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Elle aurait été tuée par son amant : Le tragique destin de Kavita Ramjunun, femme battue

Preetam Bissessur a comparu devant le tribunal de Bambous sous une accusation provisoire d’assassinat.

Il a voulu faire croire à une noyade mais personne ne le croit. Les proches de Kavita Ramjunun, 44 ans, et les enquêteurs de la police pensent que Preetam Bissessur a battu à mort celle avec qui il avait une liaison avant de jeter son corps dans un barachois. Il aurait tenté de la tuer à deux reprises auparavant mais elle retournait toujours avec lui. La famille de la victime raconte sa terrible histoire...

Elle était condamnée à mourir. Par deux fois auparavant, Vidwantee Ramjunun, plus connue comme Kavita, 44 ans, aurait été victime d’une tentative de meurtre orchestrée par celui avec qui elle avait une liaison depuis six ans, Preetam Bissessur, 33 ans. Mais cette fois, elle n’a pas échappé à son tragique destin. Le dimanche 3 septembre, à Albion, l’homme l’aurait battue à mort avant de traîner son corps jusqu’à un barachois, près du Club Med, où il l’a balancé. Le cadavre a été repêché par la National Coast Guard dans la nuit de dimanche à lundi, vers 1 heure. 

 

C’est Preetam Bissessur lui-même qui a donné l’alerte, arguant que Kavita s’était noyée. Mais la victime portait des blessures au visage et une autopsie a révélé une «subdural hematoma» causée par un traumatisme crânien. Placé en détention, l’habitant de Petit-Verger, déjà fiché à la police, nie avoir tué sa compagne et admet uniquement l’avoir giflée. La police consignera sa déposition ce lundi 11 septembre.

 

Depuis le drame, les proches de Kavita Ramjunun, notamment ses parents Geeta et Narain Jhurry, n’arrêtent pas de pleurer le départ si tragique de celle qui, avancent-ils, avait échappé à la mort à deux reprises et qu’ils avaient essayé par tous les moyens d’éloigner de son bourreau, en vain. Ils ont appris par la police, aux petites heures du matin, le lundi 4 septembre, que le corps de Kavita avait été découvert à Albion. Une fois arrivés au poste de police de la localité, on les informe qu’elle se serait noyée. 

 

En voyant Preetam Bissessur au poste lui aussi, les proches de la victime ne se retiennent plus. Ils révèlent aux policiers que celui-ci malmenait souvent celle qu’il disait aimer. «Nu finn dir la polis ki li abitie bat Kavita… Linn koumans zoure lerla. La polis inn bizin met menot ar li pu kalme li», nous confie le frère de la victime. Un premier examen de la dépouille tend à confirmer les dires de la famille. «Les policiers nous ont dit que ma sœur avait des blessures au visage.» Les policiers ont alors alerté la Major Crime Investigation Team qui mène l’enquête depuis.

 

Les enquêteurs ont essayé, entre autres, de retracer l’itinéraire du couple Kavita-Preetam le jour du drame. Selon une source policière, ils s’étaient rendus à la plage publique d’Albion vers 15h20. Ce jour-là, Kavita avait quitté Verdun, où elle habitait, vers 14 heures «pou al lamer». Sa mère Geeta nous raconte que le dimanche 3 septembre, Kavita est d’abord rentrée du travail avant de sortir peu après. «Elle venait de prendre de l’emploi au supermarché Dream Price, à St-Pierre. Elle est rentrée après 13 heures. Elle a changé de vêtements et nous a dit qu’elle se rendait à la plage. Elle est partie vers
14 heures. Vers 18h45, sa fille lui a parlé au téléphone. Elle lui a dit qu’elle était à Albion et qu’elle allait bientôt rentrer»
, affirme Geeta. Les images d’une caméra de surveillance confirment que Kavita et Preetam étaient bien à Albion. Ils y ont même mangé et bu dans un restaurant. Après, que s’est-il passé exactement ? Les enquêteurs attendent d’interroger le suspect pour en savoir plus. 

 

Liaison dangereuse

 

Quoi qu’il en soit, à en croire Geeta et Narain, un drame pareil devait arriver un jour ou l’autre. Car ce n’était pas la première fois, disent-ils, que leur fille se faisait tabasser par leur voisin Preetam avec qui elle entretenait une liaison depuis six ans. Mariée à un ancien inspecteur du ministère de la Santé, elle avait quitté son époux et le toit conjugal il y a trois ans pour trouver refuge chez sa grand-mère, à Verdun. Sa fille aînée âgée de 21 ans était restée avec son père alors que sa cadette de 13 ans vivait avec elle. L’époux est décédé il y a quatre mois après une longue maladie. 

