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Son épouse meurt tragiquement après une césarienne : Rajeev Megha envisage des poursuites contre l’État

Après la mort de sa femme, le père de famille montre du doigt le personnel soignant de l’hôpital de Rose-Belle.

Il ne veut qu’une chose : que le service hospitalier lui rende des comptes après le décès tragique de sa femme deux jours après qu’elle a subi une césarienne pour mettre au monde leur second enfant.

La mise sur pied d’une enquête interne n’a pas calmé sa colère. Pire, son audition devant cette instance lui est restée en travers de la gorge. «Zot inn rod tourn mwa an bourik ek enn ta kestion», s’indigne Rajeev Megha. Cet homme de 29 ans a perdu son épouse tragiquement, le vendredi 25 août. La jeune femme de 26 ans a rendu l’âme deux jours après avoir subi une césarienne à l’hôpital de Rose-Belle, pour mettre au monde son second enfant. Le rapport d’autopsie indique qu’elle a succombé à un choc hypovolémique (une diminution brutale du volume sanguin pouvant être causée par une hémorragie, par exemple). Ce qui aurait été causé par une artère sectionnée dans l’utérus durant la césarienne. Depuis, Rajeev crie à la négligence médicale. 

 

Dans sa quête de justice, il a retenu les services de l’avocat Rouben Mooroongapillay. Ce dernier souligne que le père de famille n’écarte pas la possibilité de poursuites contre l’État. Il précise également que son client donnera un «further statement» à la police cette semaine et émet le souhait qu’il n’y ait pas de «cover-up» dans cette affaire. Il invite par ailleurs ceux qui auraient vu des choses anormales à l’hôpital le soir de l’accouchement à prendre contact avec lui. Leur anonymat sera préservé. 

 

L’administration de cet établissement hospitalier s’abstient toujours de commentaire. Toutefois, le comité d’enquête interne institué à la demande du ministère de la Santé après les allégations d’une négligence médicale s’est réuni pour la première fois, le vendredi 8 septembre, sous la présidence du Dr Nawoor, directeur de l’hôpital Jeetoo. Le Dr Hulloowan de l’hôpital de Flacq, le Dr Ramputty de l’hôpital Jeetoo, le Dr Tg Wing Yen de l’hôpital Victoria, le Dr Sibartie de l’hôpital Jeetoo et le Permanent Assistant Secretary du ministère de la Santé, M. Nabee, étaient également présents. 

 

Le veuf a été l’une des premières personnes à s’expliquer. Cet habitant de Rivière-des-Anguilles s’est présenté en compagnie de son avocat. Le Dr Ramdoyal, qui a pratiqué la césarienne, a également été appelé à s’expliquer, de même que le Dr Maudhoo qui est lui aussi montré du doigt dans cette affaire. Ce dernier avait déjà été reconnu coupable dans le passé dans un premier cas de négligence médicale. Il avait été démis de ses fonctions mais vient de réintégrer son poste. 

 

Lors de son audition, Rajeev Megha est revenu sur la naissance de son second fils et les circonstances entourant le décès tragique de son épouse. Il martèle qu’il y a trop de zones d’ombre autour et maintient qu’il y a eu négligence. Il s’est appuyé sur le fait qu’une injection à base d’antibiotiques a été administrée à son épouse alors qu’elle est allergique à cela et que son dossier médical en fait mention. Selon lui, il y a aussi des incohérences sur l’heure du décès. On lui a dit que son épouse est morte à 5 heures. 

 

Rajeev explique que, quand il est arrivé à l’hôpital à 6 heures, le corps de sa femme était déjà complètement froid. En plus, fustige-t-il, elle était nue sous une couverture. L’homme, révolté, avance également que son épouse serait tombée du lit après l’injection d’antibiotiques. Elle s’est ainsi fracturé deux côtes, dit-il. 

 

Anushia Megha, qui en était à son huitième mois de grossesse, était admise à l’hôpital depuis le 16 août car elle souffrait de diabète gestationnel. Problème qu’elle n’avait pas rencontré quand elle était enceinte de son aîné qui a maintenant 4 ans. Le 23 août, les médecins ont décidé de la faire accoucher par césarienne car elle saignait et avait des douleurs au ventre. Hélas, deux jours plus tard, elle a rendu l’âme, laissant derrière elle un époux éploré et deux petits enfants qui grandiront sans l’amour maternel.