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BEM Recycling : Une (éco)histoire de… frigo

Thierry Malabar accompagne la modernisation de l’entreprise familiale.

Connaissez-vous la vie cachée de vos appareils ? Qu’étaient-ils avant de débarquer chez vous ? Pour éclairer votre lanterne recyclée, un petit tour s’impose...

Il était une fois un frigo qui n'avait jamais vu le soleil. Et ça, ce n'était pas un problème. Au contraire. Il aimait bien être au frais dans un coin de sa cuisine, tout occupé qu'il était à fabriquer des glaçons, refroidir des boissons et veiller sur des légumes et fruits en tout genre. Ah ! Il en avait vu des laitues, des courgettes ou encore des pommes. Il en avait des histoires à raconter. Des rendez-vous inoubliables : des desserts rencontrés au détour d'une soirée animée, des plats cajolés pour être mieux (re)dégustés. D’ailleurs, Mister F n'avait pas vu le temps passer. Les années s'étaient envolées et un jour, tout doucement, il s'est éteint pour ne plus se rallumer. Sa famille était toute triste. Il est difficile de dire «au revoir» à un si bon compagnon. Néanmoins, grâce à un peu de magie, la vie du sympathique frigo n'allait pas s'arrêter là 

 

Comment ? Pour découvrir la suite de l'histoire, il faut retourner dans le réel, prendre la route de La Chaumière à Saint-Martin, bifurquer sur un petit chemin kas kase, jusqu'à tomber sur une entreprise pas tout à fait comme les autres, la BEM Recycling. Elle opère depuis bientôt 20 ans dans l'univers du recyclage et a décidé de voir plus grand et plus moderne. Dans la nouvelle usine, tout est centralisé et à la pointe de la technologie. Ici, on s’occupera bientôt de Mister F, en collaboration avec les autorités concernées. Ainsi que d'autres petits et grands électroménagers et appareils électroniques lors du lancement des opérations, qui aura lieu prochainement. Ici, on parlera aussi recherche et développement dans le cadre d'un travail avec la Faculté d'Ingénierie de l'Université de Maurice et de la Mauritius Research Council (MRC).

 

Cette entreprise s'intéresse à la mine urbaine, aux Déchets des Équipements électriques et électroniques (DEEE). Selon les experts, 70 % des matières premières se trouvent au-dessus de la terre et non au-dessous du sol. Inutile d'aller à la recherche de nouvelles ressources, il y en a plein qui attendent d'être réutilisées. 

 

Lisseur au micro-ondes ?

 

Comme tout ce que contient Mister Frigo : le plastique, le métal, le gaz, les réfrigérants et le foam, par exemple. Le but : que ces déchets ne finissent pas dans la poubelle ou dans les champs mais qu'ils soient valorisés pour être utilisés encore et encore (tout en s'assurant qu'on dispose des appareils dans le respect de l'environnement). La star de ce papier renaîtra-t-elle en lisseur ou en micro-ondes ? Mystère ! Mais pour comprendre ce qui va se passer pour notre ami le frigo dans les nouveaux locaux de BEM Recycling, suivons le guide du jour, Thierry Malabar. 

 

Ce jeune, détenteur d'un M2 en gestion de l'environnement et développement durable, est rentré au pays et a tout naturellement accompagné la modernisation de l'entreprise familiale. Dans leurs nouveaux locaux, au plafond haut et remplie de machines dernier cri, il va poursuivre l’histoire du frigo qui aimait l’ombre. Retrouvons Mister F qui poursuit, lui, son grand sommeil. Mais cette fois, il va passer à la lumière comme ses potes électroménagers qui attendent le rendez-vous du revival.

 

Dès que les machines opéreront, Mister F s'offrira d'abord une petite détox : «Il faut dépolluer l'appareil : enlever les gazes à effet de serre qui sont nuisibles à la couche d'ozone et récupérer l'huile. Ils sont stockés dans les récipients appropriés et pourront être utilisés à nouveau.» Plusieurs bonbonnes l’attendent. Il fera son choix d'après l'acte de naissance du réfrigérateur : «On ne peut stocker différents gaz ensemble. Mais tout est bien indiqué sur les appareils. Chaque machine a un code.» Après cette petite cure, notre ami au sang froid s’offrira un petit tour de manège (un peu violent quand même) pour le réveiller d'un coup. Un massage de l'extrême pour le revigorer : «Il passe par la déchiqueteuse où il sera broyé. Ensuite, tous les éléments qui le composent seront séparés par la machine.» Dans de grands sacs, il y a déjà des bouts de frigo décomposés en cette fin de matinée. Résultats de tests effectués avant le lancement des opérations. 

 

Du foam, du métal, du plastique… Un jour, Mister F livrera tous ses secrets. Et tout ce qu'il aura à offrir sera destiné aux entreprises locales et étrangères. Elles s'en serviront pour lui écrire une nouvelle histoire. Un nouveau «Il était une fois»… 

 

Et pour un ordi ? 

 

Le procédé n'est pas tout à fait le même qu'avec un frigo. L'ordinateur étant plus petit, il est plus complexe : «Il contient beaucoup plus de composants», confie Thierry Malabar. Alors, la première étape n'implique pas les machines et le désassemblage se fait manuellement : «Il y a de nombreuses vis à enlever.» Ensuite, le PC reprend la route «normale» pour une nouvelle vie.

 

Une question de cheminée

 

Il y en a une. Et ce n'est pas pour que le Père Noël ! La cheminée de l'entreprise a une fonction importante. Thierry Malabar nous en dit plus : «Nous contrôlons toutes les émissions nocives et l'air qui s'échappe de la cheminée sera purifiée par le charbon actif avant d'être expulsée. Donc, il n'y a aucun souci à se faire.»

 

Comment ça marche ?

 

Il s'agit d'un service payant : vous déposez l'électroménager de votre choix, par exemple, et vous payez BEM pour l'accompagner vers un nouveau monde de possibilités. Pour les responsables de l'entreprise, la traçabilité du produit est essentielle et tout est fait dans les règles. En plus de faire un geste pour l'environnement, vous offrez à vos appareils la possibilité d'entamer une nouvelle existence en passant par un recyclage propre : elle n'est pas belle la vie ?