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AfrAsia School : Prendre un enfant par la main

Bérengère Series et son équipe mettent tout en œuvre pour off rir bien-être et accompagnement adéquat aux enfants.

Pour sortir de la pauvreté, il n’y a qu’un chemin : l’éducation. L’AfrAsia Foundation et l’association Ti Rayons Soleil en sont convaincues. C’est pour cela qu’elles ont monté ensemble une école, au cœur de Curepipe, qui accueille les enfants issus de milieux précaires pour leur off rir un bon démarrage dans la vie.

Un mur imposant, un grand portail et un écriteau qui annonce l’AfrAsia School. Difcile de deviner au premier regard ce qui se trouve à l’intérieur. Mais, une fois les portes ouvertes, un autre univers se laisse découvrir. Au détour d’un joli jardin se trouve une ancienne maison devenue, depuis quelques mois, une école toute neuve et moderne. Celle-ci, appelée l’AfrAsia School, accueille, depuis le 8 janvier, plusieurs enfants âgés de 3 à 5 ans et issus de familles vivant dans des situations précaires, dans la région de Curepipe.

 

Ici, tout a été pensé dans les moindres détails pour que l’enfant se sente bien et en sécurité. Le décor est coloré, tout en étant épuré, et chacune des trois salles de classe dans lesquelles sont répartis 30 élèves, en fonction de leur âge, affi che une couleur. À leurs côtés, une équipe d’encadrantes de Ti Rayons Soleil, qui veille au grain à leur bien-être et à leur développement. Faire que ces petits, qui vivent dans des conditions diffi ciles à la maison, puissent avoir accès à l’éducation, bénéfi cier des mêmes chances que les autres, se développer et s’épanouir, voilà les objectifs principaux de cette école.

 

Voilà deux ans que l’AfrAsia Foundation planche sur ce projet, explique Luvna Arnassalon-Seerungen, Head of Corporate Sustainability & CSR de l’AfrAsia Bank. «Nous voulions apporter une aide à long terme, un projet de développement durable. Nous avons trois pôles d’action : la santé, l’environnement et l’éducation. Notre idée, avec cette école, est de complètement prendre ces enfants en charge pour qu’on puisse, grâce à l’éducation, leur offrir une meilleure intégration et ainsi les sortir de ce cercle de pauvreté», poursuit Luvna Arnassalon-Seerungen.

 

Après avoir travaillé pendant plusieurs années avec de nombreuses associations dans le cadre de leur programme CSR, ils ont voulu, cette fois, aller encore plus loin dans leur engagement social. Ainsi, c’est en partenariat avec l’ONG Ti Rayons Soleil, association avec qui la fondation travaillait déjà dans le passé, qu’ils ont décidé de mettre sur pied cette école destinée aux enfants issus de milieux vulnérables. L’association a, pour sa part, présenté un projet au Lifelong Education Programme et obtenu un budget de Rs 4 millions du Decentralised Cooperation Programme (DCP) qui a servi à mettre sur pied le programme pour les parents et l’After School.

 

Tout a été pensé et calculé dans les moindres détails. Du mobilier coloré, des jeux, des couleurs partout et même des mini-toilettes. Outre les uniformes et les repas chauds offerts et préparés avec amour par Nirmala et Karine, les petits bénéfi cient du transport le matin et l’après-midi et d’un After School jusqu’à 16 heures. Le but, explique Bérengère Series, de Ti Rayons Soleil et responsable de l’école, est de permettre aux parents de travailler sans avoir à se faire du souci pour la garde de leur/s enfant/s. Évidemment, pour déterminer si une famille répond aux critères de sélection (un maximum de Rs 10 000 de revenus  par famille), des travailleurs sociaux travaillent sur le terrain pour déterminer les besoins. «Aujourd’hui, il y a des enfants qui ne vont pas à la maternelle et qui entrent directement à l’école primaire sans aucune fondation, aucune base. Ce qui fait que l’apprentissage de la langue est beaucoup plus diffi cile. Beaucoup d’enfants ne savent ni lire ni écrire et c’est là notre combat», souligne Bérengère Series.

 

Un apprentissage fun

 

Faire que l’apprentissage devienne quelque chose de fun, c’est la méthode qu’utilisent cette dernière et son équipe pour intéresser et motiver les enfants. «La plupart du temps, ces enfants ne sont pas scolarisés, ne sont pas socialisés, ne sont pas disciplinés. Ils sont sans développement psychomoteur. Lorsqu’ils arrivent directement en ‘‘first’’, ils sont souvent effrayés et perdus. C’est tout ce qu’on veut éviter.» Ainsi, Bérengère Series prône la pédagogie différenciée, ce qui lui permet d’organiser la classe de manière à permettre à chaque élève d’apprendre dans les conditions qui lui conviennent le mieux. «Si vous l’aimez, que vous le mettez en sécurité et que vous lui faites confi ance, que vous prenez soin de lui, l’enfant n’aura pas peur. Il va s’ouvrir, s’épanouir et aura de lui-même envie d’apprendre.» D’ailleurs, il est prévu qu’après son passage à l’AfrAsia School, l’enfant bénéfi cie d’un soutien scolaire deux fois la semaine jusqu’à la fi n de sa scolarité primaire.

 

Outre son développement et son épanouissement à l’école, l’équipe suit de très près l’entourage et la situation familiale du bénéfi ciaire. Ainsi, souligne Luvna Arnassalon-Seerungen, des rencontres sont organisées avec les parents pour le suivi et les services d’un psychologue sont disponibles quand le besoin se fait sentir. Ce projet, poursuit-elle, est bien plus qu’une somme offerte en donation, il s’agit d’un projet de vie basé sur du concret. Un projet qui a été complété, intégré et adopté par les employés de l’AfrAsia Bank. Ainsi, après les pluies de ces derniers jours et les inondations que cela a causées, une collecte a été spontanément organisée au bureau pour venir en aide à ces familles.

 

Bientôt, ils espèrent pouvoir aménager encore deux classes afi n d’accueillir encore plus d’enfants et de mettre en place une aire de jeux dans le jardin. Quelques employés commenceront à animer des petits ateliers pour les enfants et des cours d’informatique et de fi nance, entre autres, pour les parents. Il y a aussi, poursuit-elle, le programme Sponsor a Child, mis en place pour que les clients de la banque puissent parrainer un enfant. «Au fi nal, c’est tout le business qui est intégré dans le projet social.» Selon Luvna Arnassalon-Seerungen, c’est ce qui fait que ça marche.