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Milène Abdoolkader : Cœur de maman

L’aventure Elle C Nous Association se vit au 8 Bis, Serge Alfred, à Beau-Bassin.

Depuis 10 ans, elle vit au rythme d’Elles C Nous Association. L’institution qui fête actuellement cet anniversaire spécial encadre des enfants issus de milieux difficiles pour les aider à développer leurs talents cachés.  Être un modèle pour des enfants, c’est la vocation qu’a choisie cette femme dévouée aux autres. Rencontre avec Milène Abdoolkader.

Lorsqu’elle ferme les yeux, elle les revoit tout petits. Lui, issu d’un milieu difficile, avec un mauvais départ dans la vie. Elle, fragile, sans repère, livrée à elle-même. Ils avaient des familles mais il leur manquait quelque chose. Et aujourd’hui, lorsqu’elle reçoit de leurs nouvelles, elle ne peut s’empêcher de sourire. Lui, parcourt aujourd’hui le monde, ayant trouvé un emploi sur un paquebot de croisière. Elle, vit aujourd’hui dans une famille canadienne qui l’a adoptée. Bref, la vie leur sourit enfin, eux qui, au départ, n’avaient pas été gâtés.  

 

C’est de ces tranches de vie, de ces success stories que Milène puise sa force, elle qui depuis maintenant 10 ans lutte aux côtés de dizaines d’enfants âgés de 11 à 18 ans au sein d’Elle C nous Association (un clin d’œil à toutes les femmes de nos vies : ces mères, ces filles, ces épouses, ces sœurs) qu’elle a fondée et dirige, dit-elle, avec amour.

 

«Pour moi, ce sont mes enfants»,confie la directrice qui, bien qu’elle soit mère de quatre garçons et d’une fille, considère tous les membres de son association comme sa famille. Mère à plein-temps de 70 autres enfants en plus des siens, c’est le métier qu’elle a choisi de faire. 10 ans plus tard, elle ne peut que saluer tout le chemin qui a été parcouru et tous les obstacles qui ont été franchis.   

 

C’est inspirée par ses parents, «des gens pauvres» mais «qui se dévouaient» au social, que Milène a très vite compris que cela allait être sa voie : «Je suis issue d’une famille pauvre. Je vivais à Cité Chebel.  Je sais ce que c’est que d’être dans le besoin. Je sais ce que c’est que de se battre pour avancer…» Puis, un jour, elle a fait un rêve. Celui de mettre sur pied une maison où des enfants de tous horizons se côtoieront et profiteront d’activités pour leur permettre de s’épanouir et de s’évader le temps d’une demi-journée. 

 

Elles C Nous Association a alors vu le jour. D’abord, à Chebel, au Centre Mère Teresa, pendant les premières années. Puis, c’est au 8 Bis, Serge Alfred, à Beau-Bassin, que s’écrit la suite de l’histoire : «Grâce à des sponsors, nous pouvons accueillir des enfants venant de diverses régions : Pailles, Pointe-aux-Sables, Grande-Rivière, Chebel, Barkly, Trèfles, Camp-Levieux ou encore Plaisance. On bénéficie d’un transport financé par un parent et cela nous aide beaucoup.» L’association est financée à travers le programme de  Corporate Social Responsibility (CSR) de certaines entreprises et aussi les dons de quelques particuliers.

 

Une fois que les jeunes sont au centre, c’est à travers divers ateliers – de musique, d’art, de chant, d’informatique, de lecture ou académiques, entre autres –, que des professionnels formés, dont un psychologue qui partage la vision de Milène, les encadrent pour leur permettre de s’évader et d’acquérir des compétences. 

 

«Pas tous les jours facile»

 

Depuis, Milène – qui peut compter sur le soutien de son mari Aslam et de ses enfants Richie, 28 ans, Ornella, 26 ans, Ziyaad, 18 ans, Taariq, 14 ans, et Zahiir, 11 ans – a été de découverte en découverte, de rencontre en rencontre, a connu des moments de joie comme des moments de tristesse. Tout cela l’a forgée et l'a aidée à être meilleure dans son rôle de maman au quotidien, que ce soit chez elle ou à l’association où elle connaît chacun des 70 bénéficiaires par leur prénom : «Ce n’est certes pas tous les jours facile. Les enfants que nous accueillons viennent de milieux différents. Certains sont orphelins, d’autres sont issus de familles à problèmes et sont confrontés à l’alcool ou à la drogue, entre autres. Ce qui fait que le contact n’est pas toujours facile. Mais avec un peu de patience et de compréhension, on arrive à avancer ensemble. Ils ont tous leur histoire et leur réalité.»

 

Et d’une salle à l’autre, Milène, également grand-mère d’un petit-enfant, ne peut qu’être satisfaite lorsqu’elle voit ses jeunes protégés s’épanouir à travers les classes de peinture ou de musique, notamment : «Ces enfants sont pleins de talent. Il faut juste leur tendre une perche et leur donner les moyens de les développer.» Son autre projet : la construction d’un bâtiment qui ferait office de shelter : «Je suis même prête à venir m’installer avec eux…»

 

Car au fil du temps, l’amour y a aussi mis son grain de sel : «Nous fonctionnons comme une vraie famille et je suis leur maman sans distinction et à plein-temps. Je les conseille pour les études, sur les questions existentielles et je les encadre dans leurs difficultés. Par-dessus tout, je les prépare à la vie… Bref, comme une maman le fait pour ses enfants.» Grâce à la voie qu'elle a choisie, dit-elle, elle a eu à maintes reprises de petites satisfactions qui lui font dire qu’elle a fait le bon choix. «Lorsque je vois des enfants qui, au départ, n'avaient rien, arriver à refaire surface, je me dis qu’au moins, on a contribué à quelque chose», conclut-elle, de l’émotion dans la voix, en se laissant guider, comme toujours, par son cœur de… maman.