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Arvind Ramdoyal : Mon regard d'ex-lauréat

Classé 1 508e aux examens du CPE en 1999, il devient lauréat côté Économie de la cuvée 2006, refuse la bourse qui lui a été octroyé et mène sa vie comme il l’entend. Celui qui travaille aujourd’hui à Vivo Energy Mauritius Limited nous parle de son parcours, de sa vie, du système de CPE, qui est appelé à disparaître, et de la formule de Nine-Year Schooling.

«Comme le disent certains pédagogues, tout ne se décide pas à 11 ans. J’en suis l’exemple même. Je crois au concept de late performers…»C’est en ces termes qu’Arvind Ramdoyal se confiait à nous en 2007, peu de temps après avoir appris qu’il était lauréat côté Économie de la cuvée 2006, 1er de cette filière mondialement et, en même temps, détenteur du Cambridge Excellence Award.

 

À l’époque, Arvind, classé 1 508e aux examens du CPE, se disait aussi fier de pouvoir démontrer «qu’avec du travail»,tout est possible. Lui qui n’était pas parmi les premiers lors de son examen de fin de cycle primaire et qui, en réalisant l’exploit de s’afficher premier quelques années plus tard aux examens du HSC, faisait également la fierté de son collège, SSS Leckraj Teeluck, qui était loin d'être parmi les star colleges.

 

Même si dix ans se sont écoulés, Arvind a encore des souvenirs précis de ce jour où ses efforts académiques ont porté leurs fruits : «Le 12 février 2007 est, pour moi, un jour inoubliable. C’est mon frère aîné Navin Ramdoyal qui m’a donné la nouvelle. Il m’a fait savoir que j’étais classé parmi les meilleurs dans le pays et cela, bien que je n’étais pas d’une star school. Mes efforts ont finalement payé et j’étais heureux de faire la fierté de mes parents, de la famille, des amis et de l’école. Ce n’est que l’année suivante que l’établissement que je fréquentais a été classé collège national.»

 

La suite du parcours d’Arvind n’a toutefois pas été de tout repos. À un certain moment, le jeune homme a dû prendre une décision importante : abandonner sa bourse. «Je suis parmi les rares personnes  à avoir refusé une bourse. La bourse en question était d’une valeur d’environ Rs 500 000 par an, comprenant les frais pour une université britannique ou australienne à cette époque-là. Issu d’une famille modeste, je ne pouvais pas me permettre d’aller au Royaume-Uni ou en Australie, ce qui était mon ambition. Et donc, j’ai pris une décision courageuse de refuser la bourse et de continuer à faire un diplôme de finance à l’Université de Maurice. Beaucoup de gens me disaient que j’avais pris une mauvaise décision en refusant la bourse. Cependant, je ne laissais pas les opinions des autres affecter mon état d’esprit.»

 

C’est donc à Maurice que l’ex-lauréat poursuit son cheminement : «Après trois ans à l’Université de Maurice (NdlR : il a terminé en 2010),j’ai obtenu un First Class Degreeen finance. En 2011, on m’a décerné une des bourses les plus prestigieuses, la UK Commonwealth Postgraduate Sholarship  pour une maîtrise en International Business Finance à la Lancaster University Management School qui est classée parmi les meilleures universités au Royaume-Uni. Heureusement, c’était une bourse complète qui était plus que suffisante financièrement. Étudier au Royaume-Uni a été l’une de mes expériences les plus enrichissantes sur les plans scolaire et personnel. J’ai appris à être plus indépendant et à compter sur moi-même. J’ai rencontré des gens venant du monde entier et j’ai pu visiter des lieux que je n’aurais jamais imaginé voir, même pas en  rêve. En 2012, j’ai été diplômé avec distinction. Que ce soit à Maurice ou au Royaume-Uni, j’ai eu un bon équilibre entre les études et les loisirs avec la famille et les amis.»

 

"Late developers"

 

Pur produit du CPE, Arvind se souvient du système de ranking, tant décrié à l’époque : «Nous devons nous faire à l’idée qu’il existe des late developers/late bloomers. C’était en 1999, j’étais classé 1 508e et j’étais parmi les derniers en termes de classement au CPE. Pourtant, je suis  sorti parmi les 31 lauréats en 2006, sept ans plus tard. Un enfant de 11-12 ans n’est pas, selon moi, prêt à prendre part à un examen important qui décidera de sa vie, avec toute la pression des parents, entre autres. Ce processus empêche le développement de la personnalité de l’enfant et l’objectif principal devient l’admission dans une Star School. Si l’examen principal est retardé de deux à trois ans, l’enfant va comprendre et réaliser l’importance de l’enjeu et cela va aussi lui donner du temps pour suivre et apprendre d’autres choses en dehors des livres.»

 

Concernant le système de Nine-Year Schooling, il explique que c’est une bonne formule qui fera ses preuves : «Le Nine-Year Schooling  a ses avantages et inconvénients. Il va certainement aider à mieux façonner la personnalité de l’enfant et l’accent sera non seulement mis sur le côté académique, mais aussi sur des bagages comme l’informatique, la communication, la musique, la danse, etc. J’estime aussi que c’est la bonne formule pour les late bloomers

 

En regardant dans le rétroviseur du passé, l’ex-lauréat se dit qu’il a su faire ce qu’il faut pour construire sa vie et est fier de son parcours :«Je travaille actuellement comme Cards & Loyalty Manager à Vivo Energy Mauritius Limited. Je suis en charge de tout ce qui est Fleet Card Business, système de paiement dans les stations-service et loyalty systems. Mon expérience de travail précédente était dans le secteur bancaire. De plus, je donne des cours de finance à l’Université de Maurice et à l’Open University of Mauritius à temps partiel. Au début de cette année, je me suis marié, ce qui a ajouté des énergies positives supplémentaires à ma vie…»