 

Narrain et Geeta Jhurree sont complètement abasourdis après le décès tragique de leur fille

 

Au début, les parents de Kavita ignoraient qu’elle avait une liaison avec Preetam Bissessur. Mais quand ils l’ont appris, ils ont tenté à plusieurs reprises de la ramener à la raison car son amant ne travaillait pas et était fiché à la police pour divers délits. Selon eux, il serait également toxicomane et aurait un sérieux penchant pour la bouteille. Pour couronner le tout, il était connu pour être violent.

 

Ce qui se serait confirmé avec Kavita. «C’est la troisième fois qu’il fait du mal à ma fille. Il a bien réussi son coup cette fois», regrette Geeta. Selon elle, la première agression grave avait eu lieu il y a plus d’un an. Kavita avait reçu des coups de sabre à la tête et avait passé trois mois à l’unité des soins intensifs de l’hôpital du Nord. 

 

«Li ti koup mo tifi kot li mem. Li ti kit li dan enn trou ki ti enn ansien pit latrinn an krwayan ki li ti pou mor ladan. Vwazin ti tann tapaz ek telefonn la polis. La polis mem ti amenn mo tifi lopital», raconte Narain. Mais à peine remise de sa blessure, Kavita s’est rendue à la police pour enlever la plainte qu’elle avait consignée après son agression. Elle s’est aussi remise avec celui qui avait failli la tuer.

 

«Sak fwa Preetam anbet li pu fer li tir case. Kan mo tifi dir li non li menas li ek kouto. Linn deza met kouto anba la gorz mo ti zanfan 13 an la pu fer mo tifi per. Sa ti pas 2 an de sela», explique Geeta. Quelques mois plus tard, Preetam aurait à nouveau tenté de tuer Kavita en la heurtant avec une moto. Il avait, semble-t-il, prévu de faire passer cela comme un hit and run. Cela s’était produit à Réduit. 

 

«Encore une fois, il avait raté son coup. Mais Kavita était grièvement blessée. Sa tête était restée coincée dans les garde-fous en bordure de la route et des pompiers avaient dû la secourir. Kavita nous avait dit qu’elle avait glissé ce jour-là mais elle avait fini par nous avouer que Preetam avait essayé de la tuer», raconte Narain. Selon lui, sa fille Kavita était constamment harcelée et battue par Preetam qui lui réclamait toujours plus d’argent. Il aurait eu pour objectif de mettre la main sur le lump sum de Rs 1,5 million que Kavita avait hérité de son mari à la mort de celui-ci. 

 

Un homme violent

 

Geeta martèle que sa fille a tenté, à maintes reprises, de quitter celui qui la malmenait. Elle aurait même changé de numéro de portable pour qu’il ne l’importune plus, mais il trouvait toujours le moyen de la joindre. «Il a toujours trouvé les bons arguments pour convaincre ma fille de se mettre à nouveau avec lui», précise Narain. 

 

La famille aurait aussi essayé de faire entendre raison à Preetam. «Nous avons tenté de le raisonner mais il s’est toujours montré très violent envers nous également», souligne le frère de la défunte. Il nous donne un exemple très récent : «Il vient de m’agresser parce que j’étais allé chez lui pour demander à ma sœur de rentrer chez notre grand-mère à Verdun, là où elle vit avec sa fille.» C’était un dimanche, il y a trois semaine, et la cadette de Kavita avait téléphoné à ses grands-parents vers 20h30 car elle s’inquiétait pour sa mère qui n’était toujours pas rentrée. 

 

Le frère de la victime montrant les blessures que lui a infligées Preetam Bissessur il y a trois semaines.

 

Le frère de Kavita s’est alors rendu chez Preetan qui habite à quelques mètres afin de voir si sa sœur ne s’y trouvait pas. Arrivé devant la maison, il a effectivement entendu la voix de celle-ci et l’a appelée. «Preetam est alors sorti avec un couteau et a commencé à m’insulter. Il était dans un état second. Ma sœur est ensuite venue vers moi pour me dire de ne pas m’en faire car elle allait rentrer chez elle incessamment. Ce qui a mis Preetam dans une grande colère. Il l’a poussée et s’est dirigé vers moi avec une petite paire de ciseaux avec lequel il m’a donné plusieurs coups.» Trois semaines plus tard, sa sœur a été assassinée, selon les premières indications, par son amant. 

 

Ses funérailles ont eu lieu le lendemain au domicile de son père à Petit-Verger. En présence de proches qui ont assisté impuissants à la descente aux enfers de la jeune femme qui ne voulait pas entendre raison face à leurs arguments. Aujourd’hui, leur immense chagrin n’a d’égal que leurs regrets.