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Quinquennat et septennat : une formule qui divise

Georges Ah Yan, travailleur social, et Lindsey Collen, de Lalit

L’on en sait un peu plus sur l’alliance PTr-MMM. Et le détail qui intrigue, c’est le mandat de cinq ans du Premier ministre et celui de sept ans du président sous la IIe République. Georges Ah Yan, travailleur social, et Lindsey Collen, de Lalit, nous donnent leur avis sur le sujet.

Que pensez-vous des mandats du Parlement (cinq ans) et de la présidence (sept ans) sous la IIe République ?

Georges Ah Yan : Je n’ai pas de problème avec le mandat de cinq ans du Premier ministre, comme le stipule la Constitution. En revanche, accorder un mandat de sept ans au président est aberrant, car il y aura moins de démocratie. Je ne suis pas d’accord avec ce mandat, mais je suis pour une IIe République. Le peuple a son mot à dire. Je suis pour un référendum sur le sujet.

Lindsey Collen : Ce partage de pouvoir est une recette à problèmes. Tout d’abord parce qu’il y aura une certaine instabilité ; premièrement entre les deux partis, puis entre les dirigeants à la tête du pays. Ils sont déjà comme chat et chien à l’intérieur de cette alliance. Cette formule n’a pas été faite pour l’unité nationale, mais dans l’intérêt communal.

Pensez-vous que cette nouvelle formule va fonctionner ?

Georges Ah Yan : Non. Qu’adviendra-t-il si l’on se retrouve dans une situation avec Jugnauth comme président et Ramgoolam comme Premier ministre. Est-ce que cette cohabitation va marcher ? Tout laisse croire que ce ne sera pas le cas.

Lindsey Collen : Est-ce que Ramgoolam et Bérenger ont déjà remporté les élections avec une majorité de trois quarts ? Ils n’ont pas encore remporté les élections. Comment peuvent-ils parler de la sorte ? Que se passera-t-il si le Premier ministre et le président ne sont pas de la même alliance ? Il y aura certainement beaucoup de problèmes à ce sujet.

Selon vous, quelle formule serait la mieux appropriée pour notre pays ?

Georges Ah Yan : Je suis pour un Premier ministre à l’anglaise et un président à l’indienne. C’est définitivement la meilleure formule pour éviter d’avoir deux capitaines à bord du même bateau. Le système actuel fonctionne très bien. Je ne vois pas pourquoi on devrait changer. Je ne suis pas d’accord avec le fait que Ramgoolam et Bérenger prennent des décisions pour toute l’île au sujet de la Ile République.

Lindsey Collen : La meilleure formule, sans faire de révolution, serait de diminuer le nombre de ministres et d’augmenter le nombre de députés qui représentent le peuple. En Inde et en Angleterre, par exemple, il y a plus de 600 députés avec une moyenne de 25 à 35 ministres. À Maurice, nous avons 25 ministres, des Private Parliamentary Secretaries (PPS) et deux whips sur 70 députés. Cette proportion est trop élevée.

Nous proposons quatre députés par circonscription, pour une plus grande marche de manœuvre, avec un député supplémentaire pour Rodrigues et un autre pour les Chagos. Nous proposons 104 députés, dont 20 autres sur la liste proportionnelle des partis en provenance des circonscriptions. Le cabinet devrait être constitué de 14 à 15 ministres uniquement, et les PPS devraient s’occuper de quatre circonscriptions.