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Esafodaz : Prendre par la main les petits entrepreneurs

Renu Venkamah, Mala Bernard et Vidia Dookhy ont développé un vrai savoir-faire.

Promouvoir les produits locaux et le savoir-faire 100 % mauricien afin de soutenir les artisans et de leur permettre d’obtenir un revenu décent. Telle est la mission d’Esafodaz qui favorise l’entrepreneuriat local comme une porte de sortie contre l’exclusion.

L’initiative est sociale. Le pari ? Audacieux. Pour favoriser le développement communautaire et permettre aux personnes vivant dans des conditions vulnérables d’améliorer leur qualité de vie, le projet Esafodaz a été imaginé, pensé, créé par un groupe de jeunes qui espèrent, à travers cette plateforme sociale, faire d’une pierre deux coups. Aider et soutenir les artisans issus principalement de quartiers difficiles, et promouvoir et valoriser le savoir-faire local. L’initiative est signée Youth SCEAL, une plateforme d’information qui a pour objectif de conscientiser les jeunes sur l’importance de l’éducation et de promouvoir l’entrepreneuriat. D’ailleurs, l’association a lancé des carnets produits 100 % localement et dont les recettes des ventes permettent de soutenir les actions de l’ONG.

 

L’idée derrière Esafodaz, explique Stacy Fourmacou, coordinatrice du projet, est de travailler sur l’émergence des artisans locaux en mettant en avant, à travers une stratégie de marketing et de communication, leur talent. «Nous sommes le pont entre les fabricants, les distributeurs et le marché. Nous travaillons sur comment améliorer la visibilité des produits, nous sommes constamment à la recherche de nouveaux distributeurs, de nouveaux partenariats. Plus il y a de commandes, plus les entrepreneurs améliorent leurs sources de revenus», explique la jeune femme. Face à un public qui achète de plus en plus consciemment, l’apport d’Esafodaz n’est pas négligeable. Conseils, travail autour d’un nouveau concept, promotion, packaging, livraison… Les services qu’offre Esafodaz permettent à l’entrepreneur ou à la petite entreprise de s’installer sur le marché ou alors de se lancer.

 

Si Esafodaz, financé par la Decentralised Coorperation Programme de l'Union Européene, travaille avec les entrepreneurs individuels ainsi que les aspirants artisans, la plateforme travaille aussi avec quelques associations qui font de l’artisanat. Parmi, le Pont du Tamarinier, Autisme Maurice et Femmes entrepreneurs réunies. Il y a aussi Baz’Art Kreasion, un programme d’ENL Foundation, qui forme plusieurs femmes de la région de Moka/St-Pierre à l’artisanat afin de les rendre autonomes. Depuis 2010, elles sont plusieurs à fabriquer des produits à partir du recyclage : bougies, objets de déco ou encore bijoux faits avec du papier.

 

Renu Venkamah, 42 ans, prend elle aussi beaucoup de plaisir à parfaire ses connaissances. Elle se sent extrêmement reconnaissante de pouvoir avoir accès à toutes ces formations. «On ne cesse d’apprendre et de se parfaire. Si on m’avait parlé du recyclage il y a deux ans, je n’aurais pas su ce que ça impliquait. Créer des produits de déco ou de beauté à partir du recyclage est une grande fierté.» Mala Bernard, 57 ans, a découvert Baz’Art il y a quatre ans. Depuis, elle n’a cessé de se parfaire. «On n’avait jamais pensé pouvoir faire toutes ces belles petites choses à partir de papier journal. Normalement, on jette tous nos vieux journaux et magazines mais on peut leur donner une seconde vie.» Ancienne femme de ménage, Mala s’est lancée après un an passé à la maison. Bien plus qu’un passe-temps, c’est pour elle une activité qui lui permet de se faire un peu de sous.

 

Partage équitable

 

Aujourd’hui, estime Krysta Simon, consultante chez Baz’Art, le marché du fait main est en plein essor, ce qui est motivant et encourageant pour les bénéficiaires de Baz’Art. Elles sont une trentaine à recevoir le soutien de cette plateforme. Si elles sont présentes dans les marchés et les foires à travers l’île, elles sont conscientes que leurs créations souffrent d’un manque de visibilité et c’est là qu’Esafodaz entre en jeu. «C’est pour nous une autre vitrine. Il faut reconnaître que de nombreux Mauriciens ne connaissent pas notre travail et plus nous aurons des commandes, plus ces dames auront du travail. Elles travaillent souvent à la chaîne. C’est un travail d’équipe et nous fonctionnons comme une famille. La recette des ventes est divisée et partagée équitablement entre toutes les femmes.»

 

L’équipe de Baz’Art travaille actuellement, souligne Krysta Simon, sur une restructuration et modernisation de ses services. De nouvelles recrues ont été accueillies et elles travaillent actuellement sur d’autres collections. «Elles sont entourées par un coach artistique et travaillent actuellement sur des produits plus trendy. C’est aussi beaucoup plus que l’artisanat. Nous utilisons cet art pour permettre aux femmes non seulement de devenir autonomes mais aussi de s’épanouir, de s’exprimer. Elles sont accompagnées par un personal trainer pour leur développement personnel et leur reconstruction parce que certaines de nos bénéficiaires ont vécu des moments difficiles et essaient aujourd’hui de se remettre sur pied.»

 

Vidia Dookhy, 63 ans, n’avait jamais travaillé avant de connaître Baz’Art il y a cinq ans. Aujourd’hui, malgré son âge, elle se sent beaucoup plus équipée. «Nous avons commencé par apprendre et ensuite nous avons développé un amour pour cet art. Nous sommes fières que cela nous permette de toucher un revenu. Cela nous permet d’être des femmes debout.» Et c’est justement ce que prône Esafodaz qui met tout en œuvre pour mettre en lumière les produits de ces artisans afin de leur donner le coup de pouce dont ils ont besoin.

 


 

Où les trouver ?

 

Vous souhaitez acheter 100 % local ? Pour trouver les produits ou les artisans mis en avant par Esafodaz, deux plateformes digitales : Facebook et Instagram. Sinon, il y a aussi plusieurs boutiques dans lesquelles vous pouvez vous rendre, notamment B.You à Rose-Hill, S’mall and Chic à Curepipe, le Café Hungry Birds à Rose-Belle et le Café de la Presse à Port-Louis.

 

Vous pouvez retrouver les bijoux 100 % mauriciens et faits à la main chez My Pop-Up Store Mauritius jusqu’au 2 juin. Esafodaz et ses artisans sont aussi régulièrement présents dans les marchés à travers l’île. Ils seront notamment présents du 25 au 27 mai au Caudan, de 9 à 17 heures, pour présenter leurs nouvelles collections à l’occasion de la fête des Mères. Ils participeront aussi à l’Ascencia Green Market du 8 au 10 juin, à Bagatelle.