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Les Amis de Don Bosco : le développement global, rempart contre la précarité

Roger Rabemanananjara compte sur le soutien des Mauriciens durant la soirée de levée de fonds.

Ils s’inspirent de la philosophie de Don Bosco, un homme qui a mis sa vie au service de l’éducation des enfants vulnérables. Pour faire reculer la misère et mieux aider ceux en détresse, les Amis de Don Bosco multiplient les actions. Cependant, face au financement qui manque, ils font appel au soutien des Mauriciens. 

Dans ce quartier résidentiel d’un des villages périphériques de Port-Louis, la grande maison se fond complètement dans le décor. À première vue, elle ressemble à une maison comme une autre, avec des murs hauts qui ne laissent rien entrevoir. Cependant, quand on s’approche d’un peu plus près, des cris d’enfants disent le contraire. Ici, les portes ne restent jamais ouvertes pour mieux protéger les petits résidents. 

 

Ce lieu, on l’appelle la Maison Don Bosco. Ils sont une quinzaine de petits garçons à vivre ici. Certains ont été placés dans ce foyer par la Child Development Unit car ils faisaient face à un danger, d’autres ont été abandonnés par leur famille. Parmi, ceux qui vivent ici pour quelques semaines, quelques mois ou plusieurs années. Dans la cour, quelques toboggans les amusent. Un peu plus loin, dans le même quartier, Lakaz Mama Marguerite, une autre maison, abrite les petites filles qui, comme les garçons, ne peuvent pas vivre avec leur famille biologique. Si de l’extérieur, la discrétion est de rigueur afin de protéger ces petits êtres, à l’intérieur, c’est l’amour, la fraternité et la vie de famille qui l’emportent.  

 

Ces deux foyers ont été mis en place par l’Association des Amis de Don Bosco afin d’accueillir les garçons et les filles en détresse et abandonnés par leurs proches. Le premier objectif est de leur offrir une maison, un foyer où ils peuvent vivre en toute quiétude et sécurité dans un environnement familial et stable mais aussi de les encadrer, de leur redonner confiance et de les accompagner pour qu’ils puissent ensuite être réhabilités et réintégrés à la société. Ces deux foyers sont l’aboutissement d’un rêve, d’un cheminement de plusieurs personnes engagées qui voulaient offrir à ces enfants un meilleur lendemain. À l’heure où les ONG rencontrent de nombreuses difficultés à trouver du financement, pour l’Association des Amis de Don Bosco, cela s’apparente aussi à un parcours du combattant. «C’est le nerf de la guerre», confie Roger Rabemanananjara, l’un des fondateurs de l’association qui organise, le samedi 18 novembre, une soirée de levée de fonds afin de les aider à poursuivre et à développer leurs actions. 

 

Coup de main

 

Cette initiative est l’idée de plusieurs anciens bénéficiaires des services de prévention de l’association. Une première pour l’ONG qui n’a jamais organisé ce genre d’événements auparavant. «Ces jeunes ont connu l’association petits et aujourd’hui veulent donner un coup de main et soutenir les Amis de Don Bosco dans leur mission.»Jolémie Jaganathen est le leader de ce petit groupe qui a pris en main l’organisation de cette soirée. Cet engagement, dit-il, est une responsabilité qui lui tient à cœur. «Je connais l’association depuis que je suis tout petit. Pour moi, c’était important de pouvoir l’aider et aider les enfants. Nous espérons que les Mauriciens seront nombreux à être sensibles à notre cause et à notre appel.»

 

L’aventure des Amis de Don Bosco a commencé il y a quelques années. C’était d’abord une envie, celle de prendre par la main ceux malmenés et fragilisés par les aléas de la vie. Mais aussi un besoin. Celui de s’occuper d’eux, de les encadrer et de leur donner les outils nécessaires pour qu’ils puissent devenir des êtres debout. Un rêve. Celui de voir ces personnes, ces enfants, ces familles s’en sortir. En 2008, Roger Rabemanananjara, un Malgache installé à Maurice, et quelques amis sont frappés par la précarité dans laquelle vivent plusieurs familles installées dans les faubourgs de la capitale. 

 

Touchés en plein cœur, ils multiplieront pendant deux ans des actions dans l’ombre avant de créer officiellement, en 2010, l’Association des Amis de Don Bosco qui s’engage à faciliter l’accès à l’éducation et à la formation, à lutter contre la pauvreté, à encadrer et soutenir les enfants négligés et abandonnés par leur famille. Inspirés par la philosophie et l’enseignement de Saint Jean Bosco, plus connu sous le nom de Don Bosco, un prêtre italien qui a dédié sa vie à l’éducation des enfants issus des milieux vulnérables, les fondateurs de l’association ont particulièrement voulu venir en aide aux enfants en détresse, souvent abandonnés et livrés à eux-mêmes. 

 

Ainsi, la mission principale des Amis de Don Bosco, confie Roger Rabemanananjara, coordinateur de l’association qui a été formée par l’Institut de Don Bosco à Madagascar, «est d’éduquer à la lumière de l’esprit de la pédagogie du système préventif pour le développement intégral de la vie des personnes vulnérables, en particulier les enfants les plus pauvres, abandonnés et à risques, et leur famille, en soutenant leurs droits». La pédagogie, dit-il, vise le développement intégral de la personne en passant par le corps, le cœur, l’intelligence et l’esprit. «Notre champ d’action s’étend de l’éducation à la prévention en passant par le recul de l’extrême pauvreté, avec une attention particulière aux enfants en situation de détresse. Ils sont les plus vulnérables de notre société.»

 

Au cours de ces dernières années, les Amis de Don Bosco ont lancé plusieurs autres programmes, dont la maison Nazareth, un espace de soin et de réhabilitation pour les enfants qui, grâce à des spécialistes et des professionnels, peuvent avoir accès à des thérapies pour soigner leurs blessures. Il y a aussi le programme de prévention à la Résidence La Cure, qui offre un accompagnement socio-éducatif à ceux vivant dans la précarité. Si le programme d’éducation préscolaire vise à offrir un nouveau départ à travers une éducation de qualité aux enfants en détresse, la Maison de l’Enfance est une crèche pédagogique et solidaire en faveur des petits de la région de Sainte-Croix et de Riche-Terre, qui permet aussi aux parents de travailler pour subvenir aux besoins de leur famille.

 

Parmi les autres actions de l’association : le Bosco Book à Sainte-Croix, un centre de lecture dédié aux enfants vulnérables afin de les familiariser aux livres dès leur jeune âge, et le déjeuner quotidien à la soixantaine d’élèves du collège Père Laval. Aujourd’hui, les Amis de Bosco souhaitent aller encore plus loin dans leur engagement. Pour cela, deux nouveaux projets sont à l’étude. D’abord, la Maison de l’Enfance 2 qui sera une école maternelle pédagogique à Terre-Rouge, et ensuite un centre de promotion féminine qui aura pour mission d’aider les femmes de Sainte-Croix en situation difficile à développer des compétences entrepreneuriales et à devenir- financièrement indépendantes. 

 

Autant de projets qui méritent et qui nécessitent le soutien et l’aide des Mauriciens.