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Caritas : Alphabétisation, la promesse d’un nouveau départ

Les formatrices Morianne et Joeane entourées de Brigitte Koenig, la directrice de Caritas.

12 d’entre eux sont devenus des formateurs et 118 ont complété la formation d’apprenants. À l’occasion de la Journée mondiale de l’alphabétisation, ils ont tous reçu leur certificat. Un grand moment d’émotion, prélude au début d’une nouvelle vie.

Apprendre à lire et à écrire peut sembler aux yeux de nombreuses personnes anodin, normal, comme une suite logique des choses. Sauf qu’aujourd’hui, de nombreux Mauriciens, qu’ils soient âgés de 10, 30 ou 60 ans, ne savent ni lire ni écrire. Une condition compliquée qui les met dans des situations délicates au quotidien. Que faire lorsqu’on n’arrive pas à remplir les documents administratifs, lorsqu’on n’arrive pas à faire un retrait à la banque ou lorsqu’on ne peut pas prendre le bus parce qu’on n’arrive pas à lire la destination affichée ?Le Caritas, à travers son programme d’alphabétisation fonctionnelle, entre alors en jeu. Il va à la rencontre de ces personnes pour leur donner de nouvelles perspectives dans la vie. 

 

Cette mission a, une fois de plus, pris tout son sens, le vendredi 8 septembre, à l’occasion de la Journée mondiale de l’alphabétisation. Un jour d’une grande importance pour l’équipe de Caritas  qui a procédé à la remise de certificats aux 12 personnes qui ont réussi avec brio la formation d’animateur, et aux 118 apprenants venant des quatre coins du pays. Autant dire que l’émotion était à son comble pour les petits et les grands au moment de recevoir ce fameux certificat après deux ans de formation. 

 

Pour Josian Labonté, responsable du programme d’alphabétisation fonctionnelle de Caritas île Maurice, c’est justement pour être au plus près des personnes dans le besoin et les aider à avancer dans la vie que ce programme a été mis sur pied, il y a plus de 20 ans. Et face à des élèves motivés, la fierté ne peut qu’être de mise. «Ils ont fait preuve de courage, de persévérance et d’assiduité. Ce n’est pas évident de venir devant tout le monde et de dire qu’on ne sait ni lire ni écrire. Aujourd’hui, ils témoignent qu’on peut surpasser ça. Ils sont aujourd’hui les ambassadeurs de Caritas.»

 

Cette admiration, Brigitte Koenig, présidente de Caritas, l’a aussi ressentie. Présente dans plus de 200 pays, Caritas est, dit-elle, la deuxième ONG humanitaire dans le monde après la Croix-Rouge. Son objectif ? Prendre par la main ceux qui sont dans le besoin. «Vous savez à quel point il est difficile d’évoluer dans un monde numérique quand on ne sait ni lire ni écrire. Ça cause frustration et tristesse.» L’objectif de Caritas est de donner à cette personne le soutien et les outils nécessaires lui permettant de se tenir debout et d’être fière. 

 

Fierté

 

Ce sentiment de fierté, Mégane Jameerbocus, 14 ans, l’a ressenti au moment de recevoir son certificat. Élève au «prévoc» du Collège Lorette de Mahébourg, c’est avec une grande joie qu’elle a terminé ses deux ans de formation. Avant, dit-elle, elle était incapable de lire et d’écrire comme les autres enfants de son âge. Elle en a souvent eu honte mais depuis les cours d’alphabétisation, elle se sent plus sûre d’elle, plus en confiance. «L’autre jour, on m’a demandé de venir lire un passage devant l’assemblée. Au début, j’avais peur. Je ne voulais pas et puis je me suis dit à moi-même que je devais dépasser ce sentiment et je me suis lancée. J’étais contente.» 

 

Tout comme Mégane, Avisha Alloo Appadu, 12 ans et également du «prévoc» du Collège Lorette de Mahébourg, peut aujourd’hui dire haut et fort qu’elle sait lire et écrire. «Avant, c’était très difficile pour moi mais maintenant ça va beaucoup mieux. Nous avons appris énormément de choses», confie-t-elle. 

 

Huguette Magon a, elle, fait partie d’un groupe de femmes de Vieux-Grand-Port. Ensemble, elles n’ont pas seulement partagé les moments de doutes et de tristesse mais aussi des rires, des moments de joie et d’espoir. Aujourd’hui, elle se dit plus que jamais fière de pouvoir écrire elle-même sa liste de courses, de pouvoir signer ses documents, de pouvoir se rendre à la banque sans appréhension et sans peur. «Je suis très heureuse. Outre les cours, nous avons appris tellement. Ça nous a fait grandir.» Aujourd’hui, elle se dit prête à vivre pleinement et sans barrières. 

 

Pouvoir transmettre le savoir afin de toucher encore plus de personnes dans le besoin, voilà aussi l’une des missions de Caritas. Cette fois, 12 personnes sont devenues formateurs à leur tour. Morianne Marie et Joeane Payandee pourront désormais mieux s’occuper des enfants de Baie-du-Tombeau. «C’est un bagage extraordinaire qui nous permettra de mieux être à leur service, de les aider et de les mettre en confiance.» Voilà, après tout, la mission première de Caritas.