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Kunal Gauzee : «J’ai voulu interpeller le public avec mes graffitis»

Le journaliste s’est exprimé à sa façon avec ses nombreux graffitis.

Il est aux alentours de 9 heures. La capitale, en ce dimanche matin du 19 novembre, est en pleine activité. Un jeune homme s’approche du mur du bâtiment abritant le Parlement. Il a quelque chose à la main et s’apprête à s’en servir quand tout à coup des policiers débarquent et l’arrêtent dans son élan. Ce qu’il tient est une bombe de peinture noire avec laquelle il s’apprête à écrire «violation de la liberté d’expression» sur le mur en question. Les policiers l’embarquent illico.

 

Ils apprennent plus tard que le tagueur est un ancien journaliste du nom de Kunal Gauzee et qu’il a 31 ans. C’est aussi lui qui, un peu plus tôt, le même jour, a tagué le mur d’un lieu de culte à proximité de l’échangeur du Caudan. La raison : c’est un endroit visible, dit-il. Son but n’était pas de manquer de respect à un lieu de prière mais «d’interpeller le public avec (ses) graffitis». Deux jours de cellule, une inculpation pour defacing building et une caution de Rs 2 630 plus tard, Kunal Gauzee retrouve la liberté et s’explique sur son geste pour le moins étrange. 

 

Quand nous le rencontrons, le jeune homme semble un peu perturbé car le matin même la police l’a interrogé sur des graffitis sur le mur de l’ambassade de France en début d’année. Ce qu’il nie catégoriquement. Par contre, il n’a aucun problème à reconnaître ceux qu’il a faits, dimanche dernier, et à dire sa motivation : «On m’a privé de ma plume. Je me suis permis de m’exprimer de cette façon pour attirer l’attention des Mauriciens. Comment rester insensible aux propos à relent communal d’un ministre ou encore à la privatisation de l’eau. Je n’ai aucun regret.»

 

Kunal Gauzee explique qu’il est sans emploi depuis juillet. Il travaillait pour une radio privée, d’où il a été licencié pour insubordination. Auparavant, il a fait le tour de plusieurs rédactions dont la MBC, où il a travaillé de 2009 à 2014. Il avait démissionné après la prise de pouvoir par l’Alliance Lepep. 

 

Et ce n’est pas la première fois, dit cet habitant de Grand-Gaube qui compte 10 ans de journalisme, qu’il fait des graffitis pour revendiquer «son droit à l’écriture». L’objectif est, selon lui, de toucher les Mauriciens sur des sujets d’actualité brûlante. 

 

Son premier tag, sur un mur du Quai D, avait un lien avec la passation des pouvoirs entre Jugnauth père et fils. Le deuxième concernait la polémique entourant la plage de Pomponette. «Aret vann nu pei», avait-t-il écrit. Devant chacun de ses graffitis, il y a toujours un #. «C’est ma signature personnelle» dit-il.

 

Pour le délit qui lui est reproché, Kunal Gauzee «risque une amende n’excédant pas Rs 100 000 et une peine de prison maximale de deux ans», nous dit son avocat Anoop Goodary. L’homme de loi est d’avis que son client exprimait peut-être ses talents artistiques comme beaucoup d’autres artistes l’ont fait dans le passé, quand ils ressentaient une forte envie de s’exprimer : «Ce comportement peut être inhabituel mais il faisait ce qu’il croyait être juste.» Mais les autorités ne sont pas de cet avis.