• Baz’Art Kreasion : Sur le chemin de l’autonomie
  • Agression mortelle de Farook Chaumun : Les enquêteurs n’écartent aucune thèse
  • Rallye Automobile : Les bolides à l’assaut de Curepipe
  • Avi : «J’ai peur pour mon bébé»
  • Adi Teelock : «Dans 30 ans, nous allons perdre environ 15 % des plages»
  • Comment garder la forme en été
  • Judo News : La bande à Baptiste Leroy au Sénégal
  • Wendi Madré ou les doigts de fée d’une créatrice
  • Shad, un an et demi, hospitalisé suite à une chute dans les escaliers | Ses parents : «Nous voulons des réponses…»
  • Anishta Seesurrun : au nom de ma sœur Kerina

Huit nouvelles victimes dans des accidents : des familles déchirées hurlent leur douleur

La série noire ne semble pas avoir de fin ! Chaque semaine arrive avec son lot d’accidents fatals et de morts et rien que depuis le lundi 4 juin, on dénombre huit victimes sur nos routes. Ce qui ramène le nombre de personnes ayant perdu la vie dans des tragédies routières depuis le début de l’année à 85. Les proches des victimes sont, eux, plongés dans une douleur atroce. Ils témoignent.

Ritchie Madelon ne connaîtra pas son premier enfant
 

 

Il était fou de joie ! Ritchie Madelon allait devenir papa pour la première fois en juillet et avait hâte de tenir son enfant dans les bras. Hélas, il n’a pu réaliser ce rêve. L’homme de 28 ans est mort une semaine après avoir été victime d’un accident de la route. Le dimanche 27 mai, aux petites heures du matin, il a été retrouvé gisant inconscient sur l’asphalte à quelques mètres de sa moto, sur la route de Pamplemousses, à Ste-Croix. Portant de multiples blessures à la tête, il a été admis aux soins intensifs de l’hôpital Jeetoo. Il y a rendu l’âme le dimanche 3 juin.

 

Au domicile de la famille Madelon, à Ste-Croix, le temps semble s’être figé. Lucinda Madelon, la mère du jeune homme, n’en revient toujours pas d’avoir perdu son aîné dans des circonstances aussi tragiques. «C’était un bon vivant. Il était très travailleur et toujours prêt à aider son prochain», dit-elle, émue. Ritchie, ajoute-t-elle, s’apprêtait à célébrer son 28e anniversaire, le lundi 28 mai, quand il a eu son accident. Cette maman bouleversée raconte que le jour du drame, «il avait pris la moto pour aller voir un match de foot». Il a rencontré son frère Kenny, près de la gare de Cité La Cure, et a passé un peu de temps avec lui avant que celui-ci ne rentre à la maison en voiture. «Il est resté avec ses copains. Il voulait continuer de s’amuser avec eux», confie Kenny. L’accident a eu lieu durant la même soirée. «Je pense que c’est en allant acheter du pain à Ste-Croix avant de rentrer qu’il a perdu le contrôle de sa moto», souligne Lucinda Madelon.

 

C’est un ami de Ritchie Madelon qui a informé ses proches de l’accident. «Il ne savait pas encore que Ritchie était impliqué mais nous avait dit que la moto qui se trouvait sur les lieux lui semblait familière. Lorsque je me suis rendu sur place, la police s’y trouvait déjà et c’est là que j’ai appris que mon frère avait été blessé», dit son frère Kenny. Bien que leur perte soit insoutenable, la famille Madelon se dit tout de même reconnaissante envers le personnel soignant de l’hôpital Jeetoo. «Les médecins ont fait tout ce qui était en leur pouvoir pour sauver Ritchie mais le destin en a voulu autrement», regrette Lucinda.

 

Le jeune homme laisse derrière lui des proches effondrés et de nombreux projets qu’il n’aura pu concrétiser, notamment ceux qu’il avait pour son enfant, dont la naissance est prévue le mois prochain.

 

Elodie Dalloo


 

Jhanvi, 7 ans, fauchée par un poids lourd  : Bouleversant hommage d’un père à sa fillette exemplaire

 

 

Du haut de son jeune âge, elle ambitionnait déjà d’être médecin plus tard. Mais la petite fille ne réalisera jamais ce rêve ; elle a perdu la vie dans un terrible accident de la route, le mercredi 6 juin. Laissant derrière elle des parents dévastés. Son père témoigne…

 

 

Cela faisait sept ans, bientôt huit, qu’elle illuminait la vie de Prema et Avinash Chummun. La petite Mahima, que son entourage appelait affectueusement Jhanvi, était l’enfant que tous les parents rêvaient d’avoir. Depuis sa naissance, sa joie de vivre faisait le bonheur de toute la famille, tant celle-ci était contagieuse. Mais depuis le mercredi 6 juin, ses proches se retrouvent à devoir parler d’elle au passé. Cette date, ils ne l’oublieront jamais car il s’agit du jour où leur monde s’est écroulé. C’est à la rue Brabant, près de l’arrêt d’autobus de Venus, que la fillette a poussé son dernier soupir, victime d’un accident de la route sous les yeux de sa mère.

 

 

Prema et Avinash Chummun ne savent pas combien de temps cela leur prendra pour se remettre de la mort tragique de leur unique princesse. D’ailleurs, ils ne savent pas s’ils s’en remettront un jour. En état de choc, Prema n’a pas été capable de parler des souvenirs qu’elle garde de sa fille, qu’elle ne pourra plus câliner. C’est avec difficulté qu’Avinash, son époux – les yeux gonflés d’avoir trop pleuré – raconte : «Elle était à l’aise avec tout le monde. Elle était très bavarde.»

 

 

Il gardera de sa petite chérie le souvenir d’un enfant modèle. S’occuper d’elle, ajoute-t-il, n’a jamais été compliqué : «Li ti kontan tou zwe, ki li pou tifi, ki li pou garson. Ce n’était pas une enfant difficile.» Jhanvi faisait la fierté de ses parents. En Grade 3 à l’école De La Salle RCA, elle excellait dans ses études. «Elle était très studieuse. Elle était vraiment forte sur le plan académique. Nous n’avons jamais eu de reproches de ses enseignants la concernant.» Son avenir, elle l’avait déjà imaginé. Elle serait médecin plus tard, disait-elle. «Elle le répétait depuis la maternelle. Je pense que c’est parce qu’elle a toujours souhaité pouvoir venir en aide aux autres.»

 

 

Le jour fatidique, tous les projets qu’avaient Prema et Avinash Chummun pour leur fille sont partis en fumée en une fraction de seconde. L’accident s’est produit peu de temps après que Prema Chummun avait récupéré sa fille chez sa mère à bord de son scooter. À un moment, la moto se serait encastrée dans le trottoir, se serait renversée avant que les deux ne tombent à terre. L’impensable s’est produit lorsque la roue arrière d’un poids lourd, qui circulait sur cette route, est passée sur la fillette. Elle est morte sur le coup. Traduit en cour sous une charge provisoire d’homicide involontaire, le conducteur du poids lourd, âgé de 59 ans, s’est acquitté d’une caution de Rs 25 000. Il a déclaré aux enquêteurs n’avoir vu la moto qu’après l’accident. À l’heure où nous mettions sous presse, Prema Chummun, abasourdie de douleur, n’avait pas encore pu donner sa version des faits.

 

 

Anéantis par leur perte, les parents de la petite Jhanvi affirment que leur douleur s’intensifie davantage à chaque fois qu’ils aperçoivent son joli minois dans les médias. Ils nous ont ainsi demandé de ne pas publier la photo de la petite afin de respecter ce temps de chagrin et de deuil.

 

 

Deux accidents en deux jours à la rue Brabant : que faire ?

 

 

Le lundi 4 juin, Zubeir Meeajan, 21 ans, a perdu la vie à la rue Brabant, fauché par une voiture en traversant la route. Deux jours plus tard, le mercredi 6 juin, c’est la petite Jhanvi Chummun, 8 ans, qui y a poussé son dernier souffle. Pourtant, cette route est dotée d’une passerelle et d’un passage pour piétons. D’où vient le danger alors ? Les avis divergent. Un commerçant, témoin de l’accident de Zubeir Meeajan, estime que les autobus stationnant pendant trop longtemps à l’arrêt de Venus sont un gros problème : «Les passagers sont parfois contraints de descendre de l’autobus près du cinéma ; cela devient un gros problème lorsqu’ils doivent traverser car ils ne voient pas les autres véhicules arriver. C’est comme cela que s’est produit l’accident du jeune homme. Il est impératif que certains opérateurs rappellent à l’ordre leurs employés pour qu’ils ne prennent plus de pause à un arrêt d’autobus aussi fréquenté.»

 

 

Un autre commerçant pense, lui, qu’il y aurait «moins d’accidents à cet endroit si des feux de signalisation étaient installés à proximité. Il est aussi nécessaire qu’une limitation de vitesse soit imposée aux conducteurs y circulant». Pour un autre habitué des lieux, «c’est l’éducation des usagers de la route qui doit être refaite. Les campagnes de sensibilisation doivent continuer afin que le public soit sensibilisé. Le gouvernement doit aussi penser à réintroduire le permis à points».

 

Elodie Dalloo

 


 

Sawan Malloo renversé en route pour jouer au Loto

 

 

Nous sommes dans la soirée du samedi 2 juin 2018. Sawan Malloo, 56 ans, quitte son domicile, à La Rosa, en disant à ses proches qu’il va jouer au Loto. Hélas, en chemin, à Deux-Bras Road, New-Grove, précisément, il est renversé par une moto et subit de graves blessures. Admis à l’unité des soins intensifs de l’hôpital Nehru, il rend l’âme trois jours plus tard d’une fracture du crâne. Au grand désespoir de sa famille. Sa fille Manisha, 27 ans, témoigne : «Il s’était retrouvé à l’hôpital avec plusieurs blessures. Le médecin ne voulait pas se prononcer sur son état de santé. Il nous avait simplement dit que mon père devait sortir du coma pour pouvoir s’en sortir. Nous avions tous gardé espoir de le voir rentrer à la maison.»

 

Le destin en a décidé autrement, regrette Manisha qui a un jumeau, et une sœur aînée âgée de 30 ans. Les enfants de Sawan Malloo et leur mère, Indira, 48 ans, sont terriblement éprouvés par ce décès soudain et tragique. La victime allait fêter ses 57 ans le 20 juin et avait déjà prévu un dîner en famille à cette occasion. Le soir du drame, il avait prévu de rentrer chez lui rapidement afin de terminer les préparatifs en vue de l’anniversaire de sa petite-fille. «On avait prévu une petite fête, le lendemain, pour fêter le cinquième anniversaire de ma fille», explique Manisha.

 

À La Rosa, Sawan Malloo était quelqu’un de très apprécié. «Papa ti enn gran footballeur dan landrwa. Li ti extra kontan zwe football. Li finn bizin aret zwe akoz enn blesir», précise Manisha, émue. La famille de Sawan Malloo attend la fin des rites funéraires pour s’enquérir des circonstances exactes de l’accident.

 

Une source policière indique que la police a procédé à l’arrestation du motard, le mardi 5 juin. Il a retrouvé la liberté après avoir fourni une caution et signé une reconnaissance de dette. Il fait l’objet d’une charge provisoire d’homicide involontaire. Son alcotest s’était révélé négatif.

 

Jean Marie Gangaram

 


 

Satyen Tatayah meurt en allant s’acheter des cigarettes

 

 

«Toute la famille est en état de choc», confie Camy Ramanna. Son frère aîné, Satyen Tatayah, 67 ans, est décédé sur le coup, suite à un accident de la route le lundi 4 juin. Selon la police, c’est aux alentours de 19h50 qu’il a été percuté. L’habitant de Saint-Pierre revenait d’un supermarché lorsqu’il a été fauché par un van conduit par un habitant de L’Avenir, à proximité de la gare routière de la localité. Son décès a été constaté à son arrivée à l’hôpital de Moka.

 

C’est vers 20h30, ce jour-là, que sa famille a appris la triste nouvelle à travers la police. «J’étais à la maison avec mon époux lorsque la police est venue. Un officier nous a dit que mon frère avait fait un grave accident et qu’il était grièvement blessé. Ce n’est que quelques minutes plus tard, en nous rendant au poste de police, que nous avons appris qu’il avait déjà rendu l’âme», explique Camy Ramanna. Le soir du drame, poursuit-elle, son frère était sorti s’acheter des cigarettes au complexe commercial Kendra. «C’est sur le chemin du retour que l’accident s’est produit.»

 

Le chauffeur du véhicule impliqué dans cet accident aurait, lui, pris la fuite après l’accident, selon notre interlocutrice. Cet homme de 49 ans s’est toutefois rendu au poste de police par la suite. Il a subi un alcotest qui s’est révélé négatif et a été autorisé à rentrer chez lui. Il lui a fallu fournir une caution le lendemain et a signé une reconnaissance de dette suivant sa comparution en Cour. Il fait l’objet d’une charge provisoire d’homicide involontaire. 

 

Satyen Tatayah était célibataire et vivait seul avec sa sœur aînée. Il était très populaire dans sa localité, selon sa sœur Camy : «Il tenait une boutique qui est fermé depuis quelque temps déjà.»

 

Ses funérailles ont eu lieu le mercredi 6 juin. Satyen Tatayah laisse derrière lui trois frères et six sœurs affectés par sa tragique disparition.

 


 

Ramadan endeuillé pour les proches de Zubeir Meeajan
 

 

Eid, cette année, ne se fera pas dans la joie et la bonne humeur chez cette famille de Rose-Belle. Ce jour-là, il y aura uniquement des prières et chacun ressentira, avec peut-être davantage de douleur encore, le vide laissé par Zubeir Meeajan, 21 ans. Le jeune homme, qui allait fêter ses 22 ans le 2 août, est mort dans un accident de la route à Bell-Village, le lundi 4 juin.

 

Zubeir avait des rêves et des projets plein la tête. Déjà fiancé, il avait prévu de se marier en août 2019, le temps que la construction de sa maison soit terminée. Il venait également de se mettre à son compte comme pâtissier. Justement, en ce lundi 4 juin fatidique, le jeune homme, qui était aussi connu pour cuisiner un excellent briyani, s’était rendu à Bell-Village pour acheter un extracteur pour son commerce. Mais alors qu’il traversait la route sur un passage pour piétons à Venus, vers 12h10, il a été renversé par une Nissan se dirigeant vers Port-Louis. Il ne lui restait alors qu’un dernier pas à faire pour atteindre le trottoir, selon des témoins de l’accident.

 

Depuis le drame, Letord Road, où il habite, est envahie par une immense tristesse. «Sime la net an dey», confie Hassen Meeajan, le père du jeune homme. La famille et les amis affluent chez les Meeajan depuis lundi afin de leur témoigner leurs sympathies. Hassen et les siens sont dévastés face à cette tragédie. «Mon fils ne méritait pas de mourir de cette façon. Il a connu une mort atroce. C’était un fils exemplaire. Il était obéissant et toujours à l’écoute. Il était jovial, dévoué et amical. Il était aussi très pieux et très populaire pour ses gâteaux et son fameux briyani», souligne le père.

 

La cuisine est une des passions de Zubeir depuis l’enfance, nous apprend-il. Il aimait jouer avec les récipients et a pris goût à cuisiner le briyani dès l’âge de 6 ans, en aidant un cousin lors d’une fête familiale. Depuis, il ne s’est plus arrêté. Il aimait aussi fabriquer des gâteaux et avait mis fin à ses études très tôt pour travailler à la pâtisserie Oozeer à Vacoas, qui appartient à un proche. «Ses gâteaux et son briyani l’avaient rendu très populaire. Li ti extra happy kan so bann klian ti satisfe. Mo papa ti mor apre Eid. Zubeir inn mor avan Eid. Ziska ler nou pa krwar. Ena enn zetwal an plis dan lesiel ki pe briye a kote de lezot. Li mem sa. Li a kote mo mama ek mo papa», confie Chotte, la tante paternelle de Zubeir

 

Le chauffeur de la voiture impliquée dans l’accident s’est constitué prisonnier au poste de police de Line Barracks peu après le drame. L’alcotest a révélé que ce maçon habitant Cité Richelieu, âgé de 41 ans, avait 128 mg d’alcool dans le sang. Dans sa déposition, l’homme explique qu’il avait fait la fête la veille pour son anniversaire. Au moment de l’accident, il n’aurait pas vu Zubeir qui traversait la route. Ce qui révolte la famille du jeune homme car, dit-elle, l’inconscience du chauffeur leur a enlevé Zubeir pour toujours. Pour son père, il était trop parfait et trop jeune pour partir si tôt.

 

Jean Marie Gangaram

 


 

Etienne Marie succombe après six jours d’hospitalisation
 

 

Ses blessures ont eu raison de lui… Etienne Marie, plus connu comme Michel, est décédé le jeudi 7 juin. Six jours plus tôt, cet habitant de Riche-Terre, âgé de 83 ans, avait été admis à l’hôpital SSRN, à Pamplemousses, suite à un accident sur la route principale de Le Hochet, à Terre-Rouge. Il revenait d’une sortie à moto lorsqu’il a été heurté par un autre deux-roues. Le rapport d’autopsie indique qu’il est décédé suite à une bleeding gastrointestinal tract following brain contusion.

Depuis la tragique disparition d’Etienne Marie, proches et amis sont sous le choc. Myriam Sans-Souci, sa belle-sœur, raconte : «Le jour du drame, Etienne est sorti à moto pour aller acheter du pain. L’accident s’est produit alors qu’il rentrait à la maison. On a cru comprendre que l’autre moto l’a heurté lorsqu’il négociait un tournant dans une jonction. Il a passé un jour à l’unité des soins intensifs avant d’être transféré en salle. Il avait de nombreuses fractures, notamment au crâne et dans d’autres parties du corps.»

Depuis son admission à l’hôpital, dit-elle, Etienne Marie avait du mal à parler. «Li pa ti pe kapav koze kouma bizin. Dokter ti dir nou ki ti ena disan kaye dan so latet. Ti pou bizin tir sa avan oper li me linn fini mor avan», regrette Myriam, en larmes. Il a beaucoup souffert avant de pousser son dernier soupir, ajoute-t-elle.

Etienne Marie, un ancien vigile, vivait seul depuis 26 ans, soit depuis le décès de son épouse. Il laisse derrière lui deux filles et cinq garçons plongés dans une profonde tristesse. Ses funérailles ont eu lieu le vendredi 8 juin. Le convoi est sorti du domicile de son fils Philippe pour se rendre à l’église de Père Laval, puis au cimetière de Bois-Marchand.

Ils étaient nombreux à s’être déplacés pour lui rendre un dernier hommage.

Jean Marie Gangaram

 


 

Mujaahiid et Umayr, deux bons amis unis dans la mort
 

Mujaahiid Peerbaccus voulait devenir architecte.

 

Leur amitié était indéfectible. Inséparables depuis de nombreuses années, c’est ensemble qu’ils ont quitté ce monde le  lundi 4 juin. Mujaahiid Peerbaccus, 19 ans, et Umayr Goolfee, 20 ans, ont péri dans un terrible accident de la route ce jour-là. La moto qui les véhiculait – Umayr conduisait alors que Mujaahiid était le passager – a été percutée par un autobus sur la route de Pamplemousses, à Ste-Croix. Ils ont été tués sur le coup.

 

Mujaahiid Peerbaccus et Umayr Goolfee s’étaient connus au collège Sir Abdul Razack Mohamed qu’ils fréquentaient tous deux à un moment. Depuis, ils ne s’étaient plus quittés même s’ils avaient pris des chemins différents. Lundi, ils avaient acheté des gâteaux pour aller rompre le jeûne chez un ami habitant près de la Citadelle, à Port-Louis, quand l’accident s’est produit.

 

Mujaahiid Peerbaccus, un habitant de Terre Rouge, était en Higher School Certificate à l’Islamic Cultural College et avait des projets plein la tête. «Il avait l’intention de poursuivre ses études et de devenir architecte», raconte son oncle Nasser. Bouleversé par la mort de celui qu’il considérait comme son fils, il parle de lui comme d’un jeune homme exemplaire. «Il ne nous a jamais causé de problèmes. Mujaahiid était obéissant et toujours jovial ; il était un enfant modèle. Nous nous sommes occupés de lui depuis son plus jeune âge, particulièrement depuis le décès de sa mère, il y a cinq ans. C’était son unique enfant.»

 

Au domicile de la famille Goolfee, à Plaine-Verte, la douleur est tout aussi intense.  Anéantis par le décès soudain du jeune Umayr, ses proches n’ont pas souhaité faire de commentaires.

 

L’entourage des deux jeunes hommes tient toutefois à prévenir le public qu’une femme se ferait passer pour l’épouse de l’un d’eux auprès des habitants de Terre-Rouge. Elle mendierait de l’argent sous prétexte qu’elle doit à présent s’occuper, seule, de leur fils. «Mais Mujaahiid et Umayr n’ont pas d’enfant. Nous tenons à prévenir le public qu’il s’agit d’une arnaqueuse», précise Nasser. Ses proches et lui ainsi que ceux d’Umayr n’ont pas fini de pleurer ces deux amis morts trop jeunes.

 

Elodie Dalloo