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Mission humanitaire : des Mauriciens au chevet des Rohingyas

Le jeune religieux était à la tête d’une délégation comprenant six autres personnes.

Sept personnes viennent de rentrer du Bangladesh où elles ont passé une semaine à venir en aide aux réfugiés rohingyas. L’une d’elles est l’imam Arshad Joomun, fondateur et coordinateur de l’organisation M-Kids qui milite depuis 2003 pour des causes humanitaires sur le plan local et international.

Ils ont vécu dans des conditions extrêmes pendant une semaine. Manque d’hygiène, forte chaleur, malbouffe et fatigue étaient au rendez-vous tous les jours mais ils n’ont pas baissé les bras. Pour cause, ils étaient au Bangladesh pour une raison précise : venir en aide aux réfugiés rohingyas qui ont quitté leur pays, la Birmanie, en masse ces derniers temps. Ces sept Mauriciens sont rentrés au pays, le mardi 24 octobre, après un séjour éclair d’une semaine à leurs frais mais tellement riche en émotion et en partage. Avec le sentiment d’avoir accompli une partie de la mission qui leur tenait à cœur et qu’ils comptent poursuivre dans les jours à venir.

 

À la tête de cette délégation, l’imam Arshad Joomun, fondateur et coordinateur de M-Kids. Il n’a pu, dit-il, rester insensible au terrible exode des Rohingyas. Son organisation, fondée en 2003 – et qui regroupe une centaine de membres à travers le pays –, a alors lancé un appel à la solidarité. Une initiative qui s’est avérée payante puisque M-Kids a pu récolter Rs 3 millions. La délégation a quitté le pays le 16 octobre. 

 

L’imam Arshad Joomun, également membre du conseil des religions, était accompagné de six autres personnes pour cette mission humanitaire : Nazila Husany, Nadeea Nuseeb, Sameer Mohamed, Nariman Coowar, Fawaz Damaree et Husna Patel de l’association Together We Can. «Nous avons tous été choqués par les vidéos des enfants en détresse. C’est ce qui nous a motivés à nous rendre là-bas», confie l’imam.

 

La délégation est passée par Dacca, au Bangladesh, avant d’atterrir au Cox’s Bazar où se sont massés la majeure partie des réfugiés. Sur place, les Mauriciens découvrent l’horreur. «Il y avait des milliers de silhouettes errant sur l’asphalte brûlant. Il y avait surtout des femmes et des enfants agenouillés se protégeant du soleil avec des voiles. Les hommes, eux, appelaient à l’aide pendant que des bébés dormaient dans des paniers de fortune à même le sol», se souvient l’imam Joomun.

 

Sur place, le groupe de Mauriciens a collaboré avec son partenaire One Live Global Welfare, basé en Angleterre. «L’argent que nous avions récolté avait déjà été transféré sur leur compte. Ce n’est pas la première fois qu’on fait des dons à cette organisation dont le responsable est Zahir Uddeer.»

 

Camps de fortune

 

Au début de 2017, M-Kids était venue en aide aux Malgaches en leur donnant de la nourriture et des vêtements après les inondations. L’organisation a également aidé des Somaliens et des Syriens. «On a aussi aidé l’État du Bihar en Inde avec un don de Rs 250 000 après les inondations tout récemment», explique l’imam de 30 ans.

 

Leur quotidien au Bangladesh n’a en tout cas pas été de tout repos : «Les hommes dormaient dans une mosquée. Les femmes étaient logées dans un hôtel. Nous avons tous été interpellés par la situation des enfants. Ils sont tous traumatisés par la violence qu’ils ont subie. Certains ont vu mourir leur père devant eux. D’autres ont vu leur maison être incendiée. Certains ont été agressés sexuellement. Ils ont dû quitter leur terre natale pour se réfugier dans des camps de fortune.»

 

D’autres volontaires sont également à pied d’œuvre sur le terrain. Il y a des Anglais, des Australiens, des Indiens, des Suisses et des Turques, entre autres. «Les aides concernent principalement la nourriture et les soins médicaux. Nous avons eu le soutien total de l’armée bangladeshie. Les soldats nous ont aidés à distribuer des food packscontenant des grains secs, des légumes et du riz. Certains jours, nous avons dû faire des longs trajets de plus de six heures pour atteindre les camps des réfugiés»

 

Derrière eux, au loin, la Birmanie et ses plaines verdoyantes que les Rohingyas, population minoritaire musulmane, ont quittées en masse après des années de discrimination et de persécution. Les Rohingyas sont un groupe ethnique vivant principalement dans l’État d’Arakan, en Birmanie. Il y a des musulmans et aussi des hindous et des chrétiens dans cette région. «Nous avons tous été témoins de la souffrance extraordinaire de ce peuple», martèle l’imam Joomun. 

 

Il en profite pour remercier tous les Mauriciens qui ont participé à cet élan de solidarité. Mais son association a toujours besoin d’aide financière car elle souhaite faire construire des toilettes, des salles de bains et des puits dans les camps des réfugiés Rohingyas pour la distribution d’eau potable. L’imam Joomun et ses amis comptent sur l’habituelle générosité de tous les Mauriciens. Ceux qui veulent faire des dons peuvent effectuer un virement bancaire sur le compte de M-Kids à la MCB sur le numéro suivant :000441552552. Les Rohingyas ont besoin de vous.