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#pourceuxquirestent | Elle avait 11 ans en 2009, lorsqu’elle a eu le pied écrasé par un autobus : La nouvelle vie de Yeshna Huloomann après une amputation

On n’a qu’à la voir marcher pour comprendre qu’elle a quelque chose qui ne tourne pas rond chez elle.

C’était le 25 févier 2009. Elle avait 11 ans. Elle venait de faire ses débuts au secondaire et rêvait de devenir hôtesse de l’air comme beaucoup de filles de son âge à l’époque. Un accident est venu mettre fin à cette ambition professionnelle. Yeshna Huloomann a eu le pied écrasé en allant au collège. Amputée du pied gauche, sa vie n’a plus jamais été la même. Récit.

Elle a grandi. Elle a également mûri par la force des événements qui se sont succédé dans sa vie. Yeshna Huloomann n’est plus la fillette au regard hagard rencontrée sur un lit d’hôpital la première fois. C’était le 26 février 2009, au lendemain de son terrible accident de la route qui l’a marquée à vie. La veille, elle avait perdu le pied gauche sous les roues d’un autobus à Le Hochet, Terre-Rouge où elle habite. Cette ancienne étudiante du collège London se rendait à Port-Louis où se trouve l’établissement secondaire au moment de l’accident.

 

Cette amputation ne l’empêche cependant pas de mener une vie à peu près normale avec sa famille et ses amis. Aujourd’hui, elle est âgée de 19 ans. Comme tous les jeunes de son âge, elle est très active sur Facebook où elle publie plusieurs photos d’elle en compagnie de ses amis. Elle porte toujours un pantalon pour dissimuler sa prothèse. C’est la cinquième qu’elle porte depuis son accident, dit-elle, sur un ton ironique : «J’avais eu ma première prothèse en août 2009. C’était très dur au début. Cela m’a pris beaucoup de temps pour m’habituer à ce pied artificiel. De plus, ce n’était pas évident de marcher avec des béquilles.»

 

Yeshna Huloomann est devenue une battante à travers les épreuves. Les nombreux mois qu’elle a passés à la maison après son accident ne l’ont pas découragée et elle poursuit ses études. Elle a étudié au collège London jusqu’en Form V. Ensuite, elle a rejoint le City College pour faire son Higher School Certificate. Elle a pris part aux examens de 2016 à cet effet. 

 

Depuis avril de cette année, elle suit des cours pour devenir Travel Agent. D’ailleurs, ses examens sont prévus pour mars 2018. «J’ai toujours voulu être hôtesse. Le destin en a cependant décidé autrement mais je ne me décourage pas. Je veux toujours travailler dans le secteur touristique. Voilà pourquoi j’ai choisi des cours pour devenir agent de voyage», souligne la jeune fille.

 

Sous son pantalon, elle cache très bien son handicap. «Je porte des jupes uniquement à la maison. Mon plus grand souci, c’est le regard des autres lorsque je marche. Je boite un peu. Très souvent, les gens se retournent et cela m’agace énormément. J’ai envie de les interpeller pour leur expliquer ce qui m’est arrivé. Je n’ai pas cherché à devenir ainsi. J’en profite pour remercier mon père Bhardowaz, ma mère Nandini et ma sœur Devashree pour leur soutien. Je ne sais pas ce que je serais devenue sans eux», confie la jeune fille.

 

Calvaire

 

L’accident l’a également amputée de plusieurs loisirs. Elle aimait, entre autres, faire de la marche et de la natation, choses qu’elle ne peut plus faire. «Lorsque j’étais petite, j’allais souvent à la plage pour nager. Maintenant, je dois rester sur le sable à regarder la mer au loin. C’est un véritable calvaire psychologique pour moi. J’ai également des ampoules lorsque je fais de longs parcours. De toute façon, je suis condamnée à porter uniquement des chaussures de marche. Je suis une jeune fille de 19 ans mais je n’ai jamais pu porter des chaussures à talons.»

 

Très pieuse, elle demande toujours à Dieu d’éclairer son quotidien et lui donner du courage dans ses moments de solitude. Du courage, il lui en faut notamment pour contrôler ses émotions lorsqu’elle croise le receveur de l’autobus qui l’a rendue invalide : «Je le vois assez souvent à la gare où sur le chemin chez moi. À chaque fois, je suis animée par une grande colère. Je suis toujours révoltée par son attitude. Ce drame aurait peut-être pu être évité s’il m’avait laissée entrer dans l’autobus ce jour-là. Il avait été arrêté et il faisait l’objet d’une charge provisoire d’assault

 

Cet habitant de Petit-Raffray avait retrouvé la liberté après avoir fourni une caution au moment des faits. Il a toujours nié avoir poussé Yeshna hors de l’autobus. Dans sa déclaration, il explique que cette dernière n’est jamais montée dans l’autobus. Il raconte qu’il a fermé la portière après que tous les passagers soient montés. Le véhicule s’est brusquement arrêté par la suite alors qu’il s’apprêtait à collecter l’argent des passagers. 

