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Sachin Balluck meurt dans un accident un mois avant son mariage | Sa fiancée Keshwaree : «Je ne pourrai plus jamais aimer un autre homme»

Le couple a fait connaissance il y a cinq ans.

Cette jeune femme de 29 ans, habitant Petit-Raffray, se faisait une joie de se marier religieusement avec l’homme de sa vie, le 3 décembre. Malheureusement, le destin en a voulu autrement. Son fiancé Sachin Balluck, 37 ans, habitant Fond-du-Sac, a péri dans un accident de moto cette semaine. Elle nous confie sa détresse.

Elle avait déjà acheté ses magnifiques saris et bijoux de noces. Lors du plus beau jour de sa vie, Keshwaree Kisto, 29 ans, voulait être la plus belle pour son prince charmant. Ce dernier, Sachin Balluck, 37 ans, avait lui aussi acheté de beaux habits pour faire briller encore plus les yeux de sa princesse. Tous les préparatifs pour le mariage religieux des tourtereaux, prévu dans seulement un mois, allaient bon train et les deux étaient plus que prêts à se dire oui pour la vie. Une vie qu’ils espéraient merveilleuse, avec beaucoup d’amour, de joie, de projets, d’enfants. 

 

Un beau rêve qui s’est malheureusement effondré en une fraction de seconde quand la moto que conduisait le futur marié, le 29 octobre, le long de la Branch Road de Fond-du-Sac, village où il habitait, a dérapé. Il a été retrouvé peu après, vers 19h50, gisant inconscient sur l’asphalte, à côté de l’engin. Transporté d’urgence à l’hôpital du Nord, il y a rendu l’âme quelques minutes plus tard, aux alentours de 20h30. 

 

Ses funérailles ont eu lieu le lendemain en présence de nombreuses personnes qui le côtoyaient et l’appréciaient, de sa famille déchirée par un immense chagrin et surtout de sa fiancée dont les larmes ne cessent de couler depuis la tragédie. Elle qui se préparait à vivre un des plus heureux événements qu’une personne puisse connaître dans sa vie nage en pleine horreur. Le conte de fées s’est transformé en cauchemar.

 

Mariage en vue

 

Les traits tirés, les yeux gonflés d’avoir trop pleuré, la mine triste, Keshwaree Kisto essaie de trouver les mots justes pour raconter sa peine. C’est difficile mais elle persévère car elle veut quand même partager ce qu’elle ressent, faire sortir un peu cette trop grande douleur à travers la parole.«Je ne pourrai plus jamais aimer un autre homme», lâche-t-elle enfin, comme un terrible aveu à elle-même. Assise dans une chambre, chez sa belle-famille, l’habitante de Petit-Raffray s’efforce de retenir les larmes qui roulent dans ses yeux. Elle ne sait pas encore combien de temps elle va pouvoir tenir le coup. Son entourage, face à son état, est aux petits soins pour elle.

 

«Ce qui nous arrive est très cruel. J’ai le cœur en mille morceaux. Nous voulions tellement nous marier pour sceller à jamais notre amour. Je ne pense pas refaire ma vie avec un autre homme. Je n’arrête pas de me demander pourquoi le mauvais sort s’acharne sur moi à un mois de mon mariage», confie Keshwaree avec regret.

 

Mais elle est déterminée à garder précieusement dans sa mémoire les plus beaux moments qu’elle a vécus avec l’homme de sa vie. Leur première rencontre, par exemple. La jeune femme, une employée d’usine, raconte qu’elle a fait la connaissance de Sachin, un opérateur d’excavateur, il y a cinq ans : «Nous avons eu le coup de foudre au premier regard. Il venait me voir tous les jours là où je prenais le transport pour le travail. Finalement, un jour, on s’est parlés. Depuis, on ne s’est plus quittés.»

 

Trois ans après la rencontre, le couple, sûr de son amour et de son désir de continuer l’aventure ensemble, décide d’officialiser son union en organisant «enn renion fami». Les mamans de Keshwaree et de Sachin, qui s’appellent toutes deux Savitree, n’y voient aucun inconvénient. Au contraire, elles sont ravies que leurs enfants aient trouvé l’amour. En novembre 2016, les tourtereaux traversent une autre étape importante dans leur vie amoureuse en se fiançant et en se mariant civilement. 

