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Metro Express | Habitants de La Butte : père et fils font de la résistance

Nishar et Azam Rujubali ont fait un rallye auto-moto.

Azam et Nishar Rujubali ont décidé de faire entendre la voix de tous ceux qui souffrent dans le sillage du Metro Express…

Les nuits sont agitées. Les réveils brutaux : «Nous vivons sous tension. C’est un grand stress. Nous ne dormons plus», confie Nishar Rujubali. Il habite La Butte avec sa famille. Et la maison dans laquelle il vit depuis toujours ne sera bientôt plus la sienne. Elle a été réquisitionnée par le gouvernement dans le cadre du projet du Metro Express. Comme ce jeune homme, plusieurs familles vivent la même détresse. Alors, il a décidé d’œuvrer aux côtés de son père, Azam, pour que ce déracinement ait lieu dans la dignité et le respect : «Ce qui n’est pas le cas actuellement.» Lui aimerait que les autorités revoient le montant de la compensation et/ou achètent déjà une maison pour les familles concernées : «Avec ce qui nous est proposé, nous ne pourrons rien acheter.» Hier, samedi 19 août, un rallye moto-auto a été organisé par l’Union sociale développement et le mouvement Debout Citoyen pour dénoncer,  entre autres choses, ce projet de transport en commun qui a créé la polémique. Et pas seulement auprès de ceux qui seront expropriés. Les employés du transport sont aussi concernés et inquiets. Ils menacent de lancer une grève de la faim (voir hors-texte).

 

Il est presque 13 heures et ce mouvement motorisé quitte une rue de Coromandel. Quatre voitures ont répondu à l’appel.«En cours de route, les autres vont nous rejoindre», lance Azam. Le programme duroad trip de cette après-midi : rouler et faire passer le message jusqu’à Quatre-Bornes, en passant par Barkly, plusieurs routes de Rose-Hill, Arab Town et Vacoas (entre autres). Mais très vite, le cortège contestataire connaît quelques soucis techniques : une des baffles ne marche plus. Il faudra au moins 20 minutes pour reprendre la route afin de continuer ces chemins semés de contestations. En plus de manifester contre le Metro Express, il s’agit de dire «non» à l’augmentation du prix de l’essence et du diesel, à la vente de la CWA et au gaspillage des fonds publics.

 

Direction Barkly, là où certaines infrastructures (notamment l’aire de jeux pour enfants) seront détruites dans le cadre du projet tant décrié. Grâce aux haut-parleurs qui fonctionnent – finalement –, les messages se passent, un peu dans l’indifférence. 

 

«Moris tro tipti»

 

Un jeune homme approche et tente un :«Moris tro tipti, ki Metro pe rod fer isi ?» C’est bien la question qu’Azam se pose, lui qui vit à La Butte dans la maison de ses «gran dimunn» depuis toujours. Surtout que ce projet provoque beaucoup de souffrances, explique-t-il : «Comment je vais faire ? J’ai ma famille mais aussi une sœur qui est à la retraite à ma charge.» Et ces quelques jours de répit n’y changeront rien. Si les familles, comme la sienne devaient évacuer leur maison à partir du 18 août, personne n’a encore bougé le petit doigt. Et pour cause, aucune compensation n’a été payée : «Où allons-nous vivre ? Nous ne sommes pas d’accord sur le montant proposé par les autorités. Avec Rs 1,4 million, kot mo pou kapav aste enn terin ek konstrir enn lakaz ?»

 

Ce samedi matin, les personnes concernées par l’expropriation ont été convoquées pour une rencontre au bureau du ministère des Infrastructures publiques, demain, lundi 21 août. Néanmoins, l’ordre d’évacuation pèse encore sur leur tête : «Il faut trouver un terrain d’entente.» D’ailleurs, pour faire entendre leur voix, l’Union sociale développement et le mouvement Debout Citoyen vont demander une injonction en Cour contre le projet de Metro Express. Car chaque famille a son histoire qui est intimement liée à sa lakaz. Des souvenirs d’amour et de tristesse. Un rêve qui est devenu réalité. Des heures à consolider, améliorer, réaménager. Des traces des personnes disparues. Toute une vie, quoi ! Alors, c’est normal qu’avec ce déracinement, les nuits sont agitées et les réveils brutaux… 

 


 

Travailleurs du transport : la grève si… 

 

Ils veulent des garanties sur la sécurité d’emploi. Ils s’inquiètent des répercussions du Metro Express sur leur vie d’employés. Et les travailleurs du transport ont décidé de ne pas débuter leur grève de la faim en attendant la rencontre avec le ministre du Transport, Nando Bodha, qui aura lieu le jeudi 24 août. Le ministre du Travail, Soodesh Callichurn, sera également présent. Néanmoins, si les autorités n’arrivent pas à les rassurer, ils iront de l’avant avec leur projet de contestation, ont fait savoir les représentants de l’Union Joint Panel, cette semaine.