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Mystère autour de la mort d’Allan Parsad : Ses proches : «Nous soupçonnons qu’il a été victime d’une agression»

Vanessa Potiron, la cousine d’Allan Parsad, espère que la police fera une enquête approfondie.

Qu’est-il arrivé au jeune homme de 28 ans ? S’en est-on pris à lui ? Ces questions, les Parsad se les posent sans cesse depuis qu’Allan Parsad a été retrouvé dans un état critique sur la route principale de Pointe-d’Esny, le dimanche 8 avril, avant de décéder en route vers l’hôpital. Si l’enquête policière s’oriente davantage vers la thèse de l’accident, avec délit de fuite, les proches de la victime soupçonnent qu’elle a été agressée par un membre de la famille. Pourquoi ? Ils s’expliquent…

Samedi 7 avril, 20 heures. L’ambiance est festive. La famille Parsad s’est réunie dans un campement à Blue-Bay dans le cadre de l’anniversaire surprise de Céline Parsad qui fête ses 18 ans. À ce moment-là, il est prévu que les célébrations se poursuivent jusqu’au lundi 9 avril. Mais une mauvaise nouvelle met fin aux festivités…

 

Aux petites heures, le dimanche 8 avril, Johnny, un membre de la famille, quitte le campement pour se rendre sur l’autoroute, en passant par la route principale de Pointe-d’Esny. Un véhicule doit l’y récupérer pour le conduire sur son lieu de travail,  au Morne. Mais en chemin, il tombe sur son cousin Allan. Ce dernier est au sol, porte de multiples blessures sur le corps et se vide petit à petit de son sang. À ce moment-là, il est conscient mais n’est pas en mesure de parler pour expliquer ce qui lui était arrivé.

 

Johnny alerte donc Cindelle, la sœur d’Allan, qui se trouve au campement. Cette dernière, paniquée, se rend au poste de police de la localité. De là, elle se dirige vers la route principale de Pointe-d’Esny, accompagnée des enquêteurs. Vu l’état de santé d’Allan, ces derniers le conduisent à l’hôpital de Mahébourg. Mais le jeune homme de 28 ans succombe à ses blessures en cours de route. L’autopsie, pratiquée par le Dr Maxwell Monvoisin, indique qu’il a succombé à des craniocerebral injuries et à une fracture à la hanche.

 

L’enquête policière s’oriente davantage vers un accident avec délit de fuite, car des traces de pneus auraient été décelées sur le corps de la victime. Cependant, certains proches d’Allan Parsad soupçonnent un membre de la famille, un mineur que nous appellerons Mathieu, d’avoir agressé le jeune homme. Pourquoi ? D’abord, avancent-ils, Mathieu serait la dernière personne à s’être trouvée en compagnie de la victime, peu avant le drame. Vers 4 heures, tous deux seraient sortis à bord d’une voiture appartenant à un membre de la famille. Si Mathieu serait retourné au campement peu après, Allan serait resté injoignable sur son cellulaire. En outre, les deux jeunes hommes ne s’entendaient pas très bien, à en croire leurs proches.

 

Différentes versions

 

Mathieu a alors été interpellé par la brigade criminelle de Mahébourg, avant d’être autorisé à rentrer chez lui. Sauf que la version qu’il aurait donnée à la police serait différente de celle qu’il aurait donnée à ses proches, soutient Eric Parsad, un cousin de la victime. Aux enquêteurs, Mathieu aurait déclaré avoir conduit la victime à cité La-Chaux pour qu’il s’achète des cigarettes. Au retour, tous deux auraient eu une altercation. Mathieu aurait alors laissé Allan Parsad – qui était en état d’ivresse, selon lui – sur place pour rentrer au campement.

 

Mais d’après Eric Parsad, il s’agit là d’une version qui ne tient pas la route. «À nos proches, il a raconté qu’Allan et lui s’étaient rendus à cité La-Chaux pour rencontrer quelques personnes mais qu’ils ne les avaient pas croisées. Puis, il est revenu sur cette version en disant qu’ils se sont disputés et en sont venus aux mains avant même d’arriver à cité La-Chaux. Cette affaire doit être tirée au clair. La police doit bien mener son enquête pour que l’on sache ce qui s’est réellement passé.»

 

Sollicités pour une réaction, les parents de Mathieu n’ont pas souhaité faire de commentaire pour le moment. «Une enquête est toujours en cours. Nous préférons laisser les policiers faire leur travail. Une fois qu’ils auront discerné le vrai du faux et que nous aurons leur verdict, Mathieu s’expliquera», a déclaré son père.

 

Si la mère d’Allan Parsad, Mureilla, et ses sœurs vivent à Mahébourg, le jeune homme lui habitait depuis plusieurs années chez son oncle et ses cousins et cousines à Eau-Coulée. Il a commencé par cumuler de petits boulots avant de travailler avec son oncle comme tailleur de pierre. «Allan et moi avons grandi ensemble. Je l’ai toujours considéré comme mon frère et il était comme un fils pour mon père», confie Vanessa Potiron, sa cousine, le cœur lourd de chagrin.

 

Mauvais pressentiment

 

Marquée par les brusques adieux à son frère de cœur, elle dit regretter de n’avoir pu l’empêcher de se rendre à Blue-Bay, le week-end dernier. «Il ne voulait pas y aller mais s’y est rendu pour faire plaisir à sa sœur. Il allait ensuite rentrer à la maison dimanche matin parce qu’il devait aller signer tous les jours au poste de police de sa localité pour une affaire antérieure. Avant qu’il ne quitte la maison pour se rendre à Blue-Bay, il m’avait donné l’impression de ne pas être dans son assiette. C’est comme si j’avais eu un mauvais pressentiment. De plus, avant de s’en aller, il avait lancé à mon époux : ‘‘Samem dernie ver nou pe bwar ansam-la’’», confie notre interlocutrice qui dit être elle aussi au courant qu’Allan ne s’entendait pas très bien avec Mathieu. «Mais il n’a jamais évoqué la raison de leur dispute.»

 

Cette séparation inattendue est un coup dur pour toute la famille Parsad. D’autant qu’elle avait prévu d’organiser une petite fête à l’occasion de son 29e anniversaire, le 24 avril. «Il n’était peut-être pas un enfant de chœur mais il ne nous a jamais manqué de respect. Il était toujours prêt à rendre service. Je n’arrive pas à croire qu’il n’est plus de ce monde», confie Vanessa.

 

Des rêves, dit-elle, Allan, un amoureux des chiens, en avait des tonnes, notamment pour sa fille de 2 ans, qu’il ne verra pas grandir. S’il vouait un amour inconditionnel à son enfant, il en était de même pour ses neveux et nièces. «Lorsqu’il avait un moment de libre, il allait lui-même les déposer et les récupérer à l’école.» Anéantie par la mort de son plus proche cousin, Vanessa Potiron n’espère qu’une chose : «Que la police mènera une enquête approfondie. S’il s’agit bien d’une agression, le responsable devra payer pour ce qu’il a fait.»

 

Les proches et amis d’Allan Parsad lui ont rendu un dernier hommage, le lundi 9 avril. En attendant les conclusions de l’enquête de la police, ils s’accrochent aux souvenirs d’un homme qui aspirait à une vie meilleure pour lui mais aussi pour sa petite fille.