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Sortie de route mortelle pour Jeff Hollingsworth : Derniers adieux à un skipper très apprécié

Jeff Hollingsworth était un compagnon et un père exemplaire, confie Camille Sénèque.

Un compagnon, un père, un fils, un ami, un confident… Jeff Richardson Hollingsworth remplissait tous ces rôles. C’est la raison pour laquelle un grand vide s’est installé au sein de son entourage depuis le dimanche 26 août. Ce matin-là, cet habitant de Blue-Bay, originaire de Mahébourg, a trouvé la mort dans un accident de la route. Le 4x4 qu’il conduisait a fait une sortie de route et terminé sa course dans la mer, près de l’hôtel Preskil, dans sa localité. Et le SAMU n’a pu que constater son décès lorsque son corps a été extirpé de l’eau par les pompiers de Mahébourg.

 

Cela faisait environ huit ans que Jeff Hollingsworth, un ancien footballeur, partageait la vie de Camille Sénèque, avec qui il a eu une fille, Maya, bientôt âgée de 5 ans. Le couple, qui se connaissait déjà de vue depuis plusieurs années, avait fait plus amples connaissances lors d’un concert à Mahébourg. Bien que consciente qu’elle ne pourra plus serrer dans ses bras celui qui a partagé sa vie durant tant d’années, Camille Sénèque a les émotions comme engourdies depuis ce terrible drame. «Je sais, cependant, que je ressentirai les choses plus tard», dit-elle avec appréhension car le couple s’était habitué à une certaine routine.

 

D’ailleurs, la veille du drame, Camille Sénèque et son compagnon avaient passé la journée à s’adonner à l’un de leurs passe-temps favoris. Ils s’étaient rendus dans les champs de cannes de la localité avec leur fille, afin de promener leurs chiens. «C’était notre moment à nous. Nous le faisions régulièrement», raconte la jeune femme avec nostalgie.

 

La bonne humeur et la joie de vivre de Jeff Hollingworth étaient communicatives. «C’était un bon vivant. Il croquait la vie à pleines dents. Et c’est la raison pour laquelle il était apprécié de tous ceux qui avaient appris à le connaître», raconte Camille Sénèque. Le jour de ses obsèques, le lundi 27 août, d’innombrables personnes sont venues lui rendre un dernier hommage. «Je suis sûre qu’il ne se doutait pas qu’il était autant apprécié. Mais c’est sûrement parce qu’il avait toujours été fidèle à lui-même. Il avait la tchatche facile et pouvait avoir des conversations aussi légères que sérieuses. Ce n’était pas le genre de personne à se faire passer pour ce qu’il n’était pas.» Vu qu’il gagnait sa vie comme skipper, une partie de ses cendres a été symboliquement dispersée en mer et l’autre partie déposée, dans la tombe de sa belle-sœur (NdlR : Valérie Sénèque, la sœur de sa compagne, décédée d’un cancer il y a quatre ans), de qui il avait toujours été très proche.

 

Passionné de musique, Jeff Hollingsworth passait le plus clair de son temps libre à assister à des concerts. «Il voulait que nous fassions tout ensemble mais avait toujours respecté le fait que je sois une personne casanière. Donc, lorsqu’il sortait, j’en profitais pour me ressourcer. Nous étions complémentaires et nous nous sommes toujours entendus à ce niveau-là», regrette Camille Sénèque, consciente qu’il sera dur pour elle de trouver une autre personne qui la comprenne autant. Ne tarissant pas d’éloges au sujet de Jeff en tant que compagnon, elle fait aussi ressortir qu’il était un père exceptionnel, «comme je n’en n’ai jamais vu». Elle précise : «Il était toujours prêt à tout pour Maya et disait toujours que s’il devait faire confiance à une personne dans ce monde, ce serait sa fille. Ils étaient très complices et leur relation était fusionnelle.»

 

Depuis le décès du trentenaire, ses proches – sa mère, son frère et sa sœur, de qui il était très proches, ainsi que sa compagne – tentent tant bien que mal de reprendre le cours de leur vie. Et malgré son jeune âge, sa fille Maya fait également son deuil à sa façon. Jeff Hollingsworth s’en est malheureusement allé sans avoir pu réaliser ses rêves. Il espérait que sa compagnie, Bonobo Ltd, prendrait son envol pour qu’il soit à l’aise financièrement, voulait entreprendre un voyage culturel pour venir en aide aux personnes dans le besoin et rendre visite à des proches de sa famille en France. Mais aussi et surtout, voir grandir sa fille chérie, à qui il souhaitait donner la meilleure éducation possible.