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Oozeerally Massood meurt dans l’accident de Baie-du-Tombeau | Son épouse : «Nous étions sur le point d’adopter»

Husna avec sa mère et sa sœur, après le drame.

Alors même qu’ils voyaient leurs vœux les plus chers en voie de réalisation et leur futur rempli d’amour et de joie, leur existence a pris une tournure des plus tragiques. Husna Banon-Massood a perdu son époux Mohammad Oozeerally dans le tragique accident de Baie-du-Tombeau où une voiture a heurté deux autres personnes avant de percuter mortellement le quinquagénaire. Le conducteur plaide la panique (voir hors-texte). La veuve, elle, nous fait part de son immense détresse…

Avoir un enfant, c’était leur plus grand rêve. Husna Banon-Massood, 47 ans, et son époux Mohammad Oozeerally Massood, 50 ans, n’ont jamais pu avoir d’enfant et s’étaient finalement résolus à adopter. Ils avaient entamé des démarches en vue d’accueillir un enfant au sein de leur foyer. Et après 28 ans de vie commune, ils s’apprêtaient à devenir parents bientôt. Un bonheur incroyable qu’ils attendaient de vivre avec impatience. Mais alors que les choses, de ce côté-là, se concrétisaient, le malheur est venu frapper à leur porte. L’époux a été percuté mortellement, le vendredi 3 août, à Baie-du-Tombeau, par une voiture qui avait déjà percuté deux autres personnes juste avant dans sa course folle, les blessant grièvement.

 

Depuis le drame qui a subitement emporté son mari, Husna est sous le choc, complètement désemparée par cette épreuve qui lui semble trop grande à surmonter. Elle a perdu l’amour de sa vie en une fraction de seconde et depuis, les larmes ont remplacé tout ce qu’il y avait de beau, de bon, dans sa vie.  Submergée par un tourbillon d’émotions, les mots lui manquent pour décrire sa souffrance palpable, tout comme la révolte et le chagrin qui se mêlent à l’impuissance qu’elle ressent. Elle ne voit plus de raison de vivre depuis qu’elle sait que son mari a été emporté dans ce terrible accident. Avec la mort d’Oozeerally, dit-elle, tous leurs rêves se sont envolés.

 

Et des rêves, les Massood en avaient. Après plus de 20 ans passés en Italie, ils ont décidé de rentrer dans leur île natale il y a cinq ans afin d’être plus proches de leurs parents mais aussi de pouvoir concrétiser leur vœu le plus cher : celui d’adopter un enfant à chérir et former une famille où l’amour serait le pilier. Et cette année 2018 s’annonçait remplie de belles choses pour Husna et son époux, que son entourage surnommait affectueusement Mammad.

 

Depuis le début de l’année, l’homme avait entrepris la construction de leur maison à Pailles et devait la compléter bientôt. «Après des années de sacrifices à travailler, nous voulions simplement profiter des bons moments ensemble et avec notre famille. C’est pour cela que Mammad a voulu qu’on construise notre maison à Pailles, pour être plus près de nos proches. C’est un château qu’il a sorti de terre et tout allait bon train», confie Husna Banon-Massood, les yeux reflétant tout le chagrin du monde. Comme une bonne chose n’arrive jamais seule, son époux a reçu une invitation pour aller faire le hadj à La Mecque – le couple devait s’y rendre le jeudi 9 août et attendait ce voyage avec impatience. «C’était extraordinaire de pouvoir faire ce pèlerinage, c’était comme un appel de Dieu», explique Husna. Les bénédictions semblaient affluer pour son époux et elle car leur plus grand rêve, celui d’avoir un enfant, s’apprêtait aussi à devenir réalité.

 

«Cela fait déjà trois ans que nous avions entamé des démarches auprès des autorités concernées pour pouvoir adopter un enfant. Chaque jour, c’était une attente et au fond de nous, nous ne cessions de rêver de ce moment où nous aurions enfin un enfant à nous. Cette année, les choses devaient se concrétiser car nous avions commencé les réunions qui précèdent l’adoption. Pour nous, c’étaient des signes que nous aurions bientôt un enfant car l’attente est vraiment longue à Maurice. Mammad et moi étions persuadés que la bonne nouvelle allait arriver sous peu et je suis sûre qu’il aurait était un père exemplaire. Car même si nous n’avions pas d’enfant, il chérissait tous nos neveux et nièces», nous confie Husna, en larmes.

