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Le carrosse d’un futur marié impliqué dans un accident fatal à St-Julien : L’ex-policier Christian Francis raconte l’horreur

Cet ancien policier a aidé à sortir la victime de sa voiture.

Cet ancien membre du Groupement d’intervention de la police mauricienne se rendait à une réunion professionnelle lorsqu’il a été amené à venir en aide à Lutchmee Reechaye, coincée dans sa voiture après une violente collision avec une Jaguar transportant un futur marié.

L’horloge indique 14h30. Au volant de sa Peugeot 206 blanche, Christian Franiss, Regional Chief Security pour le compte de deux supermarchés ne comprend pas trop pourquoi la circulation routière menant à Quartier-Militaire est perturbée, en cet après-midi du jeudi 23 novembre. Pourtant, ça roule relativement bien à St-Julien en temps normal. Très vite, il comprend pourquoi ça bouchonne. 

 

Une épaisse fumée noire est visible au loin. Son instinct d’ancien policier refait très vite surface. Sans hésiter, il démarre en trombe en doublant sur le côté gauche de la route. La scène qui s’offre à ses yeux à mesure qu’il approche confirme ses doutes. Une Jaguar a pris feu après avoir heurté de plein fouet une autre voiture.

 

à peine descendu de sa voiture, il se dirige directement vers la Jaguar. Raison : il fallait voir s’il y avait des blessés, dit-il. Il constate alors que la voiture est déjà inoccupée. Quelques mètres plus loin, un homme âgé est allongé par terre. Il s’agit du chauffeur de la seconde voiture. L’ancien policier pense alors qu’il est seul.

 

Il change rapidement d’avis lorsqu’il aperçoit un jeune homme tentant de venir en aide à une dame. Cette dernière occupait le siège à côté du chauffeur.«La collision a été terrible. Elle était coincée entre la tôle et l’airbag. J’ai eu beaucoup de mal à la dégager. Ce jeune homme m’a beaucoup aidé», raconte Christian Francis.

 

Pendant ce temps, des volontaires – pourvus d’extincteurs – tentent en vain de circonscrire le feu. L’ancien policier s’assure d’abord que la dame respire toujours et la dépose sur l’asphalte. «à un certain moment, son époux s’est assis. Il parlait dans un langage incompréhensible. Il était en état de choc.»

 

D’autres volontaires ont, quant à eux, déjà sollicité la police et le SAMU. Devant la gravité de l’accident, l’ex-policier prend les devants et demande à un volontaire d’embarquer le couple dans sa voiture pour l’emmener à l’hôpital de Flacq. «J’avais déjà évalué la situation. Le couple nécessitait des soins rapidement pour augmenter ses chances de survie», précise Christian.

 

Après le départ du couple, il prend la décision de sécuriser les lieux. «Il m’a fallu du temps pour convaincre les autres volontaires de laisser la Jaguar. Les occupants voulaient ouvrir le coffre. Je ne savais pas qu’il s’agissait du carrosse d’un futur marié. Ils m’ont tous écouté lorsque les roues de cette voiture ont explosé. La police et les pompiers sont arrivés peu après pour mieux sécuriser les lieux», souligne notre interlocuteur.

 

à ce moment-là, il pense que le couple va s’en sortir. En rentrant chez lui, il apprend toutefois la mauvaise nouvelle sur les réseaux sociaux. «Elle respirait toujours quand on s’est quittés. J’ai cru comprendre qu’elle est décédée quelques minutes plus tard. Quand j’ai pris cette dame dans mes bras, elle était toujours vivante. Je me dis que si j’étais passé à cet endroit plus tôt, c’es ma voiture qui aurait pu être être à la place de celle de ce couple», confie cet ex-sergent de police.  Il n’a toutefois pas eu la même chance le lendemain. Pour cause : il a fait un accident le lendemain, à Pailles, causant uniquement des dégâts matériels.

 

Au cours de sa carrière policière, cet habitant de Curepipe en a connu des histoires mais ce qu’il a vécu, le jeudi 23 novembre, à St-Julien, l’a marqué à vie. «Je tiens à présenter mes sincères condoléances à la famille endeuillée. Je pense que c’est très dur pour les proches de cette dame. J’ai également une pensée pour le nouveau marié. Il doit vivre cet accident péniblement.»

 


 

Deux familles complètement abasourdies

 

Des visages marqués par la douleur. Les expressions sont les mêmes, à Amaury et Laventure où habitent respectivement les Reechaye, la famille de la victime, et les Doongoor, la famille du marié. Les membres de ces deux familles sont plongé dans la douleur chacune à sa façon. Chez les Reechaye, l’heure est à la prière en ce début de soirée du vendredi 24 novembre. Quelques heures plus tôt, Dharmendra, 67 ans, a dit un dernier adieu à son épouse Lutchmee, 65 ans. Le couple, qui comptait 40 ans de vie commune ne s’était jamais séparé avant. 

 

Le jeudi 23 novembre, les Reechaye se rendaient chez leur fille pour prendre des nouvelles de leur petit-enfant lorsque leur voiture est entrée en collision avec une Jaguar qui venait de doubler une autre voiture. Dharmendra et Lutchmee étaient très populaires et travaillaient comme enseignants de hindi au primaire. Dharmendra, officiait également comme pandit. «Ils revenaient d’une conférence à Phoenix. Ils allaient voir leur petite-fille à Flacq. Le choc a été terrible. Vous n’avez qu’à voir l’état de la voiture. Mon beau-frère ne se souvient de rien. Il raconte qu’il a retrouvé ses esprits dans la voiture qui le transportait à l’hôpital. C’est bien plus tard, dans la soirée en rentrant chez lui et en voyant des gens débarquer chez lui qu’il a compris qu’il avait perdu son épouse tragiquement», confie un proche.

 

à Laventure, la tente qui a servi à accueillir les festivités pour le mariage de Govind Doongoor aurait pu servir au pire. Le jeune marié n’a plus le cœur à la fête, nous dit un proche.«So latet mari fatigue akoz sa aksidan la. Linn sap dan lamor sa piti la», nous dit un oncle, très peiné. Ce jeune homme de 30 ans se rendait chez sa future épouse dans les hauts Plaines-Wilhems lorsque l’impensable s’est produit.