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Ashna Soomungull : «L’univers syndical a changé ma vision de jeune sur la vie»

2008-2018… Le mercredi 27 juin, la Confédération des travailleurs du secteur privé avait réuni ses membres au Plaza pour fêter les dix ans du mouvement syndical. Ashna Soomungull, de l’aile jeune du syndicat, nous parle de son engagement…

Parlez-nous de vos activités au sein de la Confédération des travailleurs du secteur privé ?

 

Je m’occupe de l’aile jeune de la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP) depuis un an. Je tiens à remercier mes parents qui m’ont soutenue dans mon choix de travailler dans ce domaine. L’univers syndical, ce n’est pas comme tous les métiers, avec des horaires fixes. Nous travaillons souvent au-delà des heures de travail. À n’importe quelle heure, nous devons quitter notre maison pour aller sur les lieux d’une grève de la faim, par exemple. Mais mon père et ma mère me soutiennent. Tous les parents ne sont pas d’accord de voir leurs enfants crier ou prendre la parole dans des rassemblements. Moi, je le fais et je connais maintenant l’importance d’être le porte-parole de ceux qui sont en difficulté.

 

Comment vous êtes-vous retrouvé dans le monde syndical ?

 

Je suis étudiante en BSc Law & Management à l’Université de Maurice et j’ai 21 ans. J’avais besoin d’un emploi et c’est alors que j’ai intégré le mouvement pour travailler dans l’administration. À ce moment-là, je ne savais pas ce qu’était un syndicat, pourquoi ça existait et comment ça fonctionnait. Il a fallu que j’intègre l’équipe pour que je découvre la réalité des travailleurs de l’île et combien ils souffrent. C’est alors que j’ai appris ce qu’est un syndicat, son rôle et à quel point c’est important.

 

Justement, c’est quoi pour vous un syndicat ?

 

C’est un groupe de personnes qui est là pour aider des travailleurs qui, lorsqu’ils sont en difficulté, ne savent pas à quelle porte frapper. Un syndicat est là pour écouter, conseiller et se battre afin de réparer les injustices et d’apporter des solutions pour que les droits d’un travailleur lésé soient respectés.

 

Qu’est-ce qui a changé en vous depuis que vous avez intégré cet univers ?

 

Bien que je sois une jeune femme de 21 ans et une étudiante, je peux dire qu’auparavant, je n’avais pas le sens des responsabilités et je ne connaissais pas la réalité du monde du travail. Je ne me sentais pas concernée par cela. Peut-être parce que je n’y étais pas confrontée. Mais à présent, je vois la vie avec des yeux différents et je mesure l’importance que cela représente d’avoir un bon boulot, de travailler dans de bonnes conditions. Cela contribue au bien-être et à l’épanouissement d’une personne.

 

J’ai aussi réalisé que, le plus important, c’est que les droits de tout le monde soient respectés. Quand une personne vient aujourd’hui chercher de l’aide auprès de nous, je sais ce qu’elle recherche et ce qu’elle ressent, et le fait de combattre pour améliorer ses conditions de travail me motive. J’ai aujourd’hui une connaissance des lois du travail alors qu’auparavant, je ne savais même pas si cela existait et quelle était son importance. L’univers syndical a changé ma vision de jeune sur la vie.

 

Qu’est-ce que cette étape des dix ans de la CTSP représente pour vous ?

 

Je me sens extrêmement honoré d’assister à ce moment très important dans la vie de notre syndicat. Dix ans, c’est un long chemin. C’est plusieurs batailles. Des récompenses, des victoires. Dix ans, c’est déjà un beau parcours avec des défis qui ont été relevés. C’est des gens qui sourient à la vie, des mères et des pères de famille qui ont retrouvé le sourire. C’est des changements. Bref, pour moi, les dix ans de la CTSP, c’est surtout un combat qui continue… Je suis heureuse d’être partie prenante de cet événement très important.

 

Vos mentors, Jane Ragoo et Reaz Chuttoo, y sont pour beaucoup dans ce parcours…

 

Il n’y a pas à en débattre. Bravo et hats off to them ! C’est grâce à eux que je suis là aujourd’hui. Ils sont de vrais modèles et savent être à l’écoute. Ils savent motiver, partager et transmettre la flamme syndicale qui brûle en eux. Ce sont des personnes qui ont des motivations, des idéologies et qui se battent pour une cause : les droits et le bien-être des travailleurs mauriciens. Ils savent expliquer, enseigner et sont vraiment des personnes formidables.

 

Comment fonctionne l’aile jeune de la CTSP ?

 

Le groupe est composé de jeunes délégués de plusieurs secteurs et on a tous moins de 35 ans. On se voit régulièrement pour organiser des activités. On va ainsi à la rencontre des jeunes qui travaillent dans différents secteurs pour leur expliquer le pourquoi et l’importance de rejoindre un mouvement syndical mais aussi la nécessité de faire entendre leur voix quand il y a des injustices. On organise deux workshops par an pour informer sur les droits du travail ou encore sur la sécurité sur les lieux de travail.

 

Et dans quelle bataille avez-vous été impliquée cette année ?

 

Les jeunes étaient très impliqués auprès des femmes cleaners qui réclamaient un salaire décent et qui ont même été jusqu’à avoir recours à une grève de la faim. Aujourd’hui, elles sont dans leurs droits et bénéficient du salaire minimum. Nous travaillons aussi à éduquer les jeunes sur les procédures lors d’un comité disciplinaire, par exemple, et sur l’importance de se tourner vers un syndicat lorsque se pose ce cas de figure. On travaille aussi sur l’éducation de nos membres.

 

Pourquoi les jeunes devraient-ils s’intéresser aux mouvements syndicaux ?

 

J’encourage tous les jeunes à nous rejoindre dans notre lutte. Il s’agit non seulement de se battre pour une cause noble mais aussi d’une grande école de la vie où on apprend beaucoup sur la vie justement, sur le monde qui nous entoure, sur nous-mêmes et sur la connaissance générale. On sort définitivement grandis quand on évolue dans cet univers. Hélas, il nous manque des jeunes, il nous manque des voix pour venir faire écho à nos revendications. Beaucoup réalisent l’importance d’un syndicat uniquement quand ils ont des problèmes.

 


 

Le temps d’un anniversaire très spécial

 

Il y avait le traditionnel gâteau. De la déco, de la musique, des cadeaux, des applaudissements, des sourires et de l’émotion. C’est dans la salle des fêtes du Plaza, le mercredi 27 juin, que les membres de la Confédération des travailleurs du secteur privé ont célébré les dix ans du mouvement syndical. En retraçant les étapes de leurs différentes batailles – «la grev la fin-madam Rs 1 500, kanpagn intansif pou ki aret servi lamiant dan Moris, portable severance allowance fund, lagrev travayer transport…» –, Jane Ragoo et Reaz Chuttoo ont remonté les souvenirs, tout en mettant l’accent sur le futur. Reaz Chuttoo souligne : «Ces dix ans, c’est un long chemin de combat et de travail. C’est une nouvelle page de l’histoire de la CTSP qui se tourne et notre histoire va continuer à s’écrire.» Et Jane Ragoo confie : «Nous restons concentrés sur nos prochains objectifs.»