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Atelier Sa Nou Vize : Résidence Bethléem, l’espoir contre les maux

L’engagement et l’entraide communautaire pour faire avancer toute une localité et ses habitants. C’est la mission que s’est donnée l’Atelier Sa Nou Vize, une ONG de la Résidence Bethléem, à Rose-Belle. Celle-ci vient d’ailleurs d’étendre ses activités dans la région, tout en maintenant les efforts auprès des jeunes qui ont besoin de guide et de soutien.

15h30. Résidence Bethléem, Rose-Belle. Ici, les rues ne sont jamais vides. Jamais silencieuses. Elles sont toujours remplies de dizaines d’enfants qui courent, certains pieds nus, qui crient et qui jouent. À chaque intersection, quelques adolescents assis dans un coin semblent n’avoir aucune autre occupation que de rester là. Les seuls adultes présents à cette heure de la journée sont ceux qui se livrent à leur petite beuverie quotidienne à la tabagie du coin. Dans cette localité anciennement appelée Cité EDC, cette image est quotidienne. Considérée comme l’une des poches de pauvreté de la région du Sud, la cité est frappée en plein cœur depuis des années par la pauvreté, le décrochage scolaire et les fléaux sociaux. La drogue et l’alcool faisant, comme partout ailleurs, de sérieux dommages à la jeunesse qui, au lieu d’émerger, s’enfonce un peu plus chaque jour dans une vie précaire. 

 

Pour aider leur communauté à se relever et à sortir de cette impasse, un groupe d’habitants a monté, il y a quelques années, l’Atelier Sa Nou Vize, un mouvement de forces vives de la région, dont l’objectif est de monter des projets pour venir en aide aux résidents de la cité. Huit ans après sa création, l’association prend cette fois un nouvel élan avec le lancement d’une branche à Grand-Bois. La mission est de venir en aide à une petite communauté rodriguaise qui y vit dans des conditions difficiles. L’événement a eu lieu le samedi 16 septembre, dans le cadre de la Journée mondiale du refus de la misère. 

 

Le 27 octobre, un autre événement aura lieu au cœur de la Résidence Bethléem où se trouve le siège de l’Atelier Sa Nou Vize. Trois jeunes qui ont été les premiers bénéficiaires de l’association et qui sont les premiers à avoir décroché leur diplôme universitaire auront droit à une cérémonie de remise de prix. Une fierté pour toute la communauté. Pour Alain Auriant, coordinateur des activités de l’ONG et son équipe, le symbolisme derrière cette réussite est important car c’est de ces trois jeunes, l’espoir de demain, que viendra l’exemple qui incitera les autres à fournir autant d’efforts afin de réussir à leur tour. 

 

Pour permettre aux enfants d’atteindre cet objectif, l’association propose tous les jours des séances de remise à niveau. D’ailleurs, cet après-midi, une quinzaine d’enfants ont fait le déplacement pour venir assister aux classes de rattrapage scolaire. En attendant leur professeur, ils s’amusent à fêter comme il se doit l’anniversaire de l’une des leurs à coups d’œufs sur la tête. En attendant le goûter qui est en chemin, Christelle Lemontagnard, administratrice de l’ONG, se rend bien compte qu’aujourd’hui encore, les enfants ne sont pas nombreux. «En ce moment, beaucoup ne viennent pas. Ils savent que les vacances approchent.»

 

Autonomie 

 

Pourtant, cet accompagnement scolaire est jugé plus que nécessaire pour des enfants qui, bien souvent, ne savent ni lire ni écrire. Les parents en saisissent-ils l’importance ? Pas toujours, regrette Christelle. «Malheureusement, nous remarquons qu’il y a un problème d’alphabétisation. Beaucoup ne savent pas lire ou éprouvent de grosses difficultés. Alors, nous reprenons à la base et les accompagnons tout au long du chemin.» Ces difficultés scolaires, dit-elle, découlent certainement du background familial et de l’environnement qui l’entoure. «Quelques fois, les enfants vous disent qu’ils ne partent pas à l’école parce qu’il n’y a rien à manger.» Pour les encourager à se dépasser, l’Atelier Sa Nou Vize multiplie les activités. Il y a d’abord l’atelier de musique qui révèle chaque fois un peu plus le talent de ces enfants et de ces jeunes. Il y a aussi les classes de sport, dont le judo et le karaté, et plusieurs autres activités qui ont pour objectif de permettre à ces jeunes de se développer et de s’épanouir. 

 

L’objectif à long terme est de leur permettre de briser ce cercle vicieux dans lequel leur famille se trouve pour devenir à leur tour autonomes et indépendants. En attendant, pour permettre à l’association de fonctionner et de continuer son travail auprès de la communauté, l’association a ouvert Baz Manz N Kou, un petit snack au cœur de la cité, qui permet non seulement aux habitants de se procurer quelque chose à manger à moindre coût mais aussi d’aider l’Atelier Sa Nou Vize au niveau du financement des projets. Un moyen pour eux de ne pas compter uniquement sur l’aide des sponsors qui sont un peu plus rares en ce moment. «Avec les nouvelles conditions entourant le CSR, c’est devenu très difficile de s’en sortir et de continuer à soutenir la communauté. Pour nous permettre de survivre, nous avons pensé à monter ce petit snack dont les bénéfices reviennent à l’association», souligne Christelle Lemontagnard qui rappelle que l’association est aussi l’instigatrice d’un projet de relogement social à la Résidence Bethléem où il existe encore aujourd’hui de nombreuses maisons en amiante. 

 

À travers Baz Manz N Kou, c’est aussi trois habitantes de la région qui ont trouvé un emploi. Chaque après-midi, ce sont elles qui préparent le goûter qui sera offert aux enfants qui viennent prendre les cours de soutien scolaire à l’association. Helena Momplé, Joyce Auriant et Beatrice Lecerf étaient toutes impliquées d’une manière ou d’une autre dans la vie de la cité. Cependant, faire rouler le snack est pour elles beaucoup plus qu’un simple job. Il s’agit d’une implication personnelle symbole de leur engagement citoyen pour que leur localité puisse grandir et avancer vers le meilleur. «Notre objectif est de venir en aide aux enfants. Ils ont besoin d’encadrement et de soutien car de nombreux dangers les guettent», confie Helena. C’est là toute la mission de l’Atelier Sa Nou Vize.