 

Le chauffeur explique, pour sa part, qu’il s’était arrêté au bustop de Le Hochet où il avait  débarqué et embarqué des passagers. Il allait démarrer lorsqu’il a remarqué qu’il y avait une jeune fille allongée sur l’asphalte à côté de la roue avant. 

 

«On est en 2017 et cela fera bientôt neuf ans que cet accident s’est produit. Je ne sais toujours pas où en est l’enquête policière. J’aimerais savoir si le receveur fait toujours l’objet de poursuites. Mon procès au civil contre lui a également connu plusieurs renvois. Il doit pouvoir rendre des comptes à la justice pour ce qu’il m’a fait», insiste Yeshna d’un ton dur. Certaines blessures prennent du temps pour cicatriser. 

 

 

Ces chiffres qui parlent 

 

Du 1er janvier au 8 novembe 2017, 140 personnes ont péri sur nos routes, alors qu’à pareille époque l’an dernier, les accidents avaient fait 119 victimes.

 

176 531

 

C’est le nombre de contraventions servies aux usagers de la route de janvier à septembre dernier. 68 442 concernent des excès de vitesse. Les 108 089 restantes ont été servies aux automobilistes pour des infractions diverses. Parmi lesquelles, 149 pour conduite dangereuse, 9 669 pour l’utilisation du portable au volant, 8 377 pour le non port de la ceinture de sécurité et 645 pour le non port de casques. 1469 ont, eux, eu une contravention car les casques n’étaient pas attachés convenablement.

 

Sécurité routière : les mesures à prendre pendant les vacances

 

Prevention is better than cure.On ne le dira jamais assez ! En cette période de vacances scolaires, cet adage trouve toute son importance. C’est du moins l’avis de l’inspecteur Bahadoor affecté à la Road Safety Unit : «Beaucoup d’enfants et de jeunes seront dans la rue à bicyclette ou à moto pour jouer, faire des virées ou encore des randonnées. Ils ne doivent pas ignorer les mesures élémentaires en matière de sécurité routière. Il y va de la responsabilité parentale.»

 

Chaque parent doit, dit-il, s’assurer que son enfant ait une connaissance de base des dangers qu’il/elle encourt sur la route. À titre d’exemple : quelqu’un qui monte une bicyclette doit connaître tous les coins dangereux de son quartier. Il est également conseillé de porter un casque pour diminuer les risques de conséquences graves en cas d’accident. Le port d’un gilet réfléchissant est également recommandé pour plus de sécurité. Le cycliste doit également s’assurer du bon état de son deux-roues avant de prendre la route. Aux jeunes qui n’ont qu’un learner pour piloter une moto, l’inspecteur Bahadoor conseille d’éviter les excès de vitesse : «La route n’est pas un circuit pour faire des courses. Le jeune motocycliste doit également s’assurer que le phare, les freins et les roues sont en bon état.»

 

Le policier conseille également aux jeunes qui font des sorties en groupe de ne pas se laisser emporter par la vitesse :«Beaucoup de motocyclistes perdent le contrôle car ils roulaient au-dessus de la limite de vitesse autorisée par la loi.» L’usager ne doit pas non plus ignorer les conditions climatiques en prenant la route. «Le cycliste ou le motocycliste doit réduire la vitesse lorsqu’il pleut où lorsqu’il y a du vent. Le manque d’expérience est également un facteur d’accident. L’obtention d’un learner n’autorise personne à faire ce qu’il/elle veut sur la route», souligne l’inspecteur Bahadoor.

 


 

Mathieu Vigoureux : «Ma vie n’est plus la même»

 

Sa vie n’est plus la même. La preuve : tous ses projets sont tombés à l’eau depuis le 2 janvier 2016. Ce jour-là, ce jeune homme de 29 ans a failli mourir en compagnie de sa fiancée dans un terrible accident de la route vers 19 heures, à Grande Retraite. 

 

Le couple se rendait chez des proches à Bramsthan à moto quand une voiture les a fauchés avant de poursuivre sa route. Grièvement blessé, Mathieu Vigoureux avait, à l’époque, été amputé de la jambe droite et avait subi une délicate intervention au bras droit alors que sa fiancée Courtney souffre de plusieurs fractures à la jambe droite. 

 

Cet accident leur a laissé des séquelles très graves. «Ma vie n’est plus la même», se lamente Mathieu Vigoureux qui dépend beaucoup de son entourage au quotidien. À l’époque, cet habitant de Pont Praslin prévoyait de se marier civilement mais ce projet est toujours en attente.«J’ai perdu une jambe. Ma main droite est également écrasée. Je vis uniquement d’aide sociale. Je ne pense pas me marier de sitôt», dit-il amèrement.

 

Le chauffeur, un policier de 26 ans, a été arrêté après dix jours. Magen Ramasawmy a retrouvé la liberté, le jeudi 14 janvier, après avoir fourni une caution et signé une reconnaissance de dettes. Le soir de l’accident, cet habitant de Réduit affecté au poste de police de Sodnac conduisait une voiture appartenant à un habitant de Trou d’Eau Douce. Il fait l’objet d’une charge provisoire d’involontary wounds & blows.