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Metro Express : Allocation de contrat et présentation officielle dans la grogne

Leur action se veut symbolique. Alors que le gouvernement a prévu d’annoncer, demain, qui d’Afcons Infrastructure ou de Larsen & Toubro, deux entreprises indiennes, décrochera le contrat pour la première phase du Metro Express, la Plateforme Anti-Metro a décidé de taper fort. En effet, cette plateforme qui regroupe plusieurs organisations syndicales comme l’Association des Consommateurs de l’île Maurice, la Government Service Employees’ Association, la Fédération des syndicats du service civil ou encore la Fédération des travailleurs unis, entre autres, a l’intention de tenir une manifestation devant l’Hôtel du gouvernement au moment même où les autorités arrêteront leur choix. 

 

L’idée ? Démontrer que malgré l’allocation des contrats les contestataires n’ont pas l’intention de faire marche arrière et de mettre fin aux protestations autour de ce projet. Pour Jayen Chellum (photo), meneur de la Plateforme Anti-Metro, celle-ci a l’intention, à travers cette manifestation de montrer au gouvernement qu’elle a bien l’intention de continuer à dénoncer ce projet, qu’elle estime dangereux, d’alerter l’opinion publique et de mobiliser les Mauriciens pour dire non au Metro Express. «Ce sera une manifestation symbolique car nous voulons prouver au gouvernement que malgré la signature de ce contrat, la population est avec nous dans ce combat», a-t-il déclaré à la presse. La Plateforme Anti-Metro a, dans cette même démarche, lancé une pétition pour réclamer un référendum sur le Metro Express. Le document a été signé jusqu’ici par plusieurs parlementaires.  

 

C’est aussi demain que le Premier ministre, Pravind Jugnauth, procédera à une présentation officielle du projet, qui ralliera dans un premier temps Curepipe à Port-Louis. Une conférence de presse est aussi prévue afin de donner plus de détails sur l’arrivée du Metro Express à Maurice, soit le montant du projet estimé à plus de 20 milliards de roupies, le début ou la durée des travaux, ou encore  le parcours du métro. 

 

Face à ce projet qui prend forme petit à petit, les contestataires ne se laissent pas décourager. De part et d’autre, des voix s’élèvent. Il y a eu, par exemple, le Front Commun Syndicat Transport qui s’est réuni, il y a quelques jours, pour lancer un appel au gouvernement. Exhortant le ministre des Infrastructures publiques et du Transport, Nando Bodha, à leur donner une garantie que ce projet n’engendra pas de licenciement dans les compagnies de transport, les représentants des employés ont lancé un ultimatum d’une semaine aux autorités leur réclamant des réponses. Si rien n’est fait, assurent les travailleurs du secteur du transport, la possibilité d’une grève est fortement envisageable. 

 

Face à la grogne, Nando Bodha a, pour sa part, lancé un appel au calme, affirmant que le Metro Express se fera en complémentarité avec le service des bus. «Je donne la garantie qu’aucun employé ne perdra son travail», avant de promettre que les différentes parties concernées seront consultées, une fois le contrat avec la firme indienne signé.