 

Depuis, ils s’attellent à préparer le plus beau jour de leur vie, leur mariage religieux, prévu pour le 3 décembre. Ils y ont mis tout leur cœur, tant ils étaient contents d’entamer cette nouvelle aventure de la vie à deux. Leurs proches étaient tout aussi heureux et les aidaient de leur mieux. Le mariage devait avoir lieu dans une salle des fêtes à Goodlands. «Presque tous les invités avaient déjà été conviés pour être témoins de cet amour», souligne la mère de la jeune femme. Tout était prêt, jusqu’aux vêtements achetés récemment. Du côté de la famille de la victime, qui mariait le dernier enfant, les préparatifs allaient également bon train. «On avait aussi déjà acheté les habits et les bijoux pour le mariage», souligne sa maman, en larmes.

 

Keshwaree, tout à sa peine, essaie tant bien que mal de consoler sa belle-mère très affligée par la perte de son dernier enfant. Mais son propre chagrin menace de la submerger. Surtout quand elle repense à la dernière conversation qu’elle a eue avec son fiancé le dimanche du drame : «On s’est parlés vers 15h45. Il m’a dit qu’il se trouvait avec des amis à Mon-Choisy. On devait se voir peu après. Il devait me remettre de l’argent pour payer des factures.»

 

Une phrase lancée par Sachin reste gravée dans sa mémoire. «Mo pa pu vinn kot twa zame ankor», lance-t-il comme un avertissement prémonitoire. C’était la deuxième fois qu’il lui disait ces mots. «Il avait passé la soirée chez moi, une semaine avant le drame. Et avant de partir le lendemain matin, il m’a dit cette même phrase. J’ai pris cela comme une mauvaise blague.» Aujourd’hui, elle mesure le poids de ces mots dont Sachin lui-même n’avait sans doute pas conscience.

 

Mauvais pressentiment

 

Le jeune homme, précise Keshwaree, était un fiancé exemplaire. Elle aimait surtout son côté aimant et tendre : «Il ne m’a jamais manqué du respect. Il n’arrêtait pas de me faire rire. Il aimait faire des blagues. Mais depuis notre dernière rencontre, une sorte de froid s’était installée entre nous. Il ne m’a plus appelée après son départ de chez moi. Et quand je lui téléphonais, il me répondait juste par oui et non.»

 

La veille de l’accident, le couple devait se voir «pou al fer shopping ansam». Sachin avait toutefois décommandé à la dernière minute, arguant qu’il était fatigué après une dure semaine au travail. Keshwaree s’est alors rendue à Lallmatie avec sa mère pour acheter les trois saris et les bijoux qu’elle allait porter pour le mariage. 

 

Le dimanche 29 octobre, comme ils avaient rendez-vous et que Sachin n’arrivait toujours pas, Keshwaree tente de le joindre sur son portable vers 18h30, en vain. «Kikenn inn koup apel la lor segon kout.» La jeune femme pense que Sachin a tenté de lui répondre mais qu’il n’y est pas parvenu parce qu’il avait déjà dérapé à ce moment-là. Ce n’est que lors de sa huitième tentative qu’un policier décroche et lui annonce que son amoureux a fait «enn grav aksidan»

 

Paniquée, elle fait un nouvel appel sur le portable de Sachin quelques minutes plus tard. Ce que le policier lui dit à ce moment-là la tétanise. «Il m’a dit que mon fiancé avait déjà rendu l’âme. J’ai failli mourir en apprenant cette terrible nouvelle.»

 

La famille de Sachin est également dans un triste état depuis le drame. D’autant qu’il était le petit dernier d’une famille de cinq enfants et que sa mère, ses trois frères et sa sœur ont toujours été aux petits soins pour lui. Le jeune homme n’a jamais connu son père car il a vu le jour un mois après le décès de celui-ci d’un problème cardiaque.

 

Tous ses proches étaient ravis qu’il ait trouvé le bonheur auprès de Keshwaree et ils avaient d’ailleurs mis les petits plats dans les grands pour son mariage. Hélas, à un mois du grand jour, la mort est venue lui voler cette vie de rêve qui se présentait à lui, ainsi qu’à sa bien-aimée.