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Prix Poésie Edouard Maunick : Une capitale, un concours, deux gagnants

Nous avons pénétré dans l’univers des lauréats ex aequo du concours de poésie Edouard Maunick, organisé par l’agence Immedia. L’un s’exprime en anglais, l’autre en français. Les deux ont raconté Port-Louis, thème du concours, sous leur plume poétique. L’annonce des gagnants et la remise des prix (chacun a eu Rs 35 000) ont eu lieu à la mairie de Port-Louis, le 28 avril, et une publication est prévue à l’avenir. Le jury était composé des écrivains Ananda Devi, Shenaz Patel et Kavinien Karupudayyan.

Gilian Geneviève : Retour vers le passé 

 

L’homme qui possède 3 000 livres. Quand Gilian Geneviève, 42 ans, n’a pas un livre sous la main, c’est le malaise. C’est vous dire sa relation intime avec les bouquins. En toute logique, sa passion l’a amené vers l’écriture. Ce prof de management au Collège St Mary’s a déjà gagné d’autres prix littéraires, notamment celui du concours La Nouvelle de l’océan Indien en 2001 et le Prix Jean Fanchette 2006 pour le recueil Elle (six portraits de femme). Il a aussi publié dans la revue littéraire Point Barre – qu’il a co-fondée – et dans la Collection Maurice. 

 

«J’écris beaucoup au feeling, je n’aime pas trop les textes sur commande. Donc, je n’étais pas intéressé au début par ce prix de poésie», dit-il d’emblée.Le déclic se produira plus tard : «En décembre, je me suis retrouvé à la rue Bourbon et ça a été comme un déclic. J’ai revu toute mon enfance, des souvenirs. C’est ce qui m’a poussé à participer au concours.» Il envoie son poème le 15 décembre, date limite pour les participants. Son œuvre, Port-Louis, ce qui demeure, est une sorte de conversation entre le Gilian enfant et le Gilian adulte. 

 

L’enfance de Gilian Geneviève a été marquée par des promenades dans la capitale, notamment avec son père. «Papa était communiste et m’emmenait souvent les week-ends au fameux Ward IV. On y vendait des ouvrages sur le sujet, même pour les enfants ! Papa prenait donc ses livres communistes et en achetait pour moi aussi. Je ne suis pas forcément communiste, même si je me sens de gauche, mais ces livres m’ont beaucoup forgé.» 

 

Sinon, avec l’argent qu’il a gagné, notre poète compte agrandir sa collection de livres, tout en s’attelant à la rédaction de son projet de roman : une histoire d’amour contemporaine qu’il a baptisée Je t’ai aimée, je crois.   

 


 

Helena Lutchman : Port-Louis est une femme

 

Une relation amour-haine, dit-elle. Mais un attachement à la capitale quand même, bien traduit dans son poème en anglais Louise Baby. Helena Lutchman, seulement 22 ans, passe pas mal de temps à Port-Louis. «Vu que j’habite à Pamplemousses, j’y fais toutes mes courses, mon shopping et bien souvent aussi, on s’y donne rendez-vous avec les amis.» 

 

Loin d’être naïve, Helena Lutchman, employée par l’organisation PILS («c’est plus qu’un métier, c’est une contribution pour une meilleure société,» dit-elle), voit aussi dans Port-Louis une part très sombre : «On aime Port-Louis mais il ne faut pas oublier que c’est une cité qui accueille aussi des choses sombres, que ce soit des lieux ou des personnes.» 

 

La poète a aussi féminisé Port-Louis dans son écrit : «C’est venu tout seul, c’est ce que je ressentais quand j’étais dans les rues de Port-Louis», nous dit celle qui adore Tennessee Williams et le poète allemand Charles Bukowski.  

 

En tout cas, entre la poésie et elle, c’est une vraie fusion. La preuve avec des poèmes qui ont paru dans deux ouvrages collectifs édités par l’Atelier d’Ecriture : When young dodos meet young dragons en 2014, suivi l’année suivante de la deuxième édition When dodos meet dragons. En attendant de nouvelles aventures poétiques, notre jeune interlocutrice caresse le projet d’un voyage avec la somme qu’elle a reçue…