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Kolektif 3 Kartie : Mangalkhan en marche

L’équipe de Twogether et de K3K avec des volontaires.

Ça bouillonne dans ce quartier de Floréal où une association regroupant Camp Kreol, Cité Mangalkhan et Cité EDF œuvre à l’amélioration des conditions de vie des habitants à travers le développement communautaire. Il a commencé avec le projet social Color for change initié par Sofap et ne compte pas s’arrêter là.

«Nou landrwa pe vinn zoli !»C’est le cri du coeur de Sylvianne Pynam, une habitante de Cité EDF, à Mangalkhan. Elle n’est pas peu fière de son quartier et trouve que celui-ci a désormais de la gueule avec ses couleurs vives et joyeuses. De magnifiques fresques ornent désormais plusieurs murs de la localité, lui redonnant vie et espoir.

 

Mangalkhan, localité de Floréal, à l’image d’autres régions abritant des cités, n’échappe pas aux murs couverts de moisissure, aux maisons collées les unes aux autres, aux petites ruelles serpentant entre les blocs de maisons… et aux fléaux sociaux.

 

Cependant, depuis quelque temps, le quartier a retrouvé des couleurs et respire mieux. Tout ça grâce au projet social Color for change initié par Sofap, fabriquant des peintures Permoglaze, en partenariat avec des acteurs de la région regroupés au sein du Kolektif 3 Kartie (K3K) – Camp Kreol, Cité Mangalkhan et Cité EDF – pour davantage de développement communautaire. «Le projet Color for change est ce qui nous est arrivé de mieux depuis mon enfance», s’exclame Sylvianne Pynam, 50 ans, engagé dans le social depuis plus de 20 ans et habitante de Mangalkhan depuis toujours. 

 

La cité Mangalkhan est la première à se lancer dans cette aventure qui consiste à redonner vie et à soulever des émotions avec de la peinture. Des murs et des espaces publics ont été lavés à grande eau. Puis, la première couche de peinture blanche a laissé place à des dessins colorés pour le plus grand plaisir des habitants. «Plusieurs personnes s’arrêtent désormais pour admirer les dessins des habitants et des volontaires», confie Sylvianne. 

 

Le déclic

 

Elle n’est pas la seule à se réjouir de cette transformation. Emile Lebrette, 62 ans, est aussi aux anges. Cet habitant de Camp Kreol est la cheville ouvrière derrière le regroupement des quartiers de Mangalkhan. C’est le témoignage d’une personne, en mai dernier, qui a suscité le déclic. 

 

«Elle vivait dans la peur car des individus s’adonnaient ouvertement au trafic de drogue dans sa rue», témoigne Emile.Ce membre du conseil pastoral de la paroisse de Sainte Hélène se dit alors qu’il faut mettre un frein à tout cela. Il en parle à Danny Philippe, travail social très engagé qui habite non loin de chez lui. Ce dernier ne reste pas insensible à cet appel. Une première rencontre est organisée avec huit personnes. «Un élément de souffrance revenait sans cesse», souligne Danny Philippe.

 

C’était le 2 mai. «Ils ont tous dit stop. J’ai alors apporté ma contribution en mettant mes amis dans le coup», explique le travailleur social. Il commence par faire un inventaire de tous les groupes, mouvements et associations actifs dans cette région. Il recense 15 au total travaillant chacune de leur côté pour le bien-être des habitants et leur donne la parole. «Zot tou dir bizin aret stigmatiz dimoun Mangalkhan parski ena osi dimoun kinn fer la glwar pei kouma Stéphane Buckland, bann frer Joseph ek Ryan Pynam, gagnan Ti Mambo, ki res la», raconte Danny Philippe.

 

Regroupement

 

De fil en aiguille, ceux présents décident de se regrouper autour d’une seule cause. 20 têtes pensantes constituent la cellule principale. Lorsque Danny Philippe sollicite son ami Nicolas Bastien-Sylvia de Twogether, l’agence de communication qui accompagne Sofap, c’est une occasion en or qui s’offre aux habitants de Mangalkhan. La boîte qui commercialise Permoglaze a justement un projet, Color for change, pour plus d’engagement social. Mangalkhan en devient le pionnier. 

 

L’initiative vise à œuvrer et créer une réflexion pour une action sur l’ensemble de la communauté. «C’est pour nous un moyen d’apporter notre contribution à la construction d’une société plus inclusive et solidaire. Nous sommes ravis du dynamisme et de l’engagement des habitants et forces vives. Cela nous encourage à continuer sur cette lancée et à étendre notre action à d’autres quartiers dans l’avenir. Ce n’est que le début d’un long travail», précise Eric Adam, Managing Director de Sofap Ltd. Nicolas Bastien-Sylvia confirme ce dynamisme : «Ena enn mari lexsitatyon dan site. Premie fwa tou asosiasion inn zwen, ensam lor mem platfom.»

 

Nicolas Chiniah, 35 ans, habitant à Camp Kreol gère la page Facebook du K3K. Il ne tarit pas d’éloges sur Color for Change : «A traver sa proze la, nou finn angaz bann dimounn landrwa pe inport zot sityasion pou penn miray. Nou finn kre kontak avek zot. Sa permet nou konn zot realite et sirtou kone kouma pou fer enn suivi avek zot.» Le facteur humain est d’ailleurs un élément important dans toutes les réflexions du collectif à travers les prises de paroles, nous dit Nicolas Bastien-Sylvia : «Nous n’avons pas la prétention de dire que ce sont toutes ces couleurs ki pou sanz sa lendrwa la net.»

 

Mais il est convaincu que la peinture apporte et soutient la démarche des travailleurs sociaux : «Au final, si nous réussissons à dessiner un sourire sur le visage d’un enfant, ce sera pour nous le plus grand des changements.» Vivian Manuel, 63 ans, confirme qu’il y a eu un déclic dans la région : «Color for changey est définitivement pour quelque chose.» L’embellissement des quartiers promet certainement un meilleur lendemain aux enfants et les générations à venir.

 

Les enfants en fête

 

Carnaval et activités. Voilà ce que propose K3K aujourd’hui, 19 novembre 2017, pour célébrer la Journée internationale des droits de l’enfant. Le thème choisi par les organisateurs est «Le droit à l’expression». Il y aura divers ateliers : Zardin fler, Latelier expresyon, Zwe lontan, la boxe, le foot, Latelier recyclaz, Macrame et Lamizik. La journée débute avec un carnaval dont le coup d’envoi sera donné à 9h30 à l’arrière des loges de Mangalkhan. Les participants arpenteront ensuite les rues des trois quartiers de la localité. Les responsables du K3K ont également prévu une activité musicale avec les artistes régionaux et nationaux ainsi que des surprises pour le plus grand bonheur des enfants.

 

Une histoire de couleurs et d’émotions

 

Color for change n’est pas qu’amener de la couleur dans la vie des habitants. Les objectifs sont multiples. L’un d’eux concerne le travail conjoint avec les collectivités pour la création d’un environnement dynamique et durable. Ce projet s’engage aussi à soutenir la démarche des travailleurs sociaux et des associations. Les couleurs sont utilisées comme vecteur pour combattre les préjugés et créer plus de solidarité. La mission est aussi de valoriser des talents et le développement dans l’ensemble de la communauté.