 

«Mon monde s’est écroulé»

 

Husna Banon-Massood n’arrive pas à croire que son mari n’est plus de ce monde et que tous leurs projets sont tombés à l’eau. «Nous nous serions envolés pour La Mecque ce jeudi et après notre retour, nous aurions certainement eu une bonne nouvelle pour l’adoption et nous envisagions même de réunir la famille pour un grand repas. Vous pouvez donc imaginer la souffrance qui m’habite. Mon monde s’est écroulé et je me retrouve seule. Si j’avais un enfant, ç’aurait été différent», explique la veuve, la voix cassée par le chagrin.

 

Le vendredi 3 août fatidique, Oozeerally Massood a quitté son domicile à Baie-du-Tombeau à moto pour se rendre chez son père à Pailles. Toutefois, il a eu une panne à hauteur de Tombeau Bay Embroidery Ltd et attendait devant que son épouse vienne le récupérer. Il est alors aux alentours de 7h50. Au même moment, Ougeshsing Mundloth, 37 ans, un habitant de Bois-Chéri, est au volant de sa voiture sur la route principale de Baie-du-Tombeau, en direction de Port-Louis, quand il percute Surekha Persand, 61 ans, la blessant grièvement (voir plus loin). En essayant de prendre la fuite, il percute aussi le Bangladais Mohammed Resheel Yendew, 25 ans, le blessant également grièvement, puis continue sa course folle jusqu’à percuter mortellement Oozeerally Massood, qu’il entraîne sur plusieurs mètres, avant de s’enfoncer dans un rideau de fer.

 

La scène d’horreur sur les lieux du drame ne cesse de hanter la veuve du quinquagénaire. «Il m’avait appelée quelques minutes plus tôt pour me demander de venir l’aider car il avait eu une panne avec sa moto. Le taxi que j’avais pris m’a laissée juste devant la voiture accidentée et j’ai senti la terre s’ouvrir sous mes pieds quand j’ai vu mon mari sous les roues. Je me suis affalée sur le sol, je voulais seulement qu’on le sauve mais les policiers m’ont parlée de manière brutale et l’ambulance n’est jamais arrivée pour l’emmener à l’hôpital. Ce sont les policiers eux-mêmes qui l’ont transporté finalement», pleure-t-elle dans les bras de sa mère.

 

Chez la famille d’Oozeerally Massood, à Pailles, c’est aussi la consternation et le chagrin. Lorsque nous arrivons là-bas, les larmes et les cris se font entendre. La mère de la victime, Bibi Afroz Massood, ne cesse de pleurer son fils unique. Et sa fille Waheeda, tout aussi affligée, ne cesse de tarir d’éloges sur son frère. «C’était un frère, un fils, un oncle et un mari aimant. Il était très complice avec ma belle-sœur et un enfant serait venu compléter leur bonheur. Il était aussi très soucieux de ses proches et avait tant d’amour à donner. Je n’arrive toujours pas à réaliser qu’il a été arraché à la vie de cette manière. Il ne méritait pas une si triste fin. Ce chauffard mérite une lourde punition, car il a plongé notre famille dans une profonde tristesse.» Mohamad Oozeerally Massood laisse derrière lui une famille éplorée par sa disparition tragique et qui réclame que justice soit faite.

 


 

Le conducteur Ougeshsing Mundloth plaide la panique

 

 

Au volant de la Volkswagen Golf, il a fait un mort et deux blessés, le vendredi 3 août à Baie-du-Tombeau. Et Ougeshsing Mundloth, 37 ans, n’en est pas à son premier accident. Il y a un mois, il a été impliqué dans un accident de la route n’ayant pas fait de blessé grave dans sa localité et avait été testé positif à l’alcootest. Et même si après l’accident de vendredi, son alcootest s’est révélé négatif, le trentenaire a été soumis à des prélèvements sanguins pour savoir s’il n’était pas sous l’influence d’une substance illicite au moment des faits. Pour expliquer son comportement en ce matin du 3 août, Ougeshsing Mundloth aurait confié aux enquêteurs avoir été pris de panique après avoir heurté la piétonne Surekha Persand. Ce serait la raison pour laquelle il a percuté le Bangladais Mohammed Resheek Yebdew, 25 ans, un peu plus loin avant de continuer sa route pour aller tuer Mohammad Oozeerally Massood. Il a simplement expliqué qu’il se rendait à Port-Louis après un détour sur la plage de Baie-du-Tombeau, car il avait la «tête fatiguée», et roulait à moins de 80 km/h. Il a dû être évacué rapidement du lieu de l’accident au risque de se faire lyncher par les badauds.

 

Dans le petit village de Bois-Chéri, à Auchkla Lane, les voisins ne connaissent pas grand-chose d’Ougeshsing Mundloth. Sa maison, imposante et sécurisée par un mur d’enceinte et entourée de caméras, ne donne pas envie d’y pénétrer sans y être invité. Quelques mètres plus loin, la maison de ses parents, une bicoque en tôle, donne l’impression d’être à l’abandon. Le voisinage décrit Ougeshsing Mundloth comme étant «sournois» et «peu bavard». On nous confie que le trentenaire est rentré à Maurice il y a environ deux ans après avoir vécu dix ans en Italie et travaillé sur des bateaux de croisière. Ce grand discret de Bois-Chéri est propulsé sous le feu des projecteurs suite au drame ayant coûté la vie à Oozeerally Massood.

 


 

Resheel Yendew ne retrouvera pas les siens de sitôt

 

Il est à Maurice depuis quatre ans pour travailler dans une usine textile et devait retrouver les siens au Bangladesh, le 17 août. Mais ce voyage ne sera sans doute pas possible car après l’accident du 3 août à Baie-du-Tombeau, Mohammed Reshel Yendew, 25 ans, est hospitalisé avec les pieds fracturés. Selon nos informations, sa famille ignore qu’il a été victime d’un accident.

 


 

Surekha Persand toujours dans un état critique

 

Chez la famille de Surekha Persand, 61 ans, c’est la révolte. Car cela fait plus de 12 ans qu’elle emprunte cette route à pied pour se rendre à son travail, chez Original Confection, mais que par la faute d’un chauffard, elle se retrouve aujourd’hui dans un état critique aux soins intensifs de l’hôpital SSRN. «Je suis triste de la voir dans cet état. Ma mère est une femme débrouillarde mais maintenant, elle se retrouve aux soins intensifs et a subi plusieurs interventions chirurgicales afin de stopper l’hémorragie interne faisant suite à la perforation de ses poumons», confie sa fille Bena, les larmes aux yeux.

 

Quant à Shaans, le petit-fils de Surekha, qu’il surnomme affectueusement Gros Mami depuis sa tendre enfance, il tremble encore quand il se remémore de ce vendredi fatidique. «J’ai reçu un appel pour me dire que ma grand-mère avait fait un accident. Je me suis précipité sur les lieux et j’ai été prise de faiblesse quand j’ai vu une personne sous la voiture mais on m’a indiqué que ma grand-mère était plus loin. J’ai accouru vers elle et ce que j’ai pu voir à ce moment-là est effroyable.»

 

Selon le petit-fils de Surekha, le chauffeur paraissait dans un état second et, selon ses souvenirs, c’est un individu qui fréquente régulièrement la localité. «Il n’avait pas l’air dans son état normal et ne semblait pas réaliser l’ampleur de la catastrophe qu’il venait de causer. C’est ce qui me révolte le plus car à cause de lui des familles sont plongées dans la tristesse et l’angoisse. Pour moi, il ne mérite pas d’être libérée sous caution», se révolte Shaans.

 

Le quotidien de la famille de Surekha est désormais rythmé par l’angoisse et l’attente mais elle espère du fond du cœur que la sexagénaire s’en sortira et que justice sera faite.