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1er-Mai : luttes citoyennes et show politique

Le MSM-ML lors du meeting de mai 2017.

Pas de guerre des foules. Pas de meetings à tout-va. Seule la coalition gouvernementale s’offre un bain de foule. Mais les mouvements citoyens sont bien présents…

MSM-ML : comme une envie de se rassurer

 

Mission séduction pour l’alliance gouvernementale. Congrès et sorties publiques, cette semaine ; yeux doux et sourires enchanteurs. Le tout pour un meeting du 1er-Mai. Le MSM-ML est la seule formation politique à organiser ce rendez-vous politique. Il aura lieu, mardi, à l’emblématique bazar de Vacoas à partir de 9h30. Le thème de cette demi-journée de discours : Ansam, nou fer nou pei avanse. Pour Zouber Joomaye, membre du MSM, c’est une démonstration de force du gouvernement car il «domine la scène politique». Une observation face à l’absence des autres partis pour cette journée consacrée, depuis plusieurs années, à la guerre des foules. Et une pique pour les renvoyer à leurs problèmes internes et leur manque de popularité.

 

Cette semaine, Pravind Jugnauth a fait un appel à ses partisans afin qu’ils se mobilisent, alors qu’il participait à une réunion dans sa circonscription (Moka/Quartier-Militaire, nº 8). Il a déclaré qu’«il faut que les autobus soient remplis ! Nous sommes la seule alliance qui organise un meeting». Néanmoins, la mobilisation ne serait pas si aisée que ça sur le terrain : «Le mood n’est pas trop bon. À Rose-Hill, en tout cas, les gens sont bien wild. C’est un peu compliqué», confie une activiste du ML, qui prévoit un mouvement de colère des habitants de la ville. Les raisons de la grogne : les problèmes de fourniture d’eau et les contraintes liées aux travaux du Metro Express. Sans réel enjeu politique (évident, du moins), motiver les gens n’est pas aisé, confie un partisan du MMM qui tente de faire bouger les habitants du Nord. Pourtant, il est d’avis que le response est bon : «Les gens sont derrière Pravind Jugnauth, il n’y a pas de doute là-dessus. Il faut juste les motiver pour qu’ils bougent pour Vacoas.» Et pour ça, les politiciens ont leurs stratégies…

 

MMM : rien qu’une assemblée…

 

… ou quelque chose y ressemblant. Car cette assemblée des délégués brassera plus large afin de satisfaire les militants qui veulent être présents, a confié Paul Bérenger, en conférence de presse, il y a quelques jours. Ce rassemblement du 1er-mai aura lieu à la salle des fêtes de Rose-Hill. Sera-t-il tendu ? C’est ce que prévoient certains membres du comité central du MMM. Après l’expulsion de Pradeep Jeeha, les tensions internes ne se seraient pas apaisées, bien au contraire : «J’espère que des gens prendront la parole et diront le fond de leur pensée», confie un membre du parti, qui s’attriste du fait qu’un parti comme le MMM n’ose pas organiser un meeting à une année des législatives.

 

PTr : en attendant le 4 mai

 

Navin Ramgoolam le dit, grand seigneur : il n’y a pas de meeting du 1er-Mai pour les Rouges… afin de laisser le champ libre aux travailleurs. Qu’importe si les détracteurs du PTr avancent d’autres raisons ! Cependant, une série de congrès devrait être organisée à travers l’île. Notamment un à Moka/Quartier-Militaire, prévu pour le 4 mai. Un rassemblement qui crée une mini-polémique : Pravind Jugnauth procéderait à une inauguration d’une foire le même jour. Mais Navin Ramgoolam a décidé de ne pas reculer : le congrès du PTr aura bien lieu.

 

L’objectif du PMSD : montrer sa force

 

Pas de meeting mais un… congrès annuel. Et une grosse envie : celle de montrer sa force. C’est ce qu’a prévu le PMSD pour sa journée du 1er-Mai. Le rendez-vous est donné à partir de 10 heures à l’auditorium Otave Wiéhé. Le parti, mené par Xavier-Luc Duval, est déjà dans une logique pré-électorale (même si le leader assure qu’il n’est pas dans «une logique d’alliance»).

 

Mais, le leader des Joes explique que ce 1er-Mai est un tournant important : «Ce sera le dernier avant les prochaines législatives.» Comme une donnée a été assimilée – lors des prochaines législatives, le parti prendra un partenaire –, le reste suit : «À la table des négociations, on va nous demander combien nous valons. Nous devons pouvoir montrer notre force», confie Mamade Khodabaccus. Pour mobiliser, on promet collation et program lamer : «On le fait sans hypocrisie. Ça a toujours été la façon de faire de tous les partis», confie un activiste qui… s’active actuellement sur le terrain.

 

À Pomponette : au nom d’une lutte citoyenne

 

Le mouvement est citoyen. L’enjeu, essentiel. Ce 1er-Mai, Aret Kokin Nu Laplaz (AKNL) organise un grand rassemblement sur la plage de Pomponette, symbole de résistance. Rezistans ek Alternativ et certains représentants de syndicats y seront aussi. À partir de 11 heures, le temps sera au partage, à la prise de conscience et à la reconnexion avec la nature. Un message important pour un 1er-Mai, fête des Travailleurs : «C’est la protection de notre littoral mais aussi la préservation d’une qualité de vie et ça passe par celui de nos loisirs. Et le premier loisir du Mauricien, c’est quoi ? La plage. Qu’il ait des sous ou pas, il peut y emmener sa famille. Le 1er-Mai, il est question des droits des travailleurs et profiter des belles choses de leur pays en est un. Il s’agit d’une lutte citoyenne», confie Carina Gounden, porte-parole du collectif qui se bat contre ce qu’il qualifie d’accaparement des plages.

 

Au programme de cette journée militante à la plage : «Différents foyers de lutte.» Les combats écologiques, les mouvements contre l’aquaculture, entre autres : «Un mot qui résume tout cela, c’est «héritage». Carina Gounden espère que les autorités recevront le message fort que cette mobilisation leur enverra : «À toutes nos questions : zéro response, zéro retour. On ne sait pas où on en est avec la plage de Pomponette.»

 

Collectif 1er mai : lois et conditions de travail à cœur

 

La journée commencera tôt. À 9h30 pour une marche de Nalla Street à la Place Taxi de Beau-Bassin. L’incontournable lieu de rendez-vous des syndicalistes réunis au sein du Collectif 1er mai. Ce 1er-Mai s’animera de discours de représentants de plusieurs plateformes syndicales et se poursuivra, ensuite, par une fête culturelle jusqu’à 13h30. La thématique centrale : les conditions de travail des Mauriciens qui empirent et les lois du travail. Depuis quelques jours, les membres du collectif s’insurgent contre le retard des amendements à ces lois : «C’est une loi qui ne protège pas les travailleurs. Et c’est Ivan Collendavelloo qui bloque les amendements. Il ne peut pas tenir un gouvernement en otage. Je ne crois pas qu’il ait ce pouvoir-là.» Une grosse mobilisation serait une façon de le lui rappeler. C’est pour cela que Jack Bizlall et les représentants d’autres syndicats invitent les travailleurs à venir en grand nombre pour cet événement des travailleurs !

 

Pour un 80e anniversaire

 

Le 1er mai 2018 a une saveur particulière. Ça fait 80 ans qu’il est commémoré dans l’île. Signe d’avancement pour les travailleurs. Mais aussi de lutte ouvrière. C’est d’ailleurs un mouvement politique ouvrier qui l’a permis. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter une vidéo de Rezistans ek Alternativ. À visionner ici : https://bit.ly/2HRr2rx.