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Chagos Mon Amour : En hommage à la lutte chagossienne et à Lisette Talate

Moment d’émotion. Le mercredi 19 juillet s’est tenu le lancement de Chagos Mon Amour, livre de Françoise Labelle et Jean-Clément Cangy, dédié à la Chagossienne engagée Lisette Talate. Cette dernière,  aux côtés de Charlesia Alexis, est devenue un symbole de la lutte chagossienne pour le retour sur leur terre. La cérémonie s’est déroulée au siège du Groupe Refugiés Chagos, à Pointe-aux-Sables, en présence de nombreux invités dont des enfants de Lisette Talate, notamment Jocelyn et Eileen. 

 

Lisette Talate fait partie des 2 000 Chagossiens déportés de l’île des Chagos.  Elle a donné naissance à six enfants. Envoyée aux Seychelles au départ, elle se dirigera finalement vers l’île Maurice où elle connaîtra la précarité et le début d’un long combat.  Jocelyn Talate, 48 ans, jardinier, évoque une «mère aimante, courageuse, qui soutenait beaucoup sa famille». Eileen, fille de Lisette et membre de l’exécutif du groupe Réfugiés Chagos, parle plutôt de lutte. Cette ex-employée d’usine, mère de six enfants aussi, faisait partie de la délégation menée par sir Anerood Jugnauth aux Nations unies, le 22 juin dernier. Une place qui revient de droit à sa mère, nous dit-elle : «L’émotion est plus forte quand je pense à tout ce qui s’est passé récemment aux Nations unies. C’est une victoire pour nous les Chagossiens, et c’est aussi une victoire pour elle. C’est maman qui aurait dû être là-bas, pas moi. Elle aurait dû aussi être là pour le lancement de son livre.» Elle évoque avec chagrin le décès de sa mère, qui remonte au 4 janvier 2012. Ce lancement ravive des souvenirs de celle qui est pour elle «ma maman, mon papa, mon amie, mon tout».    

 

Parlant de Lisette Talate, Olivier Bancoult, leader du Groupe Refugiés Chagos, dira que c’est une«personne qui n’a pas eu d’éducation, mais qui avait une grande intelligence, qui voulait toujours être aux côtés des Chagossiens et qui n’a pas oublié son peuple.» Le lancement de Chagos Mon Amour s’inscrit dans un contexte particulier. Il vient peu de temps après que l’Assemblée générale des Nations unies a voté une résolution pour rechercher l’avis de la Cour internationale de justice sur la souveraineté de la République de Maurice sur les Chagos. Olivier Bancoult évoquera aussi cette victoire aux Nations unies et soulignera que «la lutte continue (…) Zot pésé pou déor. Mais cette lutte, ce n’est pas que pour les Chagossiens, ni pour le gouvernement, c’est une lutte pour tout le monde, au-delà des partis politiques et de la société civile.» 

 

L’idée de Chagos Mon Amour a germé en Françoise Labelle après que le récit de Lisette Talate l’eut profondément bouleversée. Au départ, elle avait rencontrée Lisette Talate dans le cadre d’une dissertation qu’elle faisait pour obtenir une licence en psychologie. La dissertation portait sur l’identité sociale des Chagossiens. «C’était en 2008-2009. Nous nous sommes rapprochées au fil des rencontres. Un jour, elle m’a raconté sa déportation et comment deux de ses enfants sont morts après, dont l’un de chagrin. J’ai beaucoup pleuré, et je me suis dit qu’il fallait que tout le monde connaisse son histoire.»  L’association avec Jean-Clément Cangy a finalement permis de concrétiser ce souhait, sous le titre de Chagos Mon Amour. Le livre de témoignages est proposé en version trois-en-un : en langue française, anglaise et kreol morysien.  Chagos Mon Amour est en vente dans les librairies de l’île à Rs 250.