on se rend chez les Megha à Morcellement Rountry, Rivière-des-Anguilles. Le nourrisson anime d’ailleurs la maison ainsi que tout le quartier de ses gazouillis et de sa joie de vivre. Et son sourire est source de courage pour son père et les autres membres de la famille. «Il nous rappelle souvent que la vie continue. C’est dur à dire mais j’ai perdu ma principale raison de vivre depuis le décès tragique de mon épouse», confie tristement Rajeev.

 

Il n’a pas pu savourer avec son épouse Anushia, 26 ans, le bonheur d’accueillir un deuxième enfant. La jeune femme est décédée deux jours seulement après son deuxième accouchement. C’était en août dernier. Quatre mois plus tard, Rajeev est toujours aussi abattu. Cet employé de Princess Tuna n’a pas le cœur à la fête en cette période de l’année. Mais pour ses fils Prasheel, 4 mois, et Ritesh, 5 ans, il célébrera quand même. Pas question de priver les enfants de cette fête.

 

«Mon aîné avait demandé une voiture télécommandée au père Noël. Je vais devoir lui trouver un autre cadeau car je n’ai pu me retenir de la lui offrir un jour alors qu’il pleurait en me demandant où était sa mère. Le 2 novembre, je l’ai emmené au cimetière mais je n’ai toujours pas trouvé les bons mots pour lui expliquer qu’il ne verra plus sa maman», lâche Rajeev.

 

Le jeune veuf n’en finit pas de remercier sa sœur Roumah, 28 ans, et sa mère Mala, 54 ans, pour leur soutien sans faille depuis la fin tragique de son épouse, le 25 août. La jeune femme a succombé à un choc hypovolémie causé par un manque de sang. Une artère sectionnée dans l’utérus pendant la césarienne en serait la cause principale. C’est  du moins ce qu’indique le rapport d’autopsie.

 

Rajeev allègue, lui, que le personnel soignant a fait une injection d’antibiotique à son épouse alors qu’il était indiqué dans son dossier qu’elle était allergique à ce médicament. Il crie à la négligence médicale et envisage des poursuites contre l’État. Son avocate Poornima Seebaluck et son avouée Brinda Kaniah peaufinent sa plainte. Un proche avait déja porté plainte à la police contre l’hôpital.

 

Le jeune veuf a aussi déposé devant une enquête interne instituée par le ministère de la Santé et présidée par le Dr Nawoor, directeur de l’hôpital Jeetoo. Une source au ministère de la Santé nous apprend que l’enquête est toujours en cours.

 

Zones d’ombre

 

Mais quatre mois après le décès de sa femme, Rajeev veut avoir des réponses à ses nombreuses interrogations. Pour lui, trop de zones d’ombre subsistent dans cette affaire. Concernant l’heure du décès qui semble ne pas concorder ou encore le fait que son épouse serait tombée du lit après cette fameuse injection et se serait fracturée deux côtes.

 

«Mon épouse avait été admise à l’hôpital le 16 août car elle souffrait de diabète de grossesse. Elle était à son huitième mois de grossesse. Elle a accouché quelques jours plus tard, puis s’en est allée. Nous aurions dû fêter notre cinquième anniversaire de mariage en septembre mais le destin en a décidé autrement», regrette Rajeev. Sa vie, dit-il, est devenu un enfer depuis : «À tel point que je n’arrive plus à dormir dans notre chambre au premier étage.»

 

Le jeune veuf a repris sa chambre chez ses parents au rez-de-chaussée. «Je vais dans ma chambre seulement pour allumer des bâtons d’encens afin de commémorer la mémoire de mon épouse», explique Rajeev.  Dans son immense douleur qui ne semble pas vouloir se tarir, le père de famille trouve sa consolation dans le sourire de ses fils dont il doit assurer l’avenir et le bien-être. Tout en leur donnant encore plus d’amour au quotidien pour compenser celui tellement précieux de leur mère.