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Nomination polémique de Shamila Sonah-Ori : Un appel à la transparence

L’avouée a décidé de refuser les nominations.

Ce n’est pas la première fois que des appointments font jaser. Alors, direction la case réflexion avec des observateurs politiques…

Après le bel tapaz, un peu de calme ? Pas tout à fait, estiment des observateurs politiques. C’est le moment – l’opportunité même – de faire jouer le disque de la réflexion en profondeur, de s’arrêter, de réfléchir. D’éviter le blame game : cette «pratique» n’est pas uniquement celle du gouvernement en place. Et d’œuvrer pour plus de transparence. Pour qu’il n’y ait pas encore de dissonance. La polémique autour de la nomination de Shamila Sonah-Ori, perçue comme étant une proche de Pravind Jugnauth et de son épouse (elle est la cousine de Kobita Jugnauth), à l’Electoral Supervisory Commission et à l’Electoral Boundaries Commission (voir hors-texte), a remis au menu du jour la perception d’un festival de nominations pour les proches de ceux qui sont au pouvoir. Des postes à pourvoir pour les tikopin, tikopinn ? Dans le même registre, le recrutement du fils du ministre Ashit Gungah chez Mauritius Telecom a été diversement commenté. Si le père affirme qu’il n’est pas «intervenu dans ce processus de recrutement», reste que flotte dans l’air un parfum qui titille les esprits…

 

Faudrait-il que les proches des élus au pouvoir s’abstiennent d’accepter certaines nominations/de postuler dans des corps gouvernementaux et/ou paraétatiques ? Qu’ils suivent un code of conduct ? Absolument pas, estime Jocelyn Chan Low, historien et observateur politique. Ce serait prendre le problème du mauvais bout : «Un proche d’un politicien peut tout à fait avoir les qualifications nécessaires et requises. Il peut être le meilleur pour le job ou la fonction.» Au nom de la perception, il ne faudrait donc pas priver des candidats de choix et d’opportunités. Le Dr Rajah Madhewoo est également de cet avis : «Enn zanfan minis gagn drwa travay ! Mais il faut s’assurer ki li pa pas lor latet enn lot dimounn pli kalifie. Il faut des chances égales pour tous.» Ce qui n’est pas forcément le cas aujourd’hui, déplore-t-il. «On voit partout des gens qui sont à leur place grâce à un backing parce qu’ils sont proches de politiciens… Alors, c’est toujours the wrong person at the right place. Tout est politisé à outrance. On balance des postes pour remercier, on recrute pour fidéliser», confie le travailleur social aux nombreux combats.

 

Pour contribuer à changer les choses, un maître mot, revient comme un leitmotiv : la transparence. Un terme qui peut sembler abstrait mais qui peut, sans problème, trouver des réalisations dans la réalité de l’entretien d’embauche. D’abord, il serait intéressant de placer «des gens totalement apolitiques», explique l’historien. Pour l’indice de confiance, ce serait mieux. Ensuite, s’inspirer des modèles déjà existants : «Comme en Australie, par exemple, où les parlementaires de l’opposition et la société civile participent aussi à l’exercice de recrutement.» Il est question de fact sheet, «l’exercice peut se faire de manière très scientifique», de critères à remplir et de qualifications à avoir.

 

Pour l’historien, on ne peut pas savoir si la personne est «better qualified than anyone else» s’il n’y a pas de transparence : «Si tout est clair, pas de souci. On saura qu’il n’y a pas de piston ou de raisons cachées. Parce que la perception est une chose mais cela ne veut pas dire que c’est la réalité.» Des pratiques dans le passé ont nourri la suspicion. Et elles se poursuivent, maintient le Dr Rajah Madhewoo. Pour lui, chaque advertisement de poste ou de nomination devrait être publique : «Avec tous les critères demandés.» Comme cela, les gens qui se sentent lésés pourraient s’exprimer et maintenir la pression pour des recrutements et appointments dans le respect du droit de chacun. Pour que cela soit possible, il faudrait néanmoins mettre une structure en place : «Avec l’aide légale et l’assurance que les personnes qui osent voice out ne seront pas des black sheeps.»

 

Comme ça, les gens pourront faire inpe tapaz…

 

Une nomination polémique

 

Retour sur une semaine riche en rebondissements ! L’épilogue : Shamila Sonah-Ori, qui a été conseillère municipale de Quatre-Bornes sous la bannière du MSM, a décidé de refuser les nominations comme membre de l’Electoral Supervisory Commission et de l’Electoral Boundaries Commission. L’avouée a dit ne pas comprendre pourquoi sa nomination faisait l’objet d’une telle polémique.

 

Ces deux commissions sont essentielles, estime Jocelyn Chan Low : «Il s’agit d’instances-clés pour les élections. Et il est essentiel qu’elles véhiculent une perception d’indépendance auprès du public. Si les gens n’ont pas confiance, ils peuvent penser que le scrutin est truqué, par exemple.»

 

Mais avant ça : La nouvelle de la proposition de nomination à l’avouée a provoqué un tollé au sein de l’opposition. Le leader de l’opposition, Xavier-Luc sein de l’opposition. Le leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, a même menacé d’en faire une motion de blâme au Parlement. Son mouvement a été suivi par d’autres leaders politiques comme Paul Bérenger, Alan Ganoo ou encore Shakeel Mohamed (ces derniers ont été reçus par le président de la République, Barlen Vyapoory). Néanmoins, dans le courant de la semaine, Pravind Jugnauth s’est exprimé publiquement, affirmant qu’il n’y voyait rien d’illégal dans la nomination de Shamila Sonah-Ori.