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Grand-Gaube face aux requins

Les pêcheurs : Sébastien, Ovila, Philippe, Olivier et Benoît ont à plusieurs reprises côtoyé les requins Boule-Dogue et les requins tigres ces derniers temps.

L’un est doté d’un corps trapu, massif et lourd. Il a un museau arrondi, extrêmement court et a de très petits yeux. L’autre a une silhouette massive qui est très profilée. Son corps brun/gris a des reflets métalliques et a des stries de rayures verticales sombres.

Le premier est un requin-bouledogue considéré comme une espèce très dangereuse. Il est impliqué dans de nombreuses attaques contre l’homme au Brésil, à l’île de la Réunion et en Australie, que l’on imputait auparavant à d’autres espèces. Il rivalise avec le requin blanc d’Afrique du Sud. Le second, le requin-tigre est de par ses caractéristiques alimentaires et morphologiques, un des requins les plus «dangereux» pour l’homme. Extrêmement agressif envers les chasseurs sous-marins lorsqu’il est appâté, il rôde autour de sa proie en faisant des cercles de plus en plus serrés. Et depuis quelque temps, ces deux gros poissons sont «souvent» vus dans nos eaux et ce n’est pas les pêcheurs du village de Grand-Gaube qui risquent de dire le contraire.

 

D’ailleurs, un requin-bouledogue a été repêché dans le lagon de Grand-Gaube, le dimanche 21 janvier, et ce n’est pas la première fois qu’un de ces gros poissons est aperçu dans les environs. «La mer, il va de soi, regorge de poissons. Et il y a aussi des requins. Au fil de ma longue carrière de pêcheur, j’en ai vu des requins. Souvent de gros requins et en dehors du lagon. Mais depuis quelque temps, il se passe ce que j’appellerai un phénomène nouveau : on voit des requins comme des bouledogues et des requins-tigres, connus comme étant dangereux, à proximité de nos lagons. Je peux vous dire, que jamais j’en ai vu autant de si près», nous confie Philippe qui trouve inquiétant ce qui se passe.

 

Est-ce normal que des requins se promènent dans le lagon ? Y a-t-il un lien avec les fermes aquacoles qui se trouvent dans les eaux de Grand-Gaube ? «Je ne sais pas si c’est lié mais en tout cas, on voit de plus en plus ce genre de requins et je peux vous dire qu’ils sont impressionnants», ajoute Philippe. Son ami, Olivier Marie également pêcheur, partage son avis : «Il y a de quoi se poser des questions. En l’espace d’un mois, au moins neuf requins ont été vus non loin du lagon.» Pour ces deux pêcheurs, il est urgent de prendre des mesures. «Pour l’instant, il n’y a pas eu d’attaque contre les humains et c’est tant mieux. Sinon, cela pourrait porter atteinte à l’image du pays sur le plan touristique. Ensuite, que ce soit pour les pêcheurs comme pour les baigneurs, l’arrivée des requins dans nos eaux est un danger potentiel», souligne Olivier.

 

Mais le ministre du Tourisme, Anil Gayan, lors d’une visite à la Fish Farm, le lundi 8 janvier dernier, persiste et signe : «Il n’y a pas de requins autour de la Fish Farm de Grand-Gaube. Une équipe de plongeurs a vérifié s’il y en avait réellement.» Il se voudra quand même rassurant en disant qu’«au ministère du Tourisme, nous nous assurons que les fermes aquacoles soient compatibles avec le tourisme. Si nous constatons qu’il y a des risques, nous allons certainement reconsidérer tous les projets d’aquaculture.»

 

Voilà quelques mois déjà que ce phénomène a surgi et intrigue. Ceux qui suivent cette situation de près disent que ce n’est pas normal surtout au vu de ce qui se passe à l’île de la Réunion avec les attaques de requins. Sébastien, un autre pêcheur,  qui a vu ces «bêtes» rôdaient près du lagon à Grand-Gaube, se sent également concerné par ce «phénomène». «C’est comme les requins qu’on voit dans les films.

 

S’ils ont l’occasion, ils ne manqueront pas de faire du mal...», lâche-t-il. Benoît, 19 ans, dont le père est pêcheur, se souvient encore des yeux et surtout de la mâchoire d’un bouledogue. Entre décembre et janvier, il s’est retrouvé, dit-il, nez à nez avec ces «bêtes» que beaucoup redoutent. «Ils sont vraiment impressionnants de par leurs tailles et leurs dents. À La Réunion, ils ont commencé à s’attaquer aux hommes parce qu’il y avait moins de poissons. Ici, heureusement qu’il y en a encore. Si un jour, il y a un manque de poissons, je crains que ces gros requins ne commencent à s’attaquer à l’homme et ce serait une situation très grave», explique le jeune qui a fait plusieurs clichés avec ceux qu’on appelle les dents de la mer et qui ont… croisé son chemin.