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Mauricien établi aux États-Unis : Le combat du chef Giovanni Merle pour le respect de la culture rastafari

Giovanni Merle espère se faire entendre à travers le mouvement Kayaman.

Son parcours dans le domaine culinaire est des plus atypiques (voir hors-texte). Le Mauricien Giovanni Merle, gagnant du concours Master Chef 2016, est un chef qu’on ne présente plus à Washington, D.C., où il s’est installé il y a quatre ans. Son ingrédient secret : le cannabis. Depuis que son usage récréatif a été légalisé dans plusieurs États d’Amérique, Giovanni Merle ne manque pas l’occasion de rajouter une pointe d’extravagance à ses mets. Il a d’ailleurs été invité sur des plateaux d’émissions internationales pour y faire des démonstrations. 

 

Si le jeune homme peut utiliser cette plante dans ses plats aux States, ce n’est pas le cas à Maurice. D’où son combat pour sa légalisation dans l’île. Ainsi est né, en 2016, le mouvement Kayaman, une organisation à but non lucratif dont l’objectif, dit-il, est aussi de sensibiliser aux abus dont sont victimes les personnes pratiquant la culture rastafari, entre autres, à Maurice. Parmi ces abus, il cite notamment «le système de répression auquel font face les Mauriciens». «À Maurice, lorsque vous n’êtes pas physiquement dans les ‘‘normes’’, vous n’avancez pas. Lorsque j’ai entamé ma formation comme cuisinier, je ne portais pas encore de ‘‘dreads’’ mais je suis convaincu que si tel était le cas, beaucoup de portes se seraient fermées dès le départ», confie le jeune homme qui occupe aussi un poste à l’ambassade de Maurice aux États-Unis.

 

Un poste qui, pensait-il, aurait facilité l’avancement de son combat. Mais les choses ne se sont pas passées comme il l’espérait. «Ils sont nombreux, à l’ambassade, à être au courant de mon opinion sur le sujet mais tout le monde ne l’approuve pas. On m’a également empêché de rencontrer certaines personnalités politiques au risque que je leur expose mes idées, même si l’une d’elles, que j’ai eu la chance de rencontrer récemment, n’était pas contre l’idée de la mise en place d’un forum sur le sujet à Maurice.» Selon notre interlocuteur, il lui a aussi été demandé de diminuer sa participation à des émissions culinaires,«l’utilisation du gandiapar un Mauricien étant mal vu par plusieurs».

 

Mais Giovanni Merle ne désespère pas. À travers le mouvement Kayaman (http://bit.ly/2fZC6Xk), il espère récolter des fonds pour l’organisation d’événements visant à sensibiliser le public à son combat : celui pour la légalisation du gandia et le respect de la culture rastafari.

 


 

La réussite à force de persévérance

 

Ces dix dernières années n’ont pas été de tout repos. Mais Giovanni Merle a toujours eu le désir de réussir. C’est d’ailleurs ce qui l’a conduit au pays de l’Oncle Sam. Le jeune homme étudie d’abord à l’École Hôtelière Sir Gaëtan Duval en 2007. Par la suite, il fait le tour des hôtels de l’île pour gagner en expérience. Mais très vite, l’envie de mettre le cap sur l’étranger se fait sentir. «À Maurice, lorsque nous démarrons comme apprentis cuisiniers, nous travaillons durant des heures pour un salaire très faible. Et lorsque notre contrat arrive à terme, l’hôtel nous remplace par d’autres apprentis pour ne pas avoir à débourser plus d’argent», explique celui que certains appellent le «chef aux dreadlocks».

 

En 2010, il embarque alors à bord de bateaux de croisière. Une décision qui lui ouvrira bien des portes car, une année plus tard, il intègre l’Institut Consulaire de Montpellier, en France, où il obtient un brevet professionnel de cuisine. Après quoi le Mauricien fera le tour des cuisines du monde jusqu’à ce qu’il dépose ses valises à Washington en 2013. Pendant un bon moment, il aide des propriétaires à monter leur restaurant, jusqu’à ce qu’il décide de se lancer à son compte. Depuis, Giovanni Merle, qui enseigne également à l’université de Capsterdam, à Washington, spécialisée dans la culture de cannabis, propose ses services dans des soirées privées à Washington où il a l’occasion de faire découvrir ses plats à base de cannabis.