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Sabrina et Arnaud Vitry : «Notre premier Noël avec nos triplées»

Le couple peut compter sur les grand-mères – ici Jacqueline, la maman d’Arnaud – pour s’occuper des enfants.

Un bonheur multiplié par trois. Sabrina et Arnaud Vitry ont accueilli, il y a quelques mois, Léanne, Louise et Linsay, leurs triplées. Cette année sera leur premier Noël avec Thibault, leur fils aîné, et leurs trois petites merveilles. Le moment promet d’être fort en émotion.

19 heures à Mahébourg. Après une longue journée de travail, Sabrina Vitry rentre enfin à la maison. Thibault, 4 ans, se jette dans ses bras et elle l’embrasse affectueusement. Elle pose vite fait son sac et se dirige ensuite tout droit vers le parc qui se trouve dans le salon. Et là, trois petites têtes quasiment identiques se dressent. Il y a Léanne, Louise et Linsay, trois magnifiques bébés qui ont fêté leurs 9 mois le 22 décembre dernier. Visiblement contentes de voir leur maman, elles sourient et commencent à gazouiller. «Bonsoir, mes amours. Ça va ? Oui, c’est maman», lance Sabrina qui se met à leur faire des mamours.

 

Arnaud, son époux, n’est jamais très loin. Avec la maman de celui-ci, qui vit en ce moment avec eux pour leur donner un coup de main, il s’est occupé de donner le repas aux filles et à Thibault. Depuis la naissance des triplées le 22 mars dernier, pour Arnaud et Sabrina, tous deux 33 ans, tout est une question d’organisation. Lorsqu’il s’agit de donner le biberon, de changer, d’aider à faire le rot à trois bébés en même temps, la planification est essentielle. «Seuls, on ne pourrait pas s’en sortir. Heureusement, on peut compter sur nos mamans respectives qui viennent à tour de rôle habiter avec nous pour nous aider», avoue Arnaud.

 

Dans le salon des Vitry, le sapin scintille. Cette année, pour eux, les fêtes ont une signification particulière. «Ce sera notre premier Noël avec nos triplées. C’est spécial», confie Sabrina, employée à la MCB. Avec Arnaud, prof  d’éducation physique au collège St Mary’s, ils ont prévu de réveillonner tous ensemble à la maison et de se rendre, le lendemain, à une grande fête familiale. Si le couple a prévu de gâter le grand frère, il préfère investir dans des choses plus pratiques pour les filles qui grandissent rapidement 

 

Trois petits cœurs

 

Avec Léanne, Louise et Linsay, la vie d’Arnaud et de Sabrina a changé du tout au tout. De trois, leur famille est passée à six. «Si on m’avait dit, il y a quelques années, que ma vie prendrait cette tournure, je n’y aurais pas cru. Jamais je n’aurais pu prévoir quelque chose comme ça», confie la maman. Les Vitry sont mariés depuis plus de quatre ans, parents du petit Thibault et en plein projet de construction lorsqu’ils apprennent que Sabrina est enceinte. «Nous étions aussi, chacun, en train de compléter nos études à l’université.» À cinq mois, lors d’une échographie, le médecin découvre que deux petits cœurs battent dans le ventre de Sabrina. Après tout, l’arrière-grand-mère de Sabrina et la mère d’Arnaud avaient toutes deux leur jumelle.

 

Pour confirmer la présence de jumeaux, le couple opte pour une radiographie. Et là, la surprise est immense. «Le médecin nous annonce qu’il n’y a pas deux mais trois bébés et on voit clairement à l’écran trois petites colonnes vertébrales. Nous étions choqués. Sabrina s’est mise à pleurer et moi, tout ce que j’ai pu dire, c’est “ou pe badine la dokter ?”»

 

Pour eux, les sentiments se bousculent. Il y a d’abord le choc, puis la joie, ensuite la panique car malgré le bonheur qu’ils ressentent, l’inquiétude et les interrogations surgissent. «On avait peur et on se posait de nombreuses questions. Comment allait-on faire avec trois bébés ? La grossesse allait-elle bien se passer, sachant qu’une grossesse multiple est à risque ?» Pendant toute la grossesse, Arnaud ainsi que les proches et les amis sont aux petits soins avec Sabrina. Sa belle-mère, Jacqueline s’en souvient encore. «Comme elle est de petite taille, son ventre, qui était très gros, était assez impressionnant. Les gens posaient toujours des questions en la voyant.»

 

Merveilleux cadeaux

 

Puis, dans la nuit du 21 mars, à un peu plus de sept mois de grossesse, tout s’accélère. Sabrina ressent des maux au ventre. Il est minuit lorsque son mari et elle quittent Mahébourg pour se diriger vers la clinique. Le lendemain matin, la nouvelle est confirmée. Sabrina va accoucher. Une césarienne est prévue. Léanne arrive à 14 heures, Louise à 14h01 et Linsay à 14h02. Les deux premières pèsent 1,7 kilo et la dernière 1,3 kg. Pour Sabrina et Arnaud, c’est le deuxième plus beau jour de leur vie. Le papa n’en revient pas. «Elles sont nées le jour de mon anniversaire. C’était le plus merveilleux cadeau que la vie pouvait me faire.»

 

Cependant, après l’euphorie surgissent le stress et la peur. Nées prématurément, les triplées sont placées dans l’incubateur pendant trois semaines et restent une semaine de plus à la clinique sous surveillance. Mais très vite, les petites prennent des forces. Depuis, à la maison la vie s’organise autrement. Les premiers mois sont éprouvants. Il faut apprendre à s’occuper de trois bébés en même temps, tout en faisant attention à Thibault pour qu’il ne se sente pas mis de côté. Heureusement, les grands-mères viennent prêter main-forte.

 

«Depuis leur arrivée, nous sommes rarement seuls. Avec trois bébés, nous devons mobiliser trois personnes», explique Sabrina. Au fil des mois, cependant, chacun a su prendre ses marques et trouver son propre rythme. Il faut dire qu’un planning est indispensable. Pour les biberons et les réveils au milieu de la nuit, le couple se relaie. Et même si les nuits sont courtes et que la fatigue s’accumule, Arnaud et Sabrina sont heureux et fiers d’être les parents de Thibault, Léanne, Louise et Linsay. «Même quand on n’a pas fermé l’œil de la nuit, le lendemain on ne peut qu’avoir le sourire en les regardant.»

 

Tout planifier

 

À neuf mois, même si elles sont identiques physiquement – elles ont tout de leur papa –, elles ont chacune leur petit caractère. Linsay est la plus autoritaire, Léanne la plus calme et Louise la plus tranquille. «Elles aiment beaucoup manger. Quand on les entend pleurer, c’est qu’elles ont faim», lance la grand-mère. Mais, il n’y a pas que la nourriture qui les plaît. Les filles ne résistent pas à la chanson Les belles menottes. À chaque fois qu’on la leur chante, elles ouvrent grands les yeux et sourient. Si Thibault n’arrive pas encore à les différencier, les parents doivent aussi faire face quelquefois à des petits moments de doute. Dans ces moments-là, ils se fient à un petit truc pour les reconnaître. «Léanne a un petit angiome,  Louise a un signe et Linsay a une petite cicatrice sur le nez.»

 

Par contre, les sorties en famille sont rares pour le moment. Mais pas impossible, précise Arnaud. À condition que les détails soient verrouillés au millimètre près. «Il faut toujours tout organiser, tout planifier, tout prévoir à l’avance. Nous avons fait quelques sorties seuls avec les enfants, mais on ne va jamais très loin», dit-il. Et à chaque fois qu’elle est de sortie, la famille ne passe pas  inaperçue. «Les gens nous arrêtent pour regarder les bébés et nous demander si elles sont bien des triplées. C’est assez amusant.»

 

Financièrement, disent-ils, le budget a évidemment dû être repensé. Qui dit triplées dit forcément dépenses multipliées par trois. Avec leurs salaires, les Vitry ne sont pas éligibles à l’aide offerte par l’État en cas de naissances multiples. Heureusement, ils peuvent compter sur le soutien des proches. «Par mois, elles utilisent en moyenne 600 couches et six grosses boîtes de lait sans compter tout ce dont elles ont besoin», souligne Arnaud. Sabrina et lui savent bien qu’il faudra s’accrocher. En grandissant, les dépenses vont aussi grimper mais ils ont décidé que, pour l’heure, ils allaient vivre le bonheur présent et ne pas trop penser à l’avenir. Sabrina, elle, n’a qu’un souhait. «J’aimerais arrêter de travailler pour être avec elles. Comme je sors tôt et que je rentre tard, je rate beaucoup de choses. J’aimerais passer plus de temps avec mes enfants et les voir grandir.» C’est, dit-elle, son vœu le plus cher.