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Planète Enfants Vulnérables : Pour une enfance heureuse

C’est après avoir accueilli sa fille Émilie que Magalie Deliot a décidé de se lancer.

Pour qu’ils ne manquent plus de rien. Pour qu’ils mangent à leur faim, aient accès aux soins, à l’éducation. Pour qu’ils grandissent, s’épanouissent et soient heureux, tout simplement. C’est pour ces raisons, et bien plus encore, que l’organisation Planète Enfants Vulnérables a été mise sur pied.

Vous avez découvert, la semaine dernière, la terrible histoire de la famille Hollandais. Elle vous a touché, bouleversé. Cette histoire, c’est celle de deux sœurs qui ont perdu la vie dans un terrible accident. Le mercredi 14 mars, une voiture fait une sortie de route à La Prairie. À bord, Clarissa, 20 ans, et Theresa, 19 ans, sont toutes les deux enceintes. Sont aussi présents à bord du véhicule : Ismaël, le fils de Clarissa, âgé de 3 ans, les compagnons des sœurs, et le chauffeur.

 

Clarissa et son fils Ismaël ne survivent pas. Theresa, déjà maman d’un fils de 2 ans, accouche prématurément d’un petit Anovan. Après plusieurs semaines à se battre pour sa vie, la jeune femme s’en est allée le mercredi 23 mai, laissant derrière elle ses deux bouts de chou et une famille anéantie. Face à la détresse de cette famille, notamment au désarroi de Donovan Genave, compagnon de Theresa et père de ses deux enfants, qui se retrouve désormais seul, l’équipe de Planète Enfants Vulnérables n’a pu rester les bras croisés.

 

Devant une telle tragédie, cette organisation a décidé de prendre sous son aile les deux enfants de Theresa et de soutenir au mieux le jeune père. Pour Magalie Deliot, fondatrice et responsable de cette organisation, aucun être humain ne peut rester insensible devant une telle souffrance. «Nous avons été profondément touchés et bouleversés par l’histoire de Theresa Hollandais. Psychologiquement, ce n’est pas facile pour le papa. Nous leur avons rendu visite et allons les soutenir pour la prise en charge des enfants. Nous leur offrons notamment des couches, du lait, des biberons, des lingettes, entre autres.»

 

Apporter de l’aide et du soutien aux enfants en difficulté. Telle est la mission de Planète Enfants Vulnérables, organisme caritatif qui existe depuis un an. Magalie Deliot a toujours été très engagée dans le social. Créer son association est une idée qui a surgi après un événement qui a changé sa vie. Un déclic qui porte le nom d’Émilie. Magalie et son époux François ont été famille d’accueil en 2011. «Nous l’avons vue pour la première fois dans les locaux de la Child Development Unit. Elle n’avait que 28 jours. L’histoire d’Émilie m’a ouvert les yeux sur la situation des enfants qui vivent dans des conditions très dures et qui doivent subir beaucoup, malgré leur jeune âge.»

 

Émilie, qui, depuis, est devenue officiellement sa fille, est celle qui l’a inspirée à se lancer dans le social. En créant Planète Enfants Vulnérables, Magalie Deliot avait une vision, celle de prendre par la main les enfants en difficulté. «Au début, j’ai commencé seule. Puis, mon mari François m’a rejointe ainsi que Yannick Cornet et d’autres personnes qui sont aujourd’hui membres de l’association. Ensemble, nous essayons d’offrir quelque chose de meilleur à ces enfants.»

 

Planète Enfants Vulnérables opère principalement dans la région d’Albion et des environs. Si l’organisme offrait, dans un premier temps, l’accompagnement scolaire, il a finalement dû s’orienter vers autre chose. «On a remarqué que le soutien scolaire ne fonctionnait pas vraiment. Les enfants venaient pour le goûter mais dès qu’il s’agissait d’apprendre, il y avait un manque d’intérêt contre lequel on avait du mal à se battre.» Magalie Deliot et son équipe imaginent alors une autre idée.

 

Thérapie

 

Depuis quelques mois, les enfants ont ainsi droit à l’éveil culturel, un programme qui a pour but d’utiliser l’art comme médium d’enseignement. «Les enfants apprennent à travers l’art et la création. Ils apprennent des mots, des termes, des phrases, tout en fabriquant des choses avec leurs petites mains et ça marche. Nous avons remarqué que ça agi aussi comme une thérapie. Certains étaient hyper turbulents et passaient leur temps à insulter les autres. Aujourd’hui, il y a eu un vrai changement de comportement chez eux», confie la responsable de l’organisation. Celle-ci prépare aussi plusieurs activités, des sorties réactives et des spectacles.

 

Outre Albion, Planète Enfants Vulnérables propose une aide à d’autres associations qui s’occupent d’enfants. Après un don à Passerelle, ils ont récemment offert des produits d'hygiène aux enfants de l'Étoile du Berger à Albion et Bambous. Un moyen, souligne Magalie Deliot, de s’entraider entre ONG et de toucher plus d’enfants. L’organisation vient également en aide aux enfants malades et handicapés qui vivent dans la précarité. «Nous avons travaillé avec l’association Enn Rev Enn Sourir et avons contribué au financement des soins de la petite Luna et du petit Adrien. Certains ont besoin de lit orthopédique, d’autres de frigo pour garder leurs médicaments. Nous sommes là pour les aider.»

 

Grâce à ses sponsors, Planète Enfants Vulnérables pousse son engagement un peu plus loin. Il a permis à certaines familles d’améliorer leurs conditions de vie en finançant notamment de nouvelles constructions. Anita Sadayan, 28 ans, est la maman de deux enfants qui sont tous les deux pris en charge par l’association. En janvier, les fortes pluies ont détruit la petite maison en tôle où elle vivait avec sa famille. «Les inondations ont fait beaucoup de ravages. On a tout perdu. C’était impossible pour mon mari et moi de recommencer à zéro. Je fais du nettoyage deux fois la semaine et mon mari est maçon. Nous n’avions pas les moyens», confie la jeune femme.

 

Face à la détresse de la famille Sadayan, l’association décide de lui venir en aide et de financer la construction d’une petite maison en béton. Sans l’aide de Planète Enfants Vulnérables, assure Anita, cela aurait été impossible. «Je ne sais pas où on en serait sans eux. C’est grâce à Planète Enfants Vulnérables que mes enfants et moi avons aujourd’hui un toit sur la tête.» Depuis, d’autres familles ont bénéficié de l’aide de l’organisme. Plus que jamais motivées, Magalie Deliot et son équipe n’ont pas l’intention de s’arrêter et comptent bien continuer leurs actions afin que chaque petit puisse connaître une enfance saine et heureuse.