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Projet hôtelier à Pomponette : Le cri du coeur revolté d’Aret Kokin Nou Laplaz

Les membres de l’association se battent pour la préservation de cette belle plage du Sud.

Non à la «déproclamation» de la plage publique de Pomponette. C’est le cri du cœur des membres de ce mouvement qui invitent le public à venir les rejoindre pour une nouvelle mobilisation.

Brise légère, soleil couchant, clapotis des vagues... Tous les éléments sont réunis pour un après-midi au calme sur la plage de Pomponette. À quelques détails près.

 

Cela fait une semaine qu’une équipe du groupe Pelangi Resorts Holding a commencé à arpenter la plage en vue des travaux de construction du projet hôtelier Sheraton Mauritius St Felix. D’où la nouvelle mobilisation des membres du collectif Aret Kokin Nou Laplaz (AKNL) pour y mettre un frein. Celui-ci invite le public à le rejoindre ce dimanche 12 novembre à midi sur la plage publique de Pomponette afin de dire «non» à la monopolisation de nos plages.

 

Le collectif se bat depuis plus d’un an contre la «déproclamation» de la plage publique de Pomponette. «C’est inadmissible de vendre nos côtes et nos plages. C’est comme détruire notre identité et nous enlever notre héritage», s’insurge Oormila Sahodree. Vela Gounden abonde dans le même sens : «Nous sommes des victimes du système. Il est temps de changer la donne.»

 

Avec la construction du Sheraton Mauritius St Felix, la plage de Pomponette est appelée à devenir une plage privée. Ce à quoi s’opposent les membres du collectif AKNL. C’est pourquoi ils ont logé un contre-affidavit en Cour – leur prochaine comparution est prévue pour le 23 novembre. «Accaparer une plage publique pour construire un énième établissement hôtelier, c’est trop. La côte du Nord est saturée et cette fois on prend d’assaut les côtes du Sud ! C’est tout à fait normal que nous nous y opposions», lance Vela Gounden. 

 

Le mouvement a ainsi commencé un beach stand afin de sensibiliser le public à l’importance d’unir ses forces pour lutter contre la «déproclamation» des plages publiques. Il y a aussi eu une beach reconnexion dont le concept est d’inviter le public à venir pique-niquer et profiter d’une série d’activités sur la plage. «Ces deux plans d’action ont été un véritable succès. Lors des pique-niques, nous avons eu plus de 300 personnes et nous sommes fin prêts pour entamer la dernière étape qui est la beach liberation. Ce sera l’occasion de mobiliser le plus grand nombre afin de se battre pour récupérer nos plages. Car nous ne pouvons plus accepter que notre patrimoine soit bradé», explique Anshika Sawaram, membre du collectif. 

 

Cependant, c’est un tout autre son de cloche du côté de Pelangi Resorts Holding. Selon Miranda Hartzenberg, directrice générale du groupe, l’aboutissement de ce projet permettra non seulement la création de quelque 2 000 postes directs et indirects mais sera aussi bénéfique au développement des régions avoisinantes et de leurs infrastructures. «À travers ces développements, Sheraton Mauritius St Felixentend établir de nouvelles normes de coopération et de partenariat avec les habitants pour viser un développement durable sur le long terme. Nous croyons fermement que le succès de ce projet reposera sur un partenariat et un dialogue avec toutes les parties prenantes de la région», souligne Miranda Hartzenberg. Il s’agit du premier hôtel vert de l’île, ajoute-t-elle, et il respectera la faune et la flore autour de l’établissement hôtelier.

 

Malgré les promesses d’amélioration du quotidien des habitants de la région et des alentours, le collectif AKNL persiste et signe : «Nous ne nous laisserons pas embobiner par des promesses mensongères. Nous nous mobiliserons pour faire entendre nos voix car nous ne pouvons plus subir», explique Vela Gounden. «Nous ne baisserons pas les bras tant que nous n’aurons pas eu gain de cause. Notre collectif est plus que motivé et nous avons déjà un plan d’action qui tient et qui a commencé à faire ses preuves», lance, pour sa part, Anshika Sawaram. 

 

Un plan d’action pour que le public puisse passer un après-midi au calme sur la plage de Pomponette, face au soleil couchant et au son des clapotis des vagues... 

 


 

Arrêt des travaux sur la plage de Gris-Gris

 

À peine entamés, les travaux ont été stoppés. Le mercredi 8 novembre, les habitants de Gris-Gris se sont réveillés au son d’une pelleteuse. «Cela a été un choc de découvrir la pelleteuse en train de procéder au défrichage des plantes sur la plage», s’insurgent certains d’entre eux. Alors, tous se sont mobilisés sur les lieux le même jour pour stopper les travaux qui étaient à peine entamés. Après quoi, ils ont été informés que le projet a été arrêté en attendant la visite du ministre de l’Environnement à Gris-Gris, ce dimanche 12 novembre, pour un état des lieux. 

 

Nous avons contacté le ministre Étienne Sinatambou à cet effet. Cependant, il n’a pas été en mesure de nous confirmer sa présence aujourd